Maxime Durocher, escorte pour femmes

On dit que Montréal est une plaque tournante du tourisme sexuel, et ce «straight male companion» est la preuve que cette réputation n’attire pas que des hommes.

En quoi consiste ton métier?
J’aime me voir comme quelqu’un qui aide les femmes. Je ne me dirais pas psychothérapeute, mais je sais que j’ai une bonne écoute, que je suis capable d’être là pour elles quand elles vivent des moments difficiles.

Non mais, concrètement, qu’est-ce que les femmes cherchent en requérant tes services?
Elles veulent faire toutes sortes d’activités, par exemple, aller dans un restaurant cher en bonne compagnie, aller au musée, se promener sur la plage (ça je l’ai fait souvent), aller au cinéma. Il y a aussi bien sûr les faveurs sexuelles. Faut pas se le cacher, ça fait partie de l’expérience au complet. Je n’ai jamais eu de rencontre où il n’y a pas eu de relations sexuelles.

C’est donc différent de l’approche masculine?
Contrairement aux hommes, une rencontre d’une heure seulement pour une relation sexuelle, ça ne fonctionne pas avec les femmes. C’est minimum une demi-journée. Une femme va faire ses recherches sur les escortes, prendre son temps à échanger des courriels, planifier d’avance une date, et ensuite il y a ces mois d’anticipation durant lesquels on continue à se séduire, et après il y a la rencontre.

Comment fais-tu pour que la mécanique fonctionne à tout coup?
L’érection masculine, c’est pas juste physique. C’est très mental, et j’arrive à voir la beauté dans chaque femme même si la connexion physique n’est pas tout à fait là. Par contre, je gère les attentes en avertissant mes clientes que mon plaisir n’est pas inclus. Ça ne veut pas dire que je n’aurai pas d’orgasme, mais ce n’est pas garanti que j’en aurai.

Qui sont tes clientes?
Mes clientes sont internationales. Certaines me font venir chez elles, certaines profitent d’un passage à Montréal pour me voir, d’autres me donnent rendez-vous dans un lieu commun. Comme là, je m’en vais passer quatre jours à Palm Springs. Leur âge varie de 20 ans à 60 ans, et leur statut de l’étudiante à l’exécutive.

Quelles compétences sont requises pour faire ce métier?

Être capable de voir la beauté dans une femme, aimer les femmes, être capable de discuter, d’écouter, être curieux, s’intéresser à elles et savoir éviter les questions épineuses, être attentif à leurs besoins et aimer partager ce qu’elles aiment partager. C’est quand j’ai réalisé que les hommes n’avaient pas tous ce talent que j’ai compris que j’étais fait pour ça.

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