Maudite boisson

Hey, pis, votre défi 28 jours sans alcool, ça se passe bien? Avez-vous succombé et bu une p’tite goutte de bière dans un 5 à 7 poche pour chasser l’ennui avec Kevin Parent?

Non? Wow. Bravo. Pour vrai. C’est cool ce que vous faites.

Moi, ça fait un boutte que j’ai moins envie de boire qu’avant, que je suis plus relax. Je dis non à des sorties et je peux même affirmer que la FOMO,  fear of missing out, ne me fait pu rien pentoute. Ça date peut-être de quand mes lendemains de veille ont commencé à durer plus que 24h. Au début, j’ai regretté le bon vieux temps et j’ai blâmé la vieillesse, mais entre vous et moi, je suis contente que mon corps m’ait parlé. Et surtout, je suis contente de commencer à l’écouter de plus en plus. Ce sont mes profs de FPS qui seraient contents.

Sauf que, ma nouvelle sagesse est parfois vacillante. La semaine passé je me suis soulée au Jack, pis hier j’ai bu du cidre. C’est chill: au moins, j’avais jamais promis de faire le défi 28 jours. Je sais comment ça peut être difficile de ne pas boire. On a en masse parlé de la banalisation de la consommation de l’alcool. De la présence de l’alcool dans presque toutes les situations sociales possibles. Comme dirait Jean Lapointe OU ENCORE la mère d’Adam Sandler dans Le Porteur d’eau: l’alcool, c’est le démon!

Hier, après avoir fini ma petite bouteille de cidre, j’ai eu comme une boule dans l’estomac. Mon corps me disait que ce soir, ça lui tentait pas. Il n’y a pas si longtemps, je l’aurais sans doute forcé: «Hey bodé, c’est correct, ça va se replacer, prends donc une petite bière pour voir!» Mais hier, j’ai décidé de ne pas insister. Bon, faut dire que la perspective de retourner chez moi et finir la saison deux de House of Cards pesait aussi dans la balance. Finalement, je me suis forcée à être sociable, anniversaire d’amie oblige. J’ai donc quitté ma destination numéro un pour me rendre à ma destination numéro deux, un bar.

Retour sur ma soirée.

12h15: Je trouve la fêtée. Quelqu’un propose un tchin. J’ai pas de verre. Tout le monde me dit HEIN TU BOIS PAS. Un jeune dude me dit HEY ÇA PORTE MAL CHANCE TRINQUER SANS VERRE, PREND LE MIEN. Ben coudonc. Je trinque avec une pinte de rousse qui n’est point la mienne, je trempe mes lèvres dedans sous l’oeil du généreux fétard (ça tombe mal chose, je suis hyper dédaigneuse).

12h24: Je trouve d’autres amis au bars. SHOOOOTERS, beuglent les assoiffés. J’essaye de penser vite: elles font quoi les barmaid quand elles veulent pas boire? Elles crachent à terre? Je fais-tu ça? C’est-tu subtil de faire ça? J’ai pas vraiment le temps de penser, alors je cogne mon shot contre les autres et je souris béatement en émettant un genre de son qui se veut joyeux. Pendant que tout le monde grimace, je pose le shooter sur le comptoir. Quand ils ont repris leurs esprits, quelqu’un s’exclame: HEIIIIN, IL EN RESTE UN. Mission accomplie pour moi: non seulement j’ai réussi à ne pas boire, mais j’ai aussi rendu quelqu’un heureux (et un peu plus saoul).

12h43: All the singles ladies, all the singles ladies.

12h45: Bang, quelqu’un échape son verre. Beyoncé aurait tellement jamais échappé son verre. Est-ce que Beyoncé boit? Ou est-ce qu’elle est juste drunk in love? Je suis tellement à jeun guys, je pense trop.

12h47: C’est drôle comment je remarque à quel point les conversations sont plates. On me demande où est mon verre, pour la 10e fois. Dire «je m’en allais au bar» commence à devenir mon running gag.

12h50: Dans le fond, je pourrais juste dire que je ne veux pas boire ce soir. La vérité c’est beau. Y’a pas de honte à ne pas boire. Ok, c’est cool, je vais dire la vérité.

12h52: Je mets mon plan à exécution, ce qui attire ce genre de questions: Tu travailles tôt demain? Tu prends des antibiotiques? Tu es enceinte? Tu fais le défi 28 jours? Tu as trop écouté House of Cards et tu as peur de finir comme Peter Russo?

1h01: Ouin. Ne pas boire, c’est fatigant. Je veux aller chez moi. C’est pas parce que je suis à jeun que je vais prendre mon temps pour dire bye à tout le monde, oh non: je prends mon manteau et je me faufile dehors en me disant «Demain, ils vont avoir oublié ça!» Bon, par contre, le lendemain, moi je m’en rappelle et je me sens cheap d’avoir filé en douce.

Conclusion de l’expérience: encore une fois, je constate que ne pas boire dans des situations sociales, c’est spécial. Inhabituel. Propice à la suspicion de tous ceux qui sont bff avec la bouteille (ou du moins, best friends le temps d’une soirée). Surtout, ne pas boire, c’est pas si facile que ça. J’essaye de m’encourager en pensant à toutes les grandes choses que je vais pouvoir accomplir avec mon énergie de fille-qui-n’a-pas-bu-la-veille. Sauf que quand je check mes événements Facebook, la liste des partys de fête à venir est interminable. Si je veux continuer sur ma lancée semi-sobre, je devrai m’armer de courage, de p’tites cannettes de Ginger Ale, et de sujets de conversations palpitants mais pas trop durs à suivre pour ceux qui auront les facultés affaiblies. En passant, ceux qui font le Défi 28 jours, il vous reste 3 jours. Ou plus, si vous décidez de m’accompagner dans la modération. On partagera le Perrier.

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