Mariana Mazza en trois jobs d’été

« La vie, ça fait chier, pis une job d’été ça t’apprend à rester solide même quand tu te fais chier. »

Un jour, Mariana en a eu assez d’expliquer à sa mère quelle marque et quelle grosseur de tampons elle voulait. Elle s’est décidée : trouver un travail d’été pour pouvoir s’acheter ses propres produits d’hygiène féminine!

L’humoriste réalise aujourd’hui que ses emplois d’été lui ont apporté bien plus qu’un pouvoir d’achat discrétionnaire.

Toutefois, l’humoriste réalise aujourd’hui que ses emplois d’été lui ont apporté bien plus qu’un pouvoir d’achat discrétionnaire. « Ma première job d’été dans une maison d’uniforme m’a fait comprendre qui j’étais. dit-elle. Ma deuxième job en colonie de vacances était plus sociale et m’a conscientisée sur ce qui se passe autour de moi. Ma troisième job comme amuseuse de rue à Juste pour rire m’a fait découvrir mon métier d’aujourd’hui : humoriste. »

Première job, premier flirt

Comme premier emploi d’été, Mariana prépare les commandes d’uniformes pour les élèves en vue de la rentrée. C’est donc entourée de jupes carreautées et de pantalons de polyester que Mariana a brisé un cœur pour la première fois. Elle se rappelle, mi-amusée, mi-gênée : « Un gars avec qui je travaillais était un peu en amour avec moi, il voulait me le montrer, mais je savais pas comment ça marchait ces affaires-là! »

Durant une pause, le garçon donne ses clefs à Mariana en lui disant d’aller chercher un ballon de soccer dans son auto. En ouvrant la portière, Mariana réalise qu’il s’agit d’un subterfuge : il y avait une rose sur le siège. « J’ai fait semblant de pas la voir. Ah j’ai vraiment pas été cool! Ça m’a brisé le coeur pour lui! »

« J’aimais ça me faire cruiser, mais je voulais pas que ça aille plus loin. »

C’est cet été-là que Mariana découvre le pouvoir de son charme. « Moi, je lui donnais de l’espoir. J’aimais ça me faire cruiser, mais je voulais pas que ça aille plus loin. Encore aujourd’hui, j’suis de même : j’adore flirter, mais dès que ça va plus loin, je pars en courant. »

En colonie d’vacances, La Si La Sol…

Comme deuxième emploi d’été, Mariana est monitrice dans une colonie de vacances en France. Rapidement, on lui confie les enfants qui ont de gros problèmes de comportement, à cause de son caractère et de sa forte personnalité, croit-elle.

« J’ai détesté ce travail au niveau travail, mais j’ai adoré ce travail au niveau humain ».

Chanter des chansons et faire la discipline, elle haït ça. Par contre, Mariana apprécie particulièrement discuter avec les jeunes et surtout, les écouter. « J’ai détesté ce travail au niveau travail, mais j’ai adoré ce travail au niveau humain ».

Elle se rend compte du leadership positif dont elle fait preuve avec les jeunes. À l’époque ce n’était pas clair pour elle, mais aujourd’hui Mariana est certaine que cet emploi de monitrice lui a fait prendre conscience de l’impact véritable qu’elle a sur les gens.

« C’est une job d’été pour faire de l’argent, mais tu reviens avec un bagage social et humain qui est beaucoup plus gros que la paye que t’as faite. C’est là que j’me suis dit qu’il faut que je fasse un travail avec les humains. »

Job d’été, job de vie

À l’été 2011, Mariana voit le poste d’animatrice de rue à Juste pour rire en regardant les offres d’emplois sur internet. Loin d’être un choix stratégique pour sa carrière, elle s’est simplement dit « pourquoi pas! ».

« Les gars venaient pour montrer à quel point ils sont forts, pis moi je les insultais. »

On lui confie un personnage de femme forte dans un kiosque où les passants sont invités à venir démontrer leur force musculaire. Tout l’été, elle prend plaisir à taquiner les festivaliers et à les envoyer promener. « Les gars venaient pour montrer à quel point ils sont forts, pis moi je les insultais,  raconte-t-elle. C’est certain que ça attirait les foules ».

Elle comprend à ce moment qu’attirer le public, c’est un talent qu’elle possède qui n’est pas donné à tous. « J’ai appris à assumer que je vais attirer les gens. C’est cet été-là que j’ai décidé que j’allais être humoriste : j’trouvais ça le fun d’avoir cette attention-là. »

C’est d’ailleurs au festival qu’elle côtoie des humoristes pour la première fois. Plusieurs lui disent qu’elle a tout ce qu’il faut pour faire de la scène. Mariana se laisse donc convaincre et fait un numéro de stand-up pour la première fois au Couscous Comedy Show. « J’ai fait une soirée, pis depuis cette journée-là j’ai jamais arrêté. Cet été, ça va faire huit ans que je fais ça. »

Mariana Mazza est persuadée que c’est en grande partie grâce à ce travail estival à Juste pour rire qu’elle est devenue humoriste. « J’ai eu première chance comme humoriste cet été-là pis ça a changé ma vie! »

Est-ce qu’aujourd’hui, Mariana s’ennuie d’avoir un travail d’été? « Pantoute! » Elle précise tout de même, avec son franc-parler habituel : « Une job d’été, c’est important pour comprendre que c’est pas parce qu’il fait beau qu’il faut que tu profites du beau temps. La vie, ça fait chier, pis une job d’été ça t’apprend à rester solide même quand tu te fais chier. »

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