Monsieur Beachclub aka Olivier Primeau nous jase de sa relation avec la météo

Quand Dame Nature est ta collègue

Rencontre avec une personne pour qui la météo, ce n’est pas juste une façon de casser la glace dans une soirée mondaine. C’est son quotidien.

Olivier Primeau, c’est Monsieur Été. Propriétaire du Beachclub de Pointe-Calumet — décrit comme le plus gros club extérieur en Amérique du Nord —, il fait du soleil et du sable dans le maillot son pain pis son beurre.

L’été dernier, il a pris Facebook d’assaut pour tirer à boulets rouges sur les météorologues, à qui il reproche d’être trop négatifs, en plus d’être une gang de pas fiables.

Discussion avec un détracteur du thermomètre.

À quel point c’est crucial pour votre business, qu’il fasse beau?

On est dépendant de la météo à 100%. Qu’on ait les plus gros artistes au monde ou pas, la réussite d’une journée dépend de la météo. Les gens, quand ils voient qu’il va pleuvoir, ils se disent: «Bah, on ira la semaine prochaine, il y a un aussi gros artiste». C’est vraiment, vraiment important pour nous.

Et qu’est-ce que tu as, toi, contre la météo?

J’ai absolument rien contre la météo. C’est juste qu’au Québec, on aime tellement ça la regarder et se faire croire qu’il va neiger 50 centimètres ou qu’il va pleuvoir pendant deux jours. Les gens prévoient leurs sorties en fonction de la météo, et comme c’est l’une des sciences les moins exactes sur la planète, ça m’étonne encore de voir du monde se fier à ça à 100%.

Les gens viennent moins quand les prévisions sont mauvaises même si, en fin de compte, il fait beau?

Je vais te donner un exemple: l’année passée, quand David Guetta est venu au Beachclub, ils annonçaient de la pluie depuis deux semaines. Tsé, les prévisions à long terme, l’affaire la moins fiable au monde… Quatre-vingt-dix pour cent de risques de pluie, pis pas de la petite, là : 20 millimètres.

«Avoir su qu’il mouillerait pas, je serais venu».

Le jeudi, ils annonçaient 100% de risques de pluie pour le samedi. Comme de fait, le vendredi à 17h, 0% de risque de pluie pour le lendemain, et 30 degrés. J’ai perdu, je te dirais, 35% en termes de billets vendus, parce que le monde s’était prévu quelque chose d’autre. J’ai eu des milliers de messages de personnes qui me disaient: «Avoir su qu’il mouillerait pas, je serais venu».

As-tu réussi à convaincre les gens de moins se fier aux prévisions des météorologues?

On dirait, depuis un an et demi, qu’il y a une trâlée de monde sur les réseaux sociaux qui rit [des météorologues] et qui voit que c’est zéro fiable. À la fin de l’année passée, au Beachclub, les gens venaient quand même et me disaient qu’avant, ils ne seraient pas venus. On me disait: «L’an passé, je ne serais pas venu — mais tu nous as tellement vendu le fait que 90 % du temps, ils se trompent, qu’on s’est essayé… pis on s’est pas trompé.»

Es-tu un gars qui a toujours regardé la météo?

Non: avant, quand je travaillais dans nos épiceries familiales, je regardais jamais la météo. Ça m’a toujours fait chier d’annuler des activités à cause de la température.

Maintenant, je dors pas de l’été, parce que je fais juste regarder ça.

Pour lire la suite du magazine: «Discussion autour d’un éternel sujet météo : Le chaud et le frette».

Je suis rédactrice en chef de Balle Courbe. J'aime le fromage. Je suis obsédée par l'expression "se serrer la pince". Je trouve que le water-polo n'a pas le klout qu'il mérite.

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