Loïc est Facebookolique

Urbania a lancé un appel pour trouver du plus montréalais le plus accro à Facebook sur le réseau social, et il a mordu à l’invitation. Lorsqu’on l’a rencontré dans un café après la séance photo d’une heure, il avait déjà l’ordinateur portable grand ouvert, à côté de sa bière.

Tu es sur Facebook, là?

Oui. J’écrivais que j’allais passer une entrevue avec une journaliste. J’ai déjà des commentaires. Regarde. (La preuve : 12 commentaires et deux «J’aime»)

Tu reconnais que tu es accro à Facebook?
J’ai toujours été excessif dans tout ce que je fais et Facebook en est une manifestation évidente. Ça n’a aucun bon sens, mais je trouve ça très drôle.  Drôle? Oui. Par exemple, avec mes chums geek, quand on descend à Québec faire du ski, on dort chez un ami dans sa maison de trois étages. C’est drôle car le matin, avant même que ça bouge dans la maison, je prends mon Macbook pour aller sur Facebook et tout le monde est déjà en ligne. On est dans la même maison et on se parle pas, on fait juste se dire: «Qui veut des toast?» sans bouger de notre lit.

Le plus long moment passé sans Facebook?
Une panne de courant pendant deux jours.

Ça t’a fait quoi, le sevrage? 
Ben d’abord de l’angoisse, des sueurs froides, un état de manque, comme quand on arrête de fumer. C’était pire qu’être privé de télé.

Tu ne prends jamais de vacances?
Je suis déjà parti sept jours en Gaspésie. Avec mon ordinateur. Quand, j’ai vu qu’il y avait du Wi-Fi, ça été fini, c’est comme si j’étais pas parti de chez nous.

À quoi te sert Facebook?
À discuter, et mes statuts servent à susciter des réactions, je publie des liens vers des articles. Je chatte sur Facebook, aussi. Énormément.

Considères-tu que ta dépendance est un problème?
Si j’ai un problème, ceux qui me suivent et qui commentent le fait que j’en ai un en ont un eux aussi.

Joindrais-tu d’autres webaddicts comme toi dans une cure?
Es-tu malade? J’aime trop ça! Mais si c’est gratuit et que l’endroit où ça se passe est Wi-Fi, j’dis pas non.

Quelles sont les conséquences de ta consommation de Facebook sur ta vie personnelle?
Justement, ma vie personnelle se porte très bien. Je n’oublie plus les anniversaires de mes amis, je peux les regrouper super facilement pour des sorties. Toute ma vie est sur Facebook.

Tes parents en pensent quoi?
Ils trouvent que ça n’a pas d’ostie de bon sens, quand je passe la fin de semaine chez eux, je suis tout le temps sur Internet.  J’apporte du boulot à la maison, je travaille deux heures, mais l’ordi reste ouvert six heures. Quand je cuisine chez eux, y a mon portable sur le comptoir. Pis qu’est-ce qu’il y a derrière la recette? Facebook.

Ce texte est issu du #26 spécial médias sociaux | Printemps 2010

*Craignant d’être reconnu par son boss, Loïc a préféré garder l’anonymat.

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