Loi anti-avortement : Chapeau aux géants du divertissement qui menacent de quitter la Géorgie

Disney, Netflix et Warners Bros prennent position dans le débat qui enflamme les États-Unis.

Il y a moins d’un mois, 25 sénateurs (tous des hommes blancs d’une soixantaine d’années) de l’État américain de l’Alabama ont voté en faveur d’un projet de loi extrêmement restrictif sur le droit à l’avortement. Cette législation stipule que les femmes y habitant n’ont plus le droit de se faire avorter — même en cas de viol ou d’inceste — à moins que leur vie ne soit en danger ou que le fœtus présente une anomalie qui met sa vie en péril.

On vous avait expliqué les rudiments de ce projet de loi en quatre points après qu’il ait été approuvé par le sénat de l’Alabama. Ma collègue Rose-Aimée avait aussi recueilli les témoignages de nombreuses femmes ayant eu recours à l’avortement dans leur vie; des femmes qui ont pris cette importante décision pour une multitude de raisons. Je vous recommande fortement d’en faire la lecture si ce n’est déjà fait.

La Géorgie restreint aussi les droits des femmes

Comme d’autres États américains, la Géorgie a récemment adopté un projet de loi qui a pour but de limiter le droit à l’avortement; celle-ci stipule qu’il est maintenant illégal de mettre fin à la vie d’un fœtus dont le cœur bat, ce qui correspond à six semaines de grossesse.

La Géorgie a récemment adopté un projet de loi qui a pour but de limiter le droit à l’avortement; celle-ci stipule qu’il est maintenant illégal de mettre fin à la vie d’un fœtus dont le cœur bat, ce qui correspond à six semaines de grossesse.

Cette nouvelle mesure est particulièrement drastique parce qu’à ce stade de la grossesse, il arrive fréquemment que les femmes ne soient même pas au courant qu’elles sont enceintes. À moins de faire des tests de grossesse tous les mois par prévention — ce qui, on va se le dire, est très irréaliste —, un nombre important de femmes n’auront d’autres choix que de mettre leur grossesse à terme, même si elle n’est pas désirée. Horrible.

Des géants du divertissement font connaître leur point de vue

Depuis que ce projet de loi a été adopté — la loi devrait entrer en vigueur en 2020, à moins d’un arrêt de la cour —, les dirigeants de quelques grandes entreprises se sont prononcés sur la question. En effet, les CEO de Disney, Netflix et tout récemment Warner Bros ont mentionné publiquement qu’ils n’hésiteraient pas à trouver d’autres lieux de tournage si l’État allait de l’avant.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la Géorgie est un endroit de tournage très populaire auprès des boites de production en raison de ses politiques fiscales, entrées en vigueur en 2008, qui sont très avantageuses pour les entreprises qui y font de la business.

La Géorgie est un endroit de tournage très populaire auprès des boites de production en raison de ses politiques fiscales, entrées en vigueur en 2008, qui sont très avantageuses pour les entreprises qui y font de la business.

Cette semaine, les trois géants en production ont joint leurs voix pour dénoncer cette loi brimant les droits des femmes. Or, ces menaces ont de quoi faire réfléchir le gouvernement de la Géorgie puisque ces grandes entreprises rapportent plusieurs millions de dollars à l’État en taxes sur les productions qui y sont tournées (Stranger Things, Black Panther, quelques films de la série Avengers et plusieurs autres). Si vous vous le demandiez, non, ce n’est pas là que la série The Handmaid’s Tale a été filmée, ce qui aurait été le comble de l’ironie.

Dans un monde où les chefs de grandes entreprises prennent souvent leurs décisions en se fiant d’abord à leur portefeuille plutôt qu’à leur morale, ces déclarations ont de quoi nous redonner un peu espoir en l’humanité.

Maintenant, espérons que la loi n’entre finalement pas en vigueur le 1er janvier 2020 et que les dirigeants de Disney, Netflix et Warner Bros n’aient jamais à mettre leur menace à exécution.

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