1minute4earth Instagram

L’Islande organise des funérailles pour un glacier

Et pourquoi c'est important de ne pas rester de glace devant la nouvelle.

Alors qu’au Canada certains politiciens doutent encore du fondement des changements climatiques (allô Maxime), l’Islande vient de voir disparaitre son premier glacier sous ses yeux. Et pour faire comprendre aux climatosceptiques l’ampleur de la catastrophe, une douzaine de personnes, incluant la première ministre, se sont rendues sur le site du défunt glacier pour lui organiser une cérémonie funéraire.

Celui qui était nommé Okjökull et qui mesurait en 1901 environ 38 km2, le 6e plus grand glacier d’Islande, n’est maintenant qu’une étendue d’eau. Depuis 2014, date à laquelle il a perdu son appellation parce que son manteau de glace était rendu trop mince et ne coulait plus, il fondait un peu plus chaque jour. Il ne reste plus que quelques amoncellements de neige ici et là.

2019 vs 1986, crédit photo: NASA.

Les dirigeants et les chercheurs se sont donc rendus dimanche y installer une plaque pour les générations futures où l’on peut lire : « Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l’avons fait.» Un message qui demandent aux humains de demain si les gouvernements, les entreprises et les individus ont pris les mesures nécessaires pour enrayer les changements climatiques (ou du moins, les atténuer).

Dans une lettre ouverte publiée dans le New York Times, la première ministre Katrin Jakobsdottir est sans équivoque : « La glace quitte l’Islande ». Dans quelques années, les paysages arctiques pourraient ressembler à des étendues de terre, brunes.

Rien ne va plus au Groenland

Au même moment, on vient d’enregistrer le mois de juillet le plus chaud jamais observé au Groenland entraînant la perte de milliards de tonnes de glaces. En seulement 24 heures, 11 milliards de tonnes ont fondu.

On a même pu voir des feux de forêt au Groenland, phénomène assez rare sur un territoire recouvert de glace à plus de 80%.

Les deux îles se situent à plus de 4000 km de Montréal et il peut être parfois difficile de comprendre l’impact de la fonte des glaciers sur notre territoire. Mais d’ici 2100, des études rapportent que le niveau des océans pourrait s’élever de 5 à 33 centimètres, juste avec la fonte des glaciers qui s’accélère au Groenland, pour totaliser une hausse plausible de 2 mètres causés par l’ensemble des changements climatiques. Ça, ça veut dire qu’une partie de Boston et de New York sera inondée, ainsi que la majorité de la Nouvelle-Orléans.

Si l’Islande s’est engagée dans une course contre la montre pour être carboneutre d’ici 2040, le reste du monde ne lui emboite pas le pas encore. Peut-être attendent-ils d’autres funérailles.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up