L’industrie des feux d’artifice n’est pas prête de s’éteindre

Notre amour pour les pétards lumineux coûte cher.

Comme pas mal tout le monde ayant un côté geek et un abonnement Netflix, j’ai dévoré la nouvelle saison de Stranger Things en une fin de semaine.

J’ai passé beaucoup de Saint-Jean à faire exploser des fusées et autres carcasses de poudre explosives entre deux gorgées de bleu dry avec mes chums!

En plus des rides en vélo, des premières jobs et des premiers amours, l’enthousiasme des personnages pour les feux d’artifice m’a rappelé ma propre adolescence. J’ai passé beaucoup de Saint-Jean à faire exploser des fusées et autres carcasses de poudre explosives entre deux gorgées de bleu dry avec mes chums!

Et avec les festivités qui battent leur plein à travers le monde depuis le début de l’été (Saint-Jean-Baptiste, fête du Canada, Jour de l’indépendance, fête nationale française, etc.), je suis tombé dans un genre de rabbit hole de recherche de faits saillants sur les feux d’artifice. Et il y en a pas mal : après tout, ce sont des accessoires de célébrations qui existent depuis plus de 2000 ans.

Voici donc quelques découvertes explosives sur une industrie qui n’est pas à la veille de s’éteindre!

L’été et ses partys dans le ciel 

Photo : Bertrand Duhaime

Au Québec, la Saint-Jean ne serait pas la même sans que des feux qui illuminent l’ensemble de la province. Que vous soyez à Sept-Îles ou à Blainville, vous risquez effectivement d’entendre des détonations et d’observer une orgie de couleurs dans le ciel. Celles-ci coûtent généralement entre 2000$ et 7000$ pour un spectacle de courte durée. Si on rajoute la musique et la coordination informatique, le prix peut bondir à environ 2000$ la minute!

Malgré la popularité des feux dans la belle province, l’occasion d’en allumer un Made in Québec relève encore du fantasme.

Malgré la popularité des feux dans la belle province, l’occasion d’en allumer un Made in Québec relève encore du fantasme, puisqu’il n’existe aucune usine de fabrication de feux d’artifice au Canada. Même qu’au Québec, il n’existe que deux importateurs : BEM souvenirs et feux d’artifice inc. ainsi que Royal pyrotechnie inc. Avec les cinq autres entreprises canadiennes, ils compilent 78% des importations, pour une valeur globale de 11,5 M$. La Chine subvient à 90% de celles-ci.

Un des spectacles les plus dispendieux des dernières années fut celui du 150e anniversaire du Canada à Ottawa, en 2017. Selon Patrimoine canadien, la facture du spectacle qui a duré 20 minutes et 17 secondes s’est élevée à 244 000 $ pour 15 000 projectiles. En comparaison, il avait coûté 78 000 $ en 2016. Bref, y’a pas juste les pétards de Trudeau à la SQDC qui coûtent chers

Made in China

De nombreux historiens pensent que les feux d’artifice ont été conçus il y a plus de 2000 ans en Chine. Selon eux, les premiers explosifs étaient… des tiges de bambou. Une fois jetées dans un feu, les poches d’air qu’elles contiennent surchauffent, et boum! Les Chinois croyaient que ces « pétards naturels » éloignaient les mauvais esprits!

Quelque part entre 600 ans à 900 ans après Jésus-Christ, un alchimiste chinois aurait mélangé du nitrate de potassium, du soufre et du charbon de bois pour produire la première « poudre à canon ». En insérant celle-ci dans (les fameuses) tiges de bambou, il obtint le premier feu d’artifice fabriqué par l’homme! Par contre, ce dernier n’était pas utilisé pour célébrer, mais bien pour blesser l’ennemi. Bref, c’est peut-être plutôt les premiers « missiles » qui venaient donc d’être conçus…

Les Italiens et les Anglais ont été les premiers à les utiliser pour les fêtes religieuses, les anniversaires et les spectacles publics.

Éventuellement, les feux d’artifice « pacifistes » ont atteint l’Europe au 15e siècle. Les Italiens et les Anglais ont été les premiers à les utiliser pour les fêtes religieuses, les anniversaires et les spectacles publics.

‘MERICA

Ce sont les colons américains qui sont responsables de l’introduction des feux en Amérique. En 1776, John Adams, le 2e président des États-Unis, invitait l’Amérique à célébrer son indépendance avec des illuminations sur tout le continent. 1 an plus tard, la déclaration d’indépendance était signée un 4 juillet et… des feux d’artifice étaient lancés.

La tradition se poursuit encore aujourd’hui, et nos voisins du sud auraient dépensé plus de 1 milliard (!!!) en 2019 pour l’occasion.

La tradition se poursuit encore aujourd’hui, et nos voisins du sud auraient dépensé plus de 1 milliard (!!!) en 2019 pour l’occasion. Par contre, n’allume pas un feu qui veut. En effet, dans certains états, c’est (littéralement) jouer avec le feu que de le faire, et ça peut valoir aux pyromanes amateurs une amende salée ou même la prison.

Et l’environnement dans tout ça?

Si l’on sourit à chaque fois que des feux explosent, mère nature doit plutôt verser une larme. En effet, leurs couleurs proviennent de produits chimiques extrêmement nocifs pour l’environnement tels que du cuivre pour le bleu, du strontium ou lithium pour le rouge, et du baryum pour le vert ou le blanc.

Lorsqu’il y a une détonation, les particules sont alors libérées dans l’air et deviennent des contaminants autant pour l’homme que pour la terre. Selon MétéoMédia : « le cuivre est susceptible d’entraîner des problèmes de peau et le baryum peut avoir des effets nocifs sur le cœur et l’intestin. »

Et évidemment, il faut rajouter à ça la pollution venant des spectateurs, comme les déchets laissés sur le site de l’événement. 

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