L’humoriste Sarah Silverman fait preuve de compassion face à un troll

Choisir l'amour c'est jamais facile, mais ça paie souvent.

Tout le monde le sait, être une personnalité publique à l’époque des médias sociaux, ça implique de se faire critiquer pour qui on est, pour des niaiseries et parfois même pour aucune raison. L’humoriste Sarah Silverman a reçu ce message sur Twitter,  pendant le temps des Fêtes.

«Salope.»

Mettons que c’est ordinaire de recevoir ça à minuit, sans raison particulière. Silverman aurait eu raison de bloquer ce troll et de poursuivre sa vie d’humoriste à succès, mais au lieu de faire ça, elle est allée lire son fil twitter et regardez ce qu’elle a répondu.

«Je crois en toi. J’ai lu ton fil et je comprends ce que tu fais et que ta rage cache beaucoup de douleur. Mais tu sais, ça. Je connais ce sentiment. P.S. mon dos est tout pété aussi. Vois ce qui se passe quand on choisis l’amour. Je le vois en toi.»

Le troll a-t-il répliqué avec une autre insulte? Voyez un peu le reste de la conversation. Ça nous en a bouché un coin :

« Je ne peux pas choisir l’amour. Un homme qui ressemble à Kevin Spacey m’a enlevé cette option lorsque j’avais 8 ans. Je ne peux pas être en paix, car si je trouvais cet homme qui a brisé mon corps et pris mon innocence, je le tuerais. Il m’a brisé et je suis pauvre, alors c’est dur de trouver de l’aide.»

« Je ne peux même pas imaginer la rage que tu vis. Juste lire ce qui t’es arrivé me donner envie de faire des choses terribles. Attends un peu.»

« Questions : (PAS UN JUGEMENT) Est-ce que tu prends de l’héroïne? Est-ce que tu utilises des drogues pour la douleur? Veux-tu t’en sortir? »

« Non, je fume juste du pot. J’ai des médicaments prescrits par un médecin que je prends à la dose recommandée.»

« C’est bien, je veux tuer cet homme aussi, alors j’ose à peine imaginer ta rage. Tout ce que je sais, c’est que toute cette rage – même si tu pouvais le tuer – ça te punis toi-même. Et tu ne mérites pas ça. Va voir un groupe de soutien. Tu y rencontreras peut-être tes meilleurs amis. »

« J’irai. Mais je ne fais confiance à personne, car j’ai trop souvent été trahis. Je donnerais ma chemise à quiconque et à chaque fois, ça se retourne contre moi. Je suis antisocial. Je n’ai pas d’amis. Je m’excuse de t’avoir insulté.”

«Mec, je m’en fous. Je ne t’en veux pas. Je vois quelque chose en toi. Mon instinct me dit que tu pourrais avoir une belle vie. Mon psy me dit souvent: on a jamais ce qu’on veut. On a ce qu’on croit qu’on mérite. Je te dis, tu mérites beaucoup plus que ce que tu crois.»

On vous invite à lire le reste de la conversation ici.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cet échange? On vit dans une époque divisive. On aime croire que tout nous sépare et que parce quelqu’un ne croit pas aux mêmes choses que nous, qu’il est nécessairement un ennemi. Et c’est facile de tourner le dos à un ennemi sur une plateforme de médias sociaux conçue pour donner une expérience optimale à son utilisateur. Sarah Silverman a choisi d’essayer de comprendre un utilisateur l’ayant insultée gratuitement et de voir au-delà d’une douleur qu’il exhibait à tout le monde comme un trophée.

On s’entend que ça prend quand même une certaine force de caractère pour agir comme ça (ça aurait pu mal tourner) et que c’est une pratique parfaitement acceptable de bloquer un troll si on ne souhaite pas le gérer, mais on applaudit quand même l’initiative de Sarah Silverman qui a su faire la part des choses et reconnaître l’humanité de quelqu’un qui lui était ouvertement hostile. Elle n’était même pas obligée de lui répondre et d’admettre son existence. En démontrant de la compassion, elle a mis Jeremy Jamrozy face à sa propre hostilité et a réussi à faire tomber ses barrières.

Chapeau, Sarah Silverman! Voilà un exemple qui permet de débuter l’année du bon pied!

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