Louis Robert

Les spécialités régionales des snack-bars du Québec

 

De l’Outaouais à la Gaspésie, les casse-croûte du Québec ne cesseront jamais de nous surprendre avec leurs inventions culinaires. De simple éclair de génie à la mise en valeur du terroir régional, les cantines de la province servent des spécialités bien de chez elles. Voici quelques incontournables, si jamais vous passez dans le coin.

INTERFROMAGE

Région de Québec–L’Ancienne-Lorette

Ce chef-d’œuvre de l’ingénierie du fast-food a été créé pour résoudre un problème très réel : comment faire tenir du fromage en grains dans un hamburger ? Après plusieurs essais et erreurs, l’Interfromage est né. Pour faire simple, c’est un hamburger au fromage garni de trois rondelles d’oignon, de fromage en grains, de frites et de ketchup. Car il n’y a rien de mieux que trois rondelles d’oignons empilées pour emprisonner du fromage « skouik-skouik ». Selon la légende, cette création aurait vu le jour au Resto Richard, à L’Ancienne-Lorette. Elle fait d’ailleurs la renommée du casse-croûte depuis plusieurs années. Comme quoi les plus petits problèmes peuvent mener à la création de quelque chose de tout simplement merveilleux.

 

GUÉDILLE AU HOMARD

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

On peut la manger partout au Québec, mais c’est seulement sur le bord du golfe du Saint-Laurent qu’on la trouve dans TOUS les casse-croûte. La guédille au homard, ou lobster roll, n’a d’ailleurs plus besoin de présentation. Habituellement disposée dans un pain à hot-dog, la préparation se compose de chair de homard, de céleri coupé en dés, de mayonnaise, d’épices secrètes, de jus de citron et d’un fond de salade, au goût. Mais comme toute bonne spécialité de casse-croûte, tout le monde a sa version. Certains y ajoutent de la ciboulette fraîche ; d’autres, de l’estragon. On peut même la manger dans de petits pains briochés. On l’accompagne de chips ou de frites, ou alors on en dévore deux, tant qu’à se laisser tenter par ce mets. Un nombre infini de versions existe, pour la simple et bonne raison que la guédille fait partie du menu partout où l’on peut pêcher le délicieux crustacé.

BOUCHE-TROU

Montérégie–Granby

Semblable au hot-dog dans sa présentation, le Bouche-trou peut en surprendre plus d’un. Au lieu de la saucisse, on opte plutôt pour une préparation de viande hachée mêlée à des oignons en vue d’en garnir le pain. Le mélange est d’ailleurs enrobé d’une sauce secrète cuisinée à l’avance. Comme on le ferait avec une cerise sur un gâteau, on coiffe le Bouche-trou de deux frites. À la croisée des chemins entre guédille, burger et hot-dog, le Bouche-trou se mange bien souvent avec une graisseuse ou une poutine. Il est aussi recommandé de s’armer de napkins avant de s’attaquer à ce joyau dégoulinant.

PAIN-POUTINE

Montérégie–Beauharnois

Au Québec, on aime visiblement nos « steamés ». On les aime à tel point qu’on en fait même des véhicules pour d’autres incontournables de cantine. Dans le genre « poutine on the go », on vous présente le pain-pouts ! L’idée, ici, est de bien maîtriser son produit afin d’offrir le meilleur des combos de fin de soirée. Un pain vapeur bien bourratif, complémenté d’une généreuse portion de poutine, le tout à consommer sur le fly. Malgré la discorde entourant la paternité du mets, la cantine Patate Mallette, à Beauharnois, perfectionne l’art de la poutine et du Pain-poutine depuis plusieurs décennies déjà. Vous avez peut-être déjà entendu parler d’un gâteau de mariage fait de poutine ? C’est Patate Mallette qui se cachait derrière le coup ! Parce que lorsqu’on est tanné de manger de la poutine, on en fait des guédilles ou des gâteaux.

POUTINE SAUCE BLANCHE

Outaouais–Gatineau

À la frontière de l’Ontario, l’Outaouais nous propose une itération de la poutine assez hors du commun et qui, vraisemblablement, est seulement servie dans ce coin. Voici donc : la poutine sauce blanche. Le facteur « wow » de cette poutine repose sur le roux blanc qui recouvre le mets. Fait à base d’eau et de bouillon de poulet, ledit roux est ainsi fouetté avec du beurre et de la farine, jusqu’à l’obtention de la texture désirée. Au goût, on pourrait croire qu’on est en train de manger l’intérieur d’un pâté au poulet, mais sans le poulet ni les légumes. Tant qu’à être dans le coin de Gatineau, il est fortement recommandé d’accompagner cette poutine d’un pogo ou d’un hot-dog avec un « extra » moutarde sucrée.

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