Les petits pas

Un premier retour sur des élections aussi délirantes qu’historiques.

Quelques jours après le départ de Neil Armstrong vers la grande comète, les «petits pas pour l’homme» – et la femme, en fait – se précipitent au Québec.

Nous avons maintenant une première Première ministre au Québec, une dame dont le leadership a été, tour à tour, remis en questioncélébré par ses troupes et, finalement, mis en danger par un monsieur un peu, beaucoup débile). Autre «petit pas» à souligner: Léo Bureau-Blouin est désormais le plus jeune député élu à l’Assemblée nationale (et le «décrocheur» le plus jalousé de la province par le fait même).

En attendant de savoir si Jeff Fillion va s’exiler (celui-ci a dit qu’il déménagerait si le PQ l’emportait et, au moment d’écrire ses lignes, le pirate demeurait drôlement silencieux sur Twitter), une autre victoire pour les dames, Françoise David – véritable révolution tranquille du débat – rejoint Amir Khadir au 1045, rue des Parlementaires. Bien que celle-ci vient bousiller mon «pool» des élections (j’ai voté pour le très compétent Nicolas Girard), on lui donne une bonne ‘tit binne sur l’épaule pour la suite des choses.

Du côté du PLQ, «la rue», «l’intimidation» et «la violence» se font des calins collectifs sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de la défaite de Jean Charest qui «devra se prendre une job dans le Nord» et autres recyclages de mêmes Internet. Au moment de la mise en ligne, l’ex-tête forte frisée du parti n’a toujours pas indiqué son intention de lever les feutres après cette défaite crève-coeur (après tout, le PQ l’a emporté 32 %, contre 31 %; une victoire qui est loin d’être écrasante). Partira? Partira pas? À voir…

En attendant, on s’inquiète surtout qu’après toutes ces allégations de corruption et cette gestion déficiente, voire nulle, de la crise étudiante, le PLQ forme bel et bien l’opposition officielle. Coudonc’ Québec, soit tu tiens vraiment à tes Nordiques, soit Clotaire avait raison et t’as vraiment un petit côté sadomaso!

La plus grande «surprise» de l’élection revient à la CAQ qui, après avoir fait belle figure dans les sondages, s’est pété le nez contre la baie vitrée du bureau de vote. De tous les candidats vedettes du gros sac de vent (c’est une joke sur le ménage ET un commentaire éditorial, oui, oui), seulement deux ont été élus: Legault, bien sûr, et Charbonneau. Fidèle à son habitude de tweeter fuckin’ n’importe quoi, le Dr Barrette s’est retiré de la campagne en paraphrasant Elvis – «The president has left the building» – dirigeant une ultime «joke de gros» contre sa propre personne par le fait même.

Que peut-on tirer de cette débandade? Que le Québec n’est pas prêt pour «le changement», que les électeurs n’aiment pas faire le ménage ou qu’on ne se laisse pas dorer la pilule aussi facilement? Grand dadais qui en pince en secret pour la musique d’ABBA, j’opterai pour la dernière option.

Puis vient mon préféré, Charlie Aussant, qui – à l’image du héros de la série Peanuts – perd encore et toujours. Bien que, fidèle a son habitude, le type a été gentleman et a salué – via la page Facebook de son parti – la victoire de Françoise David, les partisans fanatiques du parti m’ont crissement déçu. «Honte aux électeurs de Nicolet» pouvait-on lire chez une tweeteuse dont je tairai le nom (en fait, j’ai égaré le lien, désolé), «Aussant l’aurait emporté haut la main s’il avait participé au débat» pouvait-on lire  sur la page de David La Haye.

J’sais pas quoi vous répondre…

Le gars a perdu dans son patelin contre un candidat canon de la CAQ. Pas un poteau, l’ex-directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska, bordel! Aussant peut donc se retirer la tête haute. Si ça ne vous suffit pas, déménagez à Nicolet, car, comme on l’a vu ce soir, la pensée magique n’a malheureusement aucun impact sur le vote populaire.

Sur ce, une question – cruelle, mais essentielle – se pose : qu’adviendra-t-il d’Option Nationale alors qu’aucun des candidats – même pas la dame-qui-dit-«bandante»-dans-sa-capsule-vidéo – ne s’est hissé jusqu’à l’Assemblée? À suivre…

Mince consolation pour Aussant, le plus grand perdant de la soirée demeure notre processus de vote complètement désuet. D’où les appels à voter avec votre coeur, votre tête, vos tripes ou encore vos couilles. Afin d’éviter des scènes traumatisantes lors des prochaines élections (personne n’a envie de voir vos tripes, sauf peut-être Scorpion de Mortal Kombat), une petite refonte du mode de scrutin serait de mise, non? Maintenant que la crise étudiante est terminée (yeah, right), vous devriez avoir le temps, m’dame Marois…

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