Les notaires sont des humains qui vous veulent du bien

Une première visite chez le notaire, c’est un saut à pieds joints dans le monde adulte.

Je suis «passée» six fois chez le notaire. En gros, c’était pour des événements heureux, je n’ai pas connu les déchirements de certains et la peine d’autres.

Oui, ça coûte cher un notaire. Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de leur profession et c’est exactement pour ça que je les paie!

Les allié(e)s de la négociation

Quand j’avais 29 ans, j’ai acheté un duplex avec une copropriétaire. En plus de passer chez le notaire pour conclure l’achat, je tenais aussi à notarier notre entente. Fallait y penser pendant que ça allait bien.

«Fallait y penser pendant que ça allait bien.»

Mais lorsqu’est venu le temps de discuter de ce qui arriverait si l’une de nous deux décédait, on est tombées dans une impasse. L’autre copropriétaire voulait laisser sa partie de duplex en héritage à sa famille, advenant son décès, alors que le notaire nous conseillait de prendre une assurance-vie sur le duplex.

Je ne savais pas comment dire à ma copropriétaire que sa requête n’avait aucun sens.

Le notaire, lui, a su. Il a planté ses yeux vaillants dans les siens en lui disant: «si ta chum meurt, est-ce que ça va te tenter de dealer avec ses parents concernant l’avenir de ton bloc que tu aimes tant? Pis as-tu pensé à ses parents qui ne veulent peut-être pas tout ce trouble-là? C’est avec toi qu’elle achète, pas avec ta famille.»

Pa-klow la formule magique.  

À ce moment précis, j’ai réalisé que le notaire est là en allié. J’utilise ses services et son expérience, expérience que je forge de mon côté, à chaque visite.

La mère de famille et le golfeur du dimanche

J’ai vu des notaires en complet Armani à 5 000$, d’autres en bermudas délavés et mocassins de cuir beige (dix ans avant que ça soit trendy dans le Village), une mère de famille dans sa robe Reitmans. J’ai vu des bureaux au centre-ville en boiseries d’époque, d’autres tapissés de papier peint qui devait être à la mode en 1991.

Honnêtement, je préfère la mère et le golfeur du dimanche en mocassins. Je veux faire équipe avec mon notaire.

Pour moi, c’est un passionné de justice, qui saura me guider dans la réalisation de mes projets. C’est surtout quelqu’un de patient, bon et disponible.

C’est une des rares personnes dans la vie  à qui je veux parler de vive voix, d’ailleurs. Pas de texto, je veux une vraie voix humaine de vraie personne humaine. Quelqu’un qui répond à ses appels, qui répète au besoin et qui me résume le tout dans un courriel.  

Pourquoi rechignerait-on à payer la personne qui va vous aider à vous engager dans une relation de vingt-cinq ans?

On est prêt à payer le garagiste, le plombier, le nettoyeur et le technicien d’ordinateur… Pourquoi rechignerait-on à payer la personne qui va vous aider à vous engager dans une relation de vingt-cinq ans, avec un investisseur, un partenaire de vie ou avec la banque pour votre prêt hypothécaire?

L’alliée inattendue 

Mon dernier acheteur était un beau coucou de première qui achetait un condo comme on achète un t-shirt. C’était sa première hypothèque, mais «ce n’était pas si compliqué que ça» pour lui.

On avait beau être très avancé dans le processus, c’était comme si tout était à faire.

Un jour, il était motivé, le lendemain il changeait d’idée, la semaine suivante il n’obtenait pas son financement parce qu’il avait négligé de fournir des documents à la banque… 

Un cauchemar qui a duré des semaines. La SEULE personne qui me comprenait dans le dossier était sa notaire (et sa merveilleuse assistante).

La SEULE personne qui me comprenait dans le dossier était sa notaire (et sa merveilleuse assistante).

J’étais au désespoir, tellement qu’elles m’ont prise en pitié: «on va t’aider, tu vas voir, on va le tenir assez serré». Je n’étais même pas sa cliente, mais elle est devenue ma sauveuse, son assistante était ma psychologue et ma vente est devenue leur combat à gagner!

Quand la fameuse date est arrivée, j’étais certaine que mon acheteur n’allait pas se pointer. Pour la première fois, je rencontrais l’équipe à qui j’avais parlé des dizaines d’heures. Elles m’ont accueillie avec des étoiles dans les yeux, ben excitées: «il est là! il est dans le bureau!».

Avant de procéder, la notaire m’a demandé de l’accompagner dans une salle de conférence vide,  a fermé la porte, m’a serrée dans ses bras et a dit: «on l’a eu le tabarnac».

Grâce à elles, j’ai sauvé ma vente.

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