Les internets de Julien Corriveau

Des messieurs en shorts et des guitares.

Notre collaboratrice Anne-Marie Auger a des passions un peu spéciales. Elle adore – et le mot est faible – traîner sur les sites de ventes de maisons pour observer comment les gens vivent et à quoi ressemblent leur chambre à coucher et leur sapin de Noël. Elle finit souvent par visiter virtuellement des bungalows de Sept-Îles à 1 heure du matin un mardi soir. Dans un élan de partage, elle a eu l’idée de demander à des gens qu’elle aime de révéler leurs propres plaisirs ou petites obsessions du web. Aujourd’hui, Julien Corriveau (humoriste et comédien) dévoile sa passion internet.

Allô Julien. Qu’est-ce que je serais surprise de retrouver dans ton historique de recherche?

Beaucoup de vidéos de messieurs en shorts qui se filment à jouer le même riff poche sur huit guitares différentes pour entendre les différences de son; des photos de guitares que j’ai déjà, mais dans d’autres couleurs pour voir si elles fitteraient mieux à côté de mes autres guitares; des pages de forums sur des sujets comme « quelle grosseur de cordes préférez-vous? », etc. Et il y a tout le marché des guitares usagées que je consulte le moins souvent possible, ce qui veut dire plusieurs fois par jour.

Parle-moi un peu de rapport personnel à la patente. Ça a commencé quand, cette obsession pour les guitares?

J’ai commencé à jouer de la guitare à l’âge de 13 ans en m’intéressant aux grands guitaristes de l’histoire du rock (Jimmy Page, Van Halen, le guitariste de Yelo Molo, etc.). Quand j’ai pu ramasser un peu d’argent en travaillant (au Zellers), j’ai remplacé la première guitare que j’avais reçue en cadeau par une Fender Stratocaster, le modèle utilisé par Jimi Hendrix. Je l’ai utilisée pendant plusieurs années et un moment donné, je me suis dit que je pourrais acheter une autre guitare pour avoir un son différent.

Ouvrir la porte à une deuxième guitare, c’est ouvrir la porte à toutes les guitares. Parce que là on commence à s’inventer des excuses : wow c’est trop un bon deal; j’ai absolument besoin de cette guitare au cas où je me partirais un band punk un jour; si j’achète celle-là je pourrais en vendre deux que j’ai (jamais arrivé dans l’histoire de la musique). Et c’est là que ça arrête d’être une passion et que ça devient UNE MALADIE.

Fais-tu des rencontres grâce à ta maladie?

Y’a plein de genre de personnes dans ce milieu-là : des jeunes dans des bands, des vieux motards qui s’achètent des guitares trop chères pour rien, des gens qui cachent une collection de fou dans un demi-sous-sol à Anjou, des crosseurs, des gens trop fins… C’est fascinant de voir qu’un instrument de musique peut mettre en contact des gens qui autrement n’auraient aucun point en commun.

Je veux pas plonger trop loin dans ta psychothérapie, mais qu’est-ce que ça dit sur toi, cette obsession des guitares?

Je suis un perfectionniste et je pense que je suis à la recherche de l’instrument parfait. Mais cette recherche est vaine puisque souvent, plus un instrument est versatile, moins il a de « caractère »; ce qui fait en sorte que plus il est « parfait », moins il est « cool ». Ça explique peut-être pourquoi je ne suis pas du tout cool.

Jusqu’à quel point tu peux être intense, mettons?

Souvent, en meeting, je fais semblant de prendre des notes, mais je suis juste sur Kijiji. J’ai déjà fait trois heures de bus pour aller essayer une guitare que j’ai décidé de ne pas acheter, finalement. Sur un coup de tête, j’ai déjà misé sur une guitare sur Ebay tellement chère que j’étais rendu à prier de ne pas gagner l’enchère pour ne pas être obligé de vendre un rein.

Hahaha. Sans mentir, tu possèdes combien de guitares en ce moment?

7 acoustiques, 14 électriques (dont une en forme de mitraillette), 2 basses, 8 amplis et 2 flûtes à coulisse (j’en ai toujours une de secours).

C’est beaucoup trop, Julien. Veux-tu finir ça avec une anecdote?

J’ai une Gibson ES-135 qui a « Johnnie » écrit sur le manche. Le gars à qui je l’ai achetée ne s’appelait pas Johnnie, on n’a aucune idée c’est qui Johnnie, à part le fait qu’il devait avoir pas mal d’argent pour faire incruster son nom en nacre sur le manche de la guitare… C’est une de mes guitares préférées, et j’ai même parti un band pour elle à l’époque : Johnnie Condor. Il y a plein d’instruments comme celui-là qui auraient toute une vie à raconter si seulement ils avaient une bouche comme les California Raisins.

+++

Julien Corriveau fait des blagues à la télé (Dans ton cellALT) et sur la scène, en stand-up avec Jean-François Provençal. Parfois avec une guitare dans les mains.

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