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Pensez-vous prendre votre retraite dans cinq ans? Avez-vous payé votre maison cash? Combien vous reste-t-il à mettre avant d’atteindre un million de dollars en investissement?
Est-ce que ces questions vous stressent?
Dans un monde où les fonds de pension sont en voie de disparition, où l’inflation et la récession menacent nos portefeuilles, ressentez-vous la pression? Les mouvements de retraite anticipée et autres FIRE (financial independance, retire early, ou indépendance financière, retraite précoce) s’imposent sur les réseaux sociaux et dans les librairies au moment même où le pouvoir d’achat de la consommatrice et du consommateur moyen diminue.
Torture ou motivation? Ça dépend à qui on parle.
Si ces mouvements vous angoissent, vous n’êtes pas seul.e. Mais comment s’assurer de ne pas être démoli.e par ces contenus? Voici quelques indices.
La plupart des gourous de la finance personnelle « intense » ont quelques points en communs :
– Ils occupent des métiers qui ont une bonne valeur marchande
– Ils ont l’esprit entrepreneurial
– Ils ne sont pas issus de la pauvreté
– Ils sont frugaux
Une personne créative peut bien devenir comptable, il est fort possible qu’elle ne saute pas au plafond à l’idée de faire du temps supplémentaire.
Nous sommes donc face à des gens qui ont pigé la combinaison gagnante. Ils ont naturellement le bon tempérament, ils ont fait les bons choix ET ils n’ont pas d’obstacles systémiques qui leur enlèvent quelques points à la ligne de départ.
Dans toutes ces caractéristiques, celles liées au tempérament sont celles qui causent le plus d’anxiété.
Car un tempérament, ça se modifie, ça se module, mais ça ne se transforme pas du tout au tout. Si on peut modifier des comportements, il reste un noyau dur qui contient notre personnalité profonde, et qui refuse obstinément de renier sa nature. C’est pourquoi un dépensier peut apprendre à dépenser moins, mais il ne trippera jamais à économiser autant qu’une personne naturellement frugale. Une personne créative peut bien devenir comptable, il est fort possible qu’elle ne saute pas au plafond à l’idée de faire du temps supplémentaire.
Bref, ça prend un certain type de personne pour aimer faire beaucoup d’argent, en accumulant plusieurs emplois et du temps supplémentaire, ET pour frémir à l’idée de le dépenser.
Sans emploi payant, c’est beaucoup plus difficile d’économiser et d’accumuler des heures supplémentaires.
Finalement, être issu.e de la pauvreté, c’est souvent à double tranchant. On combine le manque d’éducation financière en raison du milieu au manque d’opportunités. On part avec deux prises.
Donc, oui, ça peut être décourageant de se comparer, mais si on se compare, aussi bien tenir compte du portrait complet.
La seule personne avec qui vous devriez vous comparer, c’est vous-même. Mais ça, je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.
La question qui tue. Voulez-vous vraiment faire partie du mouvement FIRE, ou est-ce la perspective de prendre votre retraite à 45 ans qui vous emballe?
Est-ce que ça vous allume de travailler 75 heures par semaine jusqu’à 45 ans en vivant dans le sous-sol de vos parents?
Parce que pour l’avoir, votre million, il va falloir en travailler une shot. Et ne pas dépenser une cenne pour rien.
Est-ce que ça vous allume de travailler 75 heures par semaine jusqu’à 45 ans en vivant dans le sous-sol de vos parents?
Parce que moi, non.
Je n’ai aucun problème à retarder ma retraite de 15 ans si c’est pour travailler mes 35 heures par semaine avec des projets, des passe-temps et des vacances une fois de temps en temps.
Et mon autre question, c’est…
Ces gens-là qui travaillent comme des fous pour une retraite anticipée, ils font quoi, à la retraite? Ce qu’ils veulent, me répondront-ils. Mais si tu ne fais que travailler, qu’est-ce que tu ferais à la place? Quels sont tes autres passions, tes passe-temps? Avoue-le donc, mon p’tit FIRE, que ce qui te fait tripper, c’est de faire de l’argent.
Le mouvement FIRE, ce n’est pas une stratégie d’épargne, c’est un style de vie, qui n’a pas à convenir à tout le monde.
Et c’est tant mieux.
En deuxième, il y a les bons choix. Et là, le bât blesse aussi. Combien de millénariaux ont fait un bac en histoire de l’art, persuadés que le départ des boomers laisserait une foule d’emplois libres et payants. Malheureusement, quelques années après avoir obtenu leur diplôme, ils se sont rendu compte que cette éducation, payée parfois à gros prix, n’a aucune valeur sur le marché de l’emploi.