Les big shots de l’an 2000

Donald Trump, Pauline Marois, Matchbox Twenty et autres souvenirs malaisants.

HIGH FIVE, DONALD

Le président américain actuel, Donald Trump, aura au moins fait un move de champion en 2017 : dans ses efforts pour réduire la paperasse gouvernementale, il a ordonné aux agences fédérales, en juin dernier, d’arrêter de produire des rapports sur le bogue de l’an 2000. FO’ REAL.

En effet, selon une vieille directive datant de la frénésie pré-Y2K, les agences devaient toujours produire des rapports sur les efforts consentis avant l’an 2000 en préparation du bogue. En 2017 ! Selon l’Office of Management and Budget, cette directive était largement oubliée, mais elle existait encore sur papier.

Bon, c’est pas ça qui va faire réaliser des milliards de dollars d’économies à l’appareil gouvernemental, mais c’est un peu comme si on apprenait aujourd’hui que c’est correct, quand on coupe un concombre, de ne pas frotter le petit bout sur le gros pour faire sortir l’acidité. LE TEMPS QU’ON « SAUVE ».

ÇA SE PASSAIT EN L’AN 2000

En janvier 2000, la ministre de la Santé du Québec, une certaine Pauline Marois, annonçait la construction d’un tout nouvel hôpital universitaire vraiment su’a coche. Dix-sept ans plus tard, le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) vient à peine d’ouvrir ses portes. Ça veut dire que si l’annonce de la construction du mégahôpital vous avait convaincu de faire des études en médecine, vous avez eu le temps de terminer votre scolarité et d’être le premier médecin dans la place.

Sinon, en 2000, Bombardier construisait des usines et créait des emplois (soit exactement le contraire de ces jours-ci) ; Daniel Boucher était la révélation de l’année au gala de l’ADISQ ; La fin du monde était à 7 heures ; et le Canadien ne faisait pas les séries.

Aussi, Maurice Richard devenait joueur étoile dans une équipe au paradis, Céline Dion était enceinte de son premier héritier et Alexandre Despatie participait à ses premiers Jeux olympiques.

Ça fait l’tour.

LA MUSIQUE SUR INTERNET ?

On a beau avoir passé six mois à capoter avec les bogues informatiques, reste qu’au tournant du millénaire, Internet, c’était encore une toute jeune bibitte. Pour se connecter, il fallait un ordinateur branché dans une prise téléphonique et un modem qui faisait un bruit de fin du monde. Pas étonnant d’apprendre qu’à peine 400 millions de personnes utilisaient Internet (contre 3,7 milliards aujourd’hui, soit environ 10 fois plus).

Et la grosse nouveauté de l’époque, c’était Napster, un service de partage de fichiers musicaux en format MP3. Vous croyez que le combat des artistes pour être rémunérés pour leur musique est né avec l’avènement des services de diffusion en continu (streaming) comme Spotify ? Détrompez-vous. Shawn Fanning, le créateur de Napster, a été le premier à se faire poursuivre pour ça, à la fin de 1999. C’était l’une des premières fois où la question des droits d’auteur dans un contexte d’achat de musique sans un support physique se posait. Dix-huit ans plus tard, on ne peut pas vraiment se vanter d’avoir trouvé la solution.

Levez la main si vous avez déjà eu à demander à votre sœur de raccrocher le téléphone pour télécharger une chanson de Matchbox Twenty !

NOSTALGIE, NOSTALGIE

En discutant des sujets pour ce numéro, l’équipe d’URBANIA est tombée dans une nostalgie certaine, tournant le brainstorm en une espèce de surenchère de souvenirs de cette époque révolue. Voici le palmarès des choses que l’an 2000 nous a rappelées :

– Nos premières adresses courriel saugrenues, du genre misscutie6224@caramail.com ou 69loverhockey@hotmail.com ;

– Les coiffures de type queue de cheval très serrée avec deux mèches sorties de chaque côté des yeux ;

– Ricky Martin, le bourreau de nos cœurs ;

– Le moment où on a compris que le troisième millénaire commençait en 2001 et pas en 2000 ;

– La mode des pantalons très larges portés avec des chandails qu’on n’appelait pas encore crop tops, mais bien « bedaine » ;

– Le gel capillaire.

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L’an 2000

Finalement, l'an 2000, c'était pas si pire que ça. On n'avait pas vraiment raison de tous capoter et d'anticiper la fin du monde.