La grosse équipe

Les aventures de l'homme moyen #7

Je ne suis pas encore tout à fait sûr d’assumer l’idée que je vais lancer cette semaine, mais en théorie elle est pleine de sens. Ce n’est pas une leçon d’économie très avancée, mais pour s’en sortir financièrement, c’est beaucoup plus facile en équipe. Je ne parle pas ici des équipes de un ou de deux comme on aime le faire ici au Québec. Je parle d’une grosse équipe.

(Aviez-vous lu le 6e épisode: Pour que les bonnes personnes m’appellent ?)

J’ai toujours eu peur des dettes et des hypothèques. Je n’ai jamais compris le principe de donner à la banque plus de 50 000 $ d’intérêt pour acheter une maison qui en vaut 200 000 $. Suis-je le seul qui trouve que ce système est fait pour nous garder pris à la gorge? Acheter un condo et y être confiné, ne pouvant plus me permettre de sorties, est-ce que c’est ça un bonheur plus grand?  Peut-être suis-je aussi un des rares qui ne fait pas beaucoup d’argent à Montréal, mais bon…

Pour pallier à ce problème d’endettement, je lance une idée comme ça, ici sur le coin d’une table. Vous me direz ce que vous en pensez.

Pourquoi ne pas acheter une résidence en argent comptant?

Je ne vous suggère pas ici d’attendre d’avoir économisé 300 000 dollars dans votre compte chèque avant d’investir. Nous serons tous vieux, pour la plupart et morts pour certains, avant d’avoir accumulé une telle somme. Je parle plutôt ici de diviser le montant d’achat d’une propriété entre plusieurs personnes.

Il s’agirait de créer une compagnie d’investissement immobilier dans laquelle dix personnes contribueraient un montant de départ de, disons: 30 000 $, destiné pour l’achat d’une propriété.

Une fois qu’on a trouvé une demeure qui nous convient, l’agent immobilier nous fait part de ce que le vendeur demande:

« Le propriétaire demande 289 000 dollars.
– Prenez-vous Interac ?
 »

On achète une maison par paiement direct et du même coup, congé de loyer. Il n’y aurait que les petits frais mensuels à payer et les taxes. Idéal pour ceux qui veulent moins travailler ou bien peindre des toiles pour gagner leur vie.

Ça, c’est la partie que j’assume entièrement.

Là où le plan se complique un peu, c’est dans les arrangements de cohabitation. Loin de moi l’idée de recréer une commune de hippies des années 1970 ou une secte ésotérique. J’aime beaucoup trop mon intimité, mais pour que l’idée fonctionne il est évident qu’il faudrait en sacrifier une bonne partie.

Sans mettre des matelas partout, est-ce que c’est possible de rester 3 ou 4 dans la même section d’un triplex qu’on achète à dix ou douze?  Qu’est-ce que ça vaut vraiment être seul à la maison versus habiter avec d’autres personnes? Ne finirait-on pas par s’habituer ? Dans Occupation double, ils dorment bien tous dans la même chambre.

Je vous pose la question.

Dans certaines cultures, l’esprit de communauté existe à une tout autre échelle. Les gens sont chez eux seulement pour dormir et ils passent la journée dehors.

Il y a ça ou il y a peut-être une autre option.

Celle d’acheter une résidence et de la louer. On achète un condo à 200 000 $ qu’on loue 900 dollars par mois et comme il n’y a pas d’hypothèque, nous recevons tous un petit chèque mensuellement en plus de la valeur que le condo prend avec les années. Et ça, c’est mieux?

Certes, cette idée est encore très brut et a sans doute besoin de plusieurs ajustements et critiques de gens platement réalistes, mais je ne peux m’empêcher de la percevoir comme étant pleine de potentiel.

Est-ce que ça parle à quelqu’un ou bien j’abdique et prends le chemin des dettes et des prêts hypothécaires comme les autres qui sont en équipe de deux?

Avouez que, même si c’est un peu superflu, ça serait tout un coup dans les dents du système !
David Malo
aventureshommemoyen@gmail.com
Twitter: @HommeMoyen
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Le 8e épisode est ICI!

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