Les albums du mois : octobre 2017

Les cinq albums que vous devez écouter (si c’est pas déjà fait)

L’automne n’est pas toujours la meilleure saison pour les sorties musicales. Alors que les maisons de disques s’efforcent bien souvent de lancer les projets de leurs artistes au printemps ou pendant la rentrée de septembre pour pouvoir se retrouver en nomination dans les galas de fin d’année ou en décembre pour le temps des Fêtes, octobre fait un peu figure de négligé du calendrier par moments.

Mais ça ne veut pas dire qu’il ne sort rien de bon non plus! Plusieurs artistes québécois se sont démarqués en criant ben fort comme Keith Kouna, en produisant une musique sensible comme les Barr Brothers ou en nous faisant bien danser comme Blue Hawaii, Jay Scott et Loud. Voici donc une liste des 5 albums du mois qu’on vous recommande fortement d’écouter entre deux partys d’Halloween. Bonus : les trois dernières suggestions peuvent aussi très bien s’intégrer à n’importe quelle playlist de party, Halloween ou pas. Parole de DJ!

Bonsoir shérif – Keith Kouna

Étiquette : Duprince

5 ans après l’acclamé Du plaisir et des bombes, Keith Kouna est toujours aussi fâché. Tirant ouvertement sur tous les « rapaces et les grand bourgeois » (Vaches) de ce monde, Kouna réitère encore une fois que le punk francophone peut donner de très bons résultats, surtout avec de belles teintes de claviers new wave.

Si le public l’avait vu plus raffiné et songé sur l’excellent Voyage d’hiver (2013) et nostalgique avec Coma (2016) des Goules dans les dernières années, ici, il ne peut plus se tromper sur l’identité du chanteur. C’est à un auteur conscient, incisif et qui touche la cible à tout coup qu’il a affaire sur Bonsoir Shérif. Et ça donne des petits miracles de musique, comme la violente Congo ou la très pop Poupée.

Queens of the Breakers – The Barr Brothers

Étiquette : Secret City Records

Après un premier album à tout casser et un second plus beige et destiné à la FM, le désormais trio montréalais a décidé de conjuguer les sons disparates de leur deux précédentes sorties sur Queens of the Breakers. Le résultat? Une indie-pop soignée, alliant des riffs de guitare très « rock canadien » dans l’essence, autant qu’une sensibilité folk et aérienne bien pensée.

C’est d’ailleurs étrangement cette disparité qui fait le succès de Queens of the Breakers. On y retrouve une belle variété sonore qui rythme bien l’album en soit. Reste que l’album n’est peut être pas aussi grand public, mais gageons que des pièces comme Kompromat sauront tout de même se trouver une place sur les ondes radiophoniques plus spécialisées.

Tenderness – Blue Hawaii

Étiquette : Arbutus Records

On s’ennuyait de Blue Hawaii! Le duo montréalais, qui avait lancé son premier album Untogether en 2013 et un surprenant single avec Chance the Rapper et Brian Fresco l’an dernier, est enfin revenu avec une sortie aux désormais inévitables influences plus 80’s et funky. Délaissant quelque peu la pop sensible et recherchée, la formation alliant les talents de Raphaelle Standell-Preston (Braids) et Alex Kerby (Agor) s’en va directement dans l’électro dansante à souhait.

Si le groupe semble toutefois se chercher un peu sur quelques chansons, il n’en reste pas moins qu’il a su nous écrire de gros hits. Difficile en effet de ne pas se déhancher sur les incroyables lignes de synthé de Versus Game, ou sur la nu-disco que l’on retrouve sur No One Like You, premier single de l’album. Une sortie qui réussit presque à nous faire oublier l’arrivée imminente de l’hiver.

God – Jay Scott

Étiquette : Indépendante

Probable que vous ne connaissiez pas encore le nom de Jay Scott, mais ça ne saurait tarder. Le jeune rappeur et producteur s’est fait découvrir par les médias indépendants dans les dernières années notamment grâce à Stockholm (2016), son projet conjoint avec Smitty Baccalley. Toutefois, il revient ici en solo, encore plus fort.

Faussement fendant, résolument jeune et souvent railleur, God propose un son trap rempli d’autotune, encore assez peu exploité chez nous, alors qu’il fait la loi et l’ordre aux États-Unis depuis quelques années avec d’aussi grands représentants que Migos, Young Thug et Kendrick Lamar. Si Jay Scott n’est pas encore du même calibre que ces derniers artistes, reste que cette nouvelle parution pourrait lui promettre un certain succès à l’extérieur de nos frontières nationales, même avec des paroles francophones.

Une Année record – Loud

Étiquette : Joy Ride

Nouvelle star du rapkeb et récemment signé en Europe, Loud sera certainement sur toutes les lèvres dans les prochains mois. Alors que 2017 était jusqu’à maintenant l’année Alaclair Ensemble, gagnants du prix de l’Album hip-hop de l’année à l’ADISQ et menant les nominations au GAMIQ, Une Année record marque clairement un tournant. Le rapkeb s’est aujourd’hui quelque peu américanisé et a repris un son plus pop dans sa musique, mais sans jamais se détourner de paroles bien d’ici.

Loud parle avec justesse de l’industrie de la musique et de sa propre carrière, que ce soit en solo ou avec Loud Lary Ajust, sur ce premier long-jeu. Écorchant au passage d’autres rappeurs, le Montréalais accueille tout de même sur sa pièce On My Life ses amis Larry Kidd et 20some (Dead Obies). Le tout dans un ensemble de pièces décomplexées et variées à souhait. Clairement un des albums de l’année au Québec!

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