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Les 7 pires comportements des parents selon les médecins et infirmières

Les 7 pires comportements des parents selon les médecins et infirmières

Sont-ils tannés de nous voir?

Par
Arianne Maynard-Turcotte
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Devenir parent, c’est apprendre à découvrir un nouveau mini être humain… et l’existence de plein de nouvelles maladies. Pour cette raison, on visite très (trop) souvent divers professionnels de la santé.

Mais eux, que pensent-ils des parents? Est-ce qu’eux aussi nous voient trop souvent à leur goût? Quels comportement des parents les exaspère? On leur a demandé.

Ne pas aider

Ève* est infirmière clinicienne en périnatalité et petite enfance, elle a pratiqué 5 ans à l’urgence et assure maintenant les suivis à domicile en post-natal. Pour elle, le plus fâchant, c’est quand les parents ne l’aident pas. « Si j’ai besoin de prendre la température rectale d’un bébé qui pleure et que les parents restent loin et ne m’aident même pas à le déshabiller ou à le réconforter, j’ai ben de la misère avec ça. »

« Je comprends que les parents sont stressés, mais le bébé ne me connaît pas, il a besoin de ses parents pour être en confiance. »

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Idem pour Julien, médecin à l’urgence : « Ça m’exaspère, quand les parents ne tiennent pas leurs jeunes enfants pour examiner leurs oreilles ou me disent : “Ahhh on peut-tu le faire plus tard? Il aime pas ça!” Comme si on allait attendre qu’un enfant de 2 ans et demi nous dise qu’il a envie de se faire examiner les oreilles! »

Mentir

Lors des suivis à domicile, Ève remarque que plusieurs parents lui mentent, ou du moins essaient de dissimuler la vérité, souvent par rapport à l’allaitement : « Quand une maman me dit qu’elle allaite et qu’elle fait du tire-allaitement, mais que je ne vois aucun tire-lait ou embouts près du lavabo, et que le bébé n’est jamais au sein quand je viens, je déduis bien que c’est pas vrai. Ultimement, je m’en fous qu’elles allaitent ou pas, je veux juste les aider. »

Cette incapacité à aider les jeunes mères est ce qui la fâche le plus : elle n’est pas là pour faire un rapport, elle est là pour les accompagner dans leurs choix. Avec le temps, Ève a finalement réalisé que cette méfiance était due à une mauvaise conception de son travail et de l’allaitement en général : « Les clientèles plus vulnérables ont peur de la DPJ et ont parfois l’impression que de ne pas allaiter font d’elles de mauvaises mères, mais pas du tout! On ne peut pas leur en vouloir, mais j’aurais pu les aider avec la formule et le biberon si j’avais su, ça me rend triste. »

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La pression sociale du travail

Annie a été médecin de famille durant plus de 30 ans, elle a pratiqué autant à l’urgence, en clinique qu’en pédiatrie. Pour elle, ce ne sont pas les parents le problème, mais la société et le système : « Quand le parent arrive et que ça lui prend de l’onguent pour la conjonctive parce que la garderie ne le reprendra pas… Ça me fâche. Médicalement, l’enfant n’a pas besoin d’antibiotiques. Selon la bonne pratique, il faudrait juste attendre. Mais la garderie demande de l’onguent et le parent doit retourner travailler. »

« C’est frustrant parce que ma pratique n’est plus pour le bien de l’enfant, mais pour que le parent retourne travailler. »

Même son de cloche pour Andrew, médecin lui aussi : « Les rendez-vous sont tellement difficiles à avoir que les gens prennent ce qu’il y a. Ils vont venir le dimanche en me disant : “Peux-tu me donner de l’antibiotique au cas où il est malade cette semaine”, mais on est dimanche et il n’est pas malade… Si tu viens le dimanche, on perd tous les deux notre temps. Si tu viens mardi, oui tu manques du travail, mais tu as l’antibio parce que LÀ il est malade. »

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Les déconnectés

Quand Ève fait des visites à domicile, ça lui sonne aussi des cloches quand c’est trop beau pour être vrai : « Si j’arrive et que je me fais offrir un café, que la maison est spick and span, mais que le bébé de 3 jours est seul dans sa chambre au 2e étage habillé comme une carte de mode, mais zéro en fonction de la température de la maison… ÇA, ça me dérange. »

Son constat, c’est que beaucoup de parents, selon elle souvent les plus nantis, manquent d’instinct.

Ils lisent des livres sur le sommeil, ont toutes les chaises vibrantes existantes et gogosses pour stimuler leur bébé, mais ils ne réalisent pas qu’à 3 jours, un bébé ça a besoin d’être collé sur ses parents, pas d’apprendre à dormir dans son landau.

Exiger

En 30 ans de pratique, Annie a constaté une récurrence qui la dérange au plus haut point : « Chaque année, j’ai toujours au moins un ou deux parents qui m’amènent leur enfant au mois de mai parce qu’il s’est fait mettre dehors du service de garde et qu’il va couler son année. Ils veulent une évaluation en neuropsy là, là ou une prescription pour un TDAH. Sauf que souvent, ça fait 3, 4 ans que je leur dit que ça prendrait une évaluation en neuropsy, mais ils trouvent ça trop long et trop cher… C’est plate, mais rendu au mois de mai, il est trop tard. »

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Pour Pierre, médecin à l’urgence, les pires sont ceux qui exigent des médicaments… qui ne traitent pas la bonne chose : « Des parents qui exigent des antibiotiques pour une IVRS, c’est une frustration quotidienne. » IVRS = infection des voies respiratoires supérieures = virus = rhume = les antibiotiques servent à rien (ils combattent les bactéries, pas les virus)!

Quand il manque des bouts d’histoire

« Le lundi soir, c’est le soir des enfants en garde partagée : un des deux parents vient parce l’autre a laissé traîner… »

Elle ajoute : « Et les jours de semaine, les enfants malades viennent avec leurs grands-parents parce que les parents travaillent. Mamie ou papi a 30 % de l’histoire et ils te demandent d’appeler la mère pendant qu’elle travaille. C’est tellement long! Tout le monde perd son temps. »

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Le beau côté des choses

Plusieurs des professionnels interviewés ont tout de même tenu à préciser que ces cas sont des exceptions. Qu’ils sont là pour aider et que ça leur fait plaisir de le faire, peu importe.

Annie résume bien la nature hautement empathique de tous les professionnels à qui on a parlé : « La pédiatrie, c’est le beau côté de la nature humaine. Les parents ne sont pas tous capables de donner le meilleur à leurs enfants, mais ils essaient. Après 30 ans de pédiatrie, je peux affirmer que 99,5 % des parents font tout ce qu’ils peuvent pour leurs enfants, peu importe leur situation et leurs capacités. On ne peut pas être irrités par ça. »

*Tous les noms des professionnels ont été modifiés pour conserver leur anonymat et celui de leurs patients.

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