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On vous avait déjà parlé de l’angoisse du dimanche soir. Vous savez, quand vous pensez au travail qui vous attend le lundi matin et que ça vous donne une crise d’angoisse.
C’est un autre aspect de ce phénomène que je souhaite aborder ici. Quand le stress de la semaine à venir nous pousse à prendre quelques heures sur notre dernière journée de repos pour travailler.
Personnellement, je l’ai beaucoup fait. Au fur et à mesure de mon dimanche, je m’écroulais petit à petit devant le poids des responsabilités de la semaine à venir. «Rolala, il faut que je rende ça dès le lundi soir, sauf qu’avant il faudrait que je fasse mes recherches pour ce dossier-là sinon mardi je vais être dans le rush, puis il y a ce mec que je dois appeler absolument…» Sans rire, on aurait dit le lapin dans Alice qui est toujours en retard.
J’ai réussi à modérer, yeah! Et dans ce processus de sevrage, j’ai réalisé pourquoi cette manie devient nuisible à la longue.
J’en ai discuté avec une collègue qui le fait de temps en temps et nos explications sont plus ou moins les mêmes: on est moins efficace le vendredi donc on ne finalise pas tout ce qu’on aurait aimé terminer et ensuite on veut s’assurer d’avoir un lundi agréable.
La solution: travailler le dimanche, quand on est reposé et qu’on peut avancer quelques trucs.
La raison principale c’est d’arriver à se libérer du stress du dimanche en accomplissant quelques tâches qui nous feront bien commencer la semaine. Comme elle le précise, ça ne se produit que pendant les périodes de pointe au boulot, «je pense que ça reste à la limite du sain», affirme-t-elle.
À petite dose, on se dit que c’est OK. Si on doit terminer le dossier le plus important du semestre ou s’assurer qu’on est prêt pour la grosse présentation de l’année, on se dit que ce n’est qu’une exception. Ce n’est pas différent de réviser la veille d’un examen en tant qu’étudiant.
Mais quand ça devient systématique, c’est là que c’est problématique.
Si on a droit à notre week-end, c’est qu’on a bossé les cinq jours précédents. On a donné de notre temps, de notre énergie, de notre sueur ou de notre matière grise pour faire avancer la boite dans laquelle on travaille.
À partir du moment où on a fait ça, on mérite nos deux jours de repos. La raison est simple, c’est pour recharger nos batteries et se soumettre au même exercice la semaine suivante. Cette courte pause est nécessaire afin de ne pas se submerger mentalement et physiquement.
Sans trop de difficulté, on trouve des études qui indiquent que prendre un break améliore la productivité et la créativité. À l’inverse, grignoter sur nos jours de repos peut entraîner du stress et de l’épuisement.
C’est sans doute le meilleur argument que l’on peut donner, le plus parlant. Pourtant c’est celui qu’on a tendance à oublier.
On travaille pour un salaire, chaque minute de notre temps dévoué à l’avancement d’une entreprise doit être récompensée. Faut le voir un peu comme si on est pigiste, ça ne ferait pas de sens de se dire qu’on va travailler quelques heures sur un projet sans avoir l’intention de les facturer.
L’idée est la même si on est employé. Essayez d’aller réclamer à votre patron une rémunération pour les trois heures que vous avez pris sur votre dimanche. Après vous avoir dit «non», il demandera surement pourquoi vous avez travaillé le week-end.
Si ce travail supplémentaire de fin de semaine devient récurrent, on peut commencer à se poser une question: pourquoi n’ai-je pas pu le faire avant? Deux réponses possibles.
Si par contre vous avez trop de travail sur les épaules et malgré toutes les techniques du monde vous n’arrivez pas à tout accomplir en une semaine de cinq jours, là c’est différent. La solution est d’aller en parler à son supérieur et de revoir la répartition des tâches dans votre équipe.
Clairement, si on loupe régulièrement des activités du dimanche après-midi avec ses amis ou sa copine à cause du travail, on va commencer à en avoir gros sur la patate.
Seul devant son écran à penser à nos amis qui s’amusent, on rumine nerveusement en pestant contre son patron ou ses collègues qui deviennent les responsables de notre misère. Puis les répercussions se font rapidement sentir, sur notre motivation du lundi par exemple. On peut aisément se dire: «Pourquoi je travaillerais fort aujourd’hui? J’ai déjà bossé dimanche après-midi».
C’est louable de vouloir commencer avec sérénité la semaine, ou de donner un peu d’extra time pour finir un projet, mais ça ne doit pas se faire au détriment de la santé mentale et du bien-être. Si l’on se retrouve devant cette tentation d’entamer des heures supplémentaires en fin de semaine, il faut se remémorer l’adage: tout travail mérite salaire.
Je me suis mal organisé et il y a surement différentes choses que je peux améliorer dans ma façon de travailler. On peut toujours améliorer ses processus ou sa concentration pour être plus productif. J’ai récemment découvert la technique Pomodoro, un outil de discipline incroyable. Pendant 25 minutes (aussi appelé tomate), on se concentre sur une activité. Après une tomate, on s’accorde un break de 3 à 5 minutes, et après quatre tomates on prend une pause plus longue de 15 minutes.