Le retour de la peur

Incroyable, mais vrai! Près d’une semaine depuis le coup d’envoi d’ « Occupons Montréal», les occupants bravent toujours un temps grisâtre, une série de défaites du Canadien et les auditions de Star Académie pour tenir le fort au Square Victoria. Pendant ce temps, leurs frères d’armes tiennent le fort au Zuccoti Park de New York depuis plus d’un mois. Bref, je suis agréablement surpris!

Nombre de chroniqueurs, dont moi, la semaine dernière sur ce blogue, ont déjà souligné le fait que ce mouvement nord-américain combine tellement de messages politiques que l’écho de ceux-ci est complètement cacophonique. Plusieurs sites soulignent aussi à gros traits les clichés habituels : l’effigie du Che d’un côté, la citation galvaudée de Gandhi par-là, les masques de Guy Fawkes popularisés par la BD, puis le film « V For Vendetta » ainsi que le collectif Anonymous, etc.

Mais le point sur lequel on s’éternise moins, c’est sur les microsociétés qui se sont formées autant à New York qu’à Montréal (pour ne prendre que ces exemples).

Alors que certains villages de Gaspésie n’ont toujours pas accès à la haute vitesse, les deux sites d’occupants sont branchés sur le wi-fi.  De plus, les deux campements sont plus propres que la plupart des sites de festivals du Québec après le clou de la soirée. Et puis, en connaissez-vous beaucoup des mouvements de masse québécois avec lequel le SPVM sympathise (du moins, pour le moment) et qui réunissent autant des étudiants un peu rêveurs que des travailleurs un peu tannés en plus de David Suzuki et Christian Bégin!?

Loin de moi l’idée de tenter de convaincre les sceptiques ou d’élever les résistants au titre de héros de la démocratie ou un cossin du genre, mais, pour l’amour du ciel, peut-on nuancer nos réactions? Pour un mouvement qualifié comme étant « gaugauche » ou « immature » et qui est regardé de haut par plusieurs élites (et des zozos sur le Web), la vague « Occupy » provoque de « drôles » de réactions. Est-ce que les indignés feraient finalement peur à certaines instances?

Parmi la ribambelle d’exemples qui me viennent en tête, prenons les réactions du billet « Le top 15 des préjugés qu’on a sur les indignés! » de La Clique du Plateau. Bien que la ficelle était grosse comme un câble de bateau, plusieurs des commentaires retrouvés à la suite du billet pourraient provoquer un malaise incroyable lors d’un souper entre amis lorsque mentionnés à voix haute. Ce qui a commencé par une liste de clichés plus ou moins comiques s’est rapidement transformé en véritable chasse aux sorcières.

Ainsi, on reproche autant aux « occupants » d’avoir des tentes de qualité (c’est un fait connu, les habitués de La Cordée ne pensent qu’à une chose : grimper) que d’être des sans-abris (autre vérité absolue : si t’as pas de logis, t’as pas d’opinion).

La palme revient toutefois à un certain « Stéphane – la Clique de Normétal »…

Braaaaaaaaaaaaaaaaaaavo champion!

Aux États-Unis, ce mouvement « ridicule » et « inoffensif » aura aussi poussé un jeune adulte aussi brillant que responsable à s’envoyer une bouteille de champagne de 260$, seul et « live » sur YouTube. Pourquoi? Parce qu’il pouvait se le permettre, parce qu’ « Occupy Wall Street », c’est « genre, full con ». Parce que, bon!

De retour chez nous, M. Charest se déniaise finalement et lance une commission tellement mollassonne qu’elle chatouillera à peine les fondations en béton armé du monde de la construction.

Après ça, on reproche aux « BS » et aux « hippies du Cégep du Vieux-Montréal » d’occuper l’espace public pour exprimer leur grogne.

ÇA c’est « genre, full con »…

P.-S. Le titre du billet provient d’une vieille toune des Doves que je me claquais en boucle en rédigeant le billet. Si ça vous dit de l’écouter…

La reprise de Lil’ Wayne est pas pire itou…

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