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URBANIA et le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec s’allient pour vous donner le goût de l’aventure du repreneuriat.
Reprendre l’entreprise familiale, ça demande « un peu de folie et d’inconscience, beaucoup de jus de bras, de tête et de cœur. » C’est aussi une belle aventure que ne regrette aucunement Catherine Monna, de Cassis Monna & Filles. C’est en 2017 qu’elle et sa sœur, Anne, ont officiellement racheté les parts de leur père pour devenir la cinquième génération de liquoristes de la famille Monna.
Le processus de reprise est long, mais Catherine a su y trouver l’équilibre entre performance, vie familiale et liberté personnelle. Pour elle, brasser des affaires en famille, c’est parfois un peu plus compliqué, mais c’est aussi un chemin d’une richesse inégalée qu’on peut choisir de suivre par passion.
Il s’agit d’une source de fierté pour Catherine Monna : « C’est encore rare de voir des femmes reprendre le flambeau d’entreprises agricoles. Des “et filles”, on en voit encore peu, dans le monde. » Elle espère que son expérience poussera plus de femmes à faire comme elle et à se lancer dans le repreneuriat.
«Mon père voulait passer à autre chose, mais Cassis Monna, c’était aussi son bébé. Les choses ont dû se faire graduellement.»
À l’époque, Cassis Monna était encore une petite entreprise, active surtout l’été, pendant la saison touristique. Bien qu’elle ne prévoyait pas la reprendre, Catherine savait qu’elle voulait être entrepreneuse. L’expansion est donc rapidement devenue son objectif.
Cela dit, lorsqu’on reprend une entreprise existante, les choses se font parfois un peu plus lentement que ce qu’on souhaiterait. « Mon père voulait passer à autre chose, mais Cassis Monna, c’était aussi son bébé. Les choses ont dû se faire graduellement. »
Habitées d’un grand enthousiasme dès le début, Catherine et Anne étaient pressées de changer beaucoup de choses. Elles ont été surprises de devoir se concentrer d’abord sur la base très concrète de la culture du cassis. « L’entreprise se charge de toutes les étapes de fabrication, du fruit jusqu’au produit final. Les premières années d’apprentissage ont été exigeantes », se rappelle Catherine Monna.
Elle se remémore la première année de la reprise comme une sorte de transe surréaliste : « On n’avait pas encore nos repères à l’époque, donc il y a eu beaucoup d’improvisation! On voulait tout faire tout de suite, et il nous est arrivé de nous retrouver à nettoyer les fruits à deux heures du matin, entourées de papillons de nuit! »
«Une entreprise familiale, c’est tellement plus qu’une question de profits.»
Elle explique ce succès par l’aide qu’elle et sa sœur sont allées chercher dès leurs débuts : « Une entreprise familiale, c’est tellement plus qu’une question de profits. Tout le monde autour de toi finit par être impliqué, donc c’est important de faire appel à un œil extérieur pour prendre des décisions éclairées. »
La conciliation travail-famille est un défi particulier lorsque le travail, c’est aussi la famille. Les sœurs Monna l’ont d’abord appris à la dure. « J’avais peur que ma relation avec ma sœur se dégrade, nous confie Catherine, mais rapidement, on s’est donné des moments en famille où on ne parle pas business. Ça évite des conversations qui dégénèrent à l’apéro! »
Contentes de leur partenariat, Catherine et Anne Monna ont décidé de se lancer dans un nouveau projet ensemble en faisant l’acquisition d’une autre entreprise de l’île d’Orléans, La Boulange. « C’était un de nos endroits préférés sur l’île. C’est un projet juste pour nous deux, qui est complètement différent du cassis. C’est excitant, mais un peu effrayant! »
«Même en grandissant, jamais on n’a eu à sacrifier ce qui nous tient à cœur.»
Quant à leur père, il habite toujours sur la terre de l’entreprise – ce qui s’accompagne de quelques commentaires, raconte Catherine : « Ça lui arrive de venir regarder ce qu’on fait et dire que lui, il ne ferait pas comme ci ou comme ça. C’est normal. » Elle peut néanmoins voir que ce dernier est fier de voir son entreprise devenir une référence de l’agrotourisme, renouvelée sous la gouverne de ses filles.
Malgré le travail d’équilibriste entre l’entreprise et la famille, Catherine Monna s’estime chanceuse de s’inscrire dans une longue tradition de liquoristes : « On fait partie d’une chaîne qui s’étend sur des générations et, dans tout ça, on est restées authentiques. Même en grandissant, jamais on n’a eu à sacrifier ce qui nous tient à cœur. »
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Rien ne destinait Catherine Monna à prendre la relève de l’entreprise familiale. Étudiante en photo, elle pensait que ce serait son frère qui reprendrait un jour les rênes de Cassis Monna. Leur père, Bernard, avait quitté le sud de la France pour s’installer sur l’île d’Orléans, dont le climat se prête très bien à la culture du petit fruit. « Finalement, ça ne s’est pas passé comme ça. Après mes études, en 2002, j’ai ouvert un coin resto dans l’établissement. C’est des années plus tard que notre père nous a proposé, à ma sœur et à moi, de reprendre l’entreprise », raconte-t-elle.
Le repreneuriat, entre autres avantages, permet de se lancer sur une base solide et sans trop de dettes. Dans le cas de la famille Monna, cet avantage s’est accompagné de nombreuses et longues discussions sur la direction future de l’entreprise : « Il pouvait arriver que le ton monte, avoue Catherine, mais après, on se prenait dans nos bras et il n’y avait pas de rancœur. » Une expérience qui rappelle bien des conversations en famille, même lorsqu’on ne se lance pas en affaires avec elle!
Au fil du temps, les deux sœurs ont réussi à mettre ces tâches à leur main de façon à pouvoir se concentrer sur l’expansion. Cassis Monna & Filles emploie maintenant une soixantaine de personnes durant la haute saison et une quinzaine à l’année. « Il y a cinq ans, on comptait les employé.e.s sur les doigts d’une main. Il y a 10 ans, on n’avait tout simplement personne l’hiver », compare Catherine Monna, qui s’occupe principalement du volet production et administration de l’entreprise.
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