Le prix de la fidélité

Les compagnies de téléphones cellulaires nous font payer cher notre fidélité.

Pour séduire un nouveau client, ces entreprises tentaculaires sont prêtes à toutes les bassesses. Elles se donnent sans compter, livrent leurs plus beaux appareils pour trois fois rien, baissent leurs tarifs, donnent des boîtes vocales à la pelle (hou hou hou le jeu de mot), prostituent leurs forfaits, bradent leurs accessoires, distribuent leurs applications comme des bonbons un soir d’Halloween et, surtout, multiplient les options comme autant d’hameçons pour ferrer le poisson pour lequel elles nous prennent.

Mais pour conserver leurs fidèles clients? Niet, rien, nada, nothing. Pas le soupçon d’un moindre geste d’affection. Ni cadeau, ni mots doux, ni remerciements pour toutes ses années passées à débourser chaque mois le prix fort de la loyauté. Allez vous faire voir ailleurs si vous n’êtes pas contents et n’oubliez pas de payer la pénalité de votre rupture.

Bell, Rogers, Fido et consorts, sont toutes pareilles. Ces compagnies n’en veulent qu’à votre argent. Elles n’en ont rien à faire de votre fidélité. Que vous dépensiez près de mille dollars par an depuis plus de dix ans, ça ne leur fait pas l’ombre d’un pli ni même le début d’un œil reconnaissant.

Autrefois, les commerçants se battaient pour gagner la fidélité de leurs clients. Ils les chouchoutaient, ils les câlinaient, ils leurs offraient des rabais, ils leurs donnaient des cadeaux bonus pour les fêtes. Maintenant, c’est «Awêye, signe le contrat de mariage, pis après ne compte plus sur moi pour te faire des avances».

À ce prix-là, pas étonnant qu’on divorce de nos compagnies de téléphones comme on rompt avec une variété de céréales, qu’on plaque une célèbre marque de dentifrice ou qu’on relègue une sorte de bière aux oubliettes.

Si nous sommes devenus des consommateurs volages, c’est bien à cause des compagnies voleuses.

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