Le Noël de l’enfant cheap

Les filles ne rient jamais croient qu’il est important de conserver son coeur d’enfant, surtout à une époque où la féérie du temps des Fêtes dure en moyenne 27 minutes, soit le temps requis pour trouver un parking au centre commercial. Pour cette raison, nous vous avons préparé un savoureux conte de Noël. 

Alors que la neige tombait à sa fenêtre, un p’tit enfant joufflu regardait les étoiles en attendant avec impatience l’arrivée de son cadeau tant espéré. Pour augmenter ses chances de l’obtenir, il en avait fait mention dans une lettre envoyée directement au pays dont le code postal est le HOH OHO.  Il rêvait à cet endroit mythique où tout est magique. Il s’imaginait un monde irréel où la réalité côtoie le fantastique.

Pendant ce temps, à l’usine du Père Noël, les lutins sur la coke achevaient d’emballer les derniers cadeaux et Mère Noël, AKA Denise Bombardier, était en feu sur la dactylo pour terminer ses trop intenses cartes de Noël:

Songe trompeur d’une nuit étoilée.
Malgré les ripostes de ton foie face à la dinde, 
puisse la chair de cet animal te combler de bonheur…

La production de l’usine allait bon train. Le VP, lutin Harper, avait fait installer un amplificateur de GES pour assouvir son fétichisme malsain de la fumée noire. À l’extrémité du bâtiment, dans la piscine de lait, nageait avec ses Swim-Aid, le bonhomme en pain d’épices Gaétan Barette : le biscuit avec des gros os et un problème de glande thyroïde. L’ambiance était à la fête! La chorale de pingouins avec Jim Corcoran comme lead singer chantait Shake it off et les rênes buvaient des shots de Caribou en se distrayant sur Tinder.

Papa Noël, pas loin du burnout, était à la fois fébrile et craintif. Évidemment, cette journée de l’année lui procurait un sentiment de devoir accompli, mais il espérait surtout ne pas encore tomber sur des osties de biscuits sans gluten accompagnés d’un verre de lait d’amande tiède. Heureusement, il avait dans son sac plusieurs albums de Noël de Marc Hervieux pour se venger.

Quelques minutes avant le départ officiel, la porte de l’usine s’ouvrit violemment pour laisser entrer un vent magique où virevolta au-dessus de la mêlée une enveloppe brune. À l’intérieur s’y trouvait une lettre écrite d’une main malhabile où l’on pouvait lire:

Aucune signature, aucune adresse de retour. Mais qui pouvait donc demander une chose aussi plate et singulière qu’une province en bonne santé financière?

« Que Diable vais-je offrir à cet enfant qui a visiblement été allaité en public lors de ses premiers mois d’existence? », se demanda le Père Noël.

Il eut un éclair de génie. Il se souvint qu’il avait, cachée sous une tonne d’objets scrap, une calculatrice magique dont la somme était toujours égale à 0. D’ailleurs, cette même calculatrice lui avait sauvé la peau lors de son premier divorce avec Michèle Richard: Miss fée des glaces 1973.

Challengé plus que jamais et déterminé à trouver l’auteur mystère, il décida de modifier sa run de bébelles, puis sauta dans son traîneau hybride. Fin renard, il se dit que tous les moyens étaient bons pour le retrouver.  Il décida donc de publier une annonce sur Kijiji et de la mettre sur Instagram avec un hashtag de désespoir.

Le seul indice qu’il avait sous la main était le logo du parti Libéral qui apparaissait sur le coin droit de l’enveloppe. Il confia donc la mission à son ami elfe Claude Poirier, un enquêteur freelance avec des difficultés d’allocution. L’elfe à l’haleine de cigarette ne mit pas beaucoup de temps avant de le retrouver grâce à sa boîte vocale féérique. Tout portait à croire que le propriétaire de la petite main qui avait écrit cette lettre se trouvait au Parlement de Québec. Tous deux s’y rendirent.

Arrivés sur place, quelle ne fut pas leur surprise de tomber face à face avec le p’tit Couillard. Celui qui, l’année auparavant, avait tenté d’abolir les festivités du temps des Fêtes sous prétexte que les napkins étaient trop chers. Décidé à repartir en 5e vitesse et à laisser l’enfant ingrat pantois, Père Noël se souvint que tous les enfants de la Terre méritaient un cadeau le 24 décembre, même un gamin dont le mot préféré était « austérité ». Il plongea la main dans son sac, écarta la calculatrice du revers de la main et en ressortit un DVD de l’Auberge du chien noir.

La seule chose qui sortit de la bouche du p’tit Couillard fut :« C’est pas ça que je voulais, gros épais! Je te gage que la petite Lily Thibault va avoir ce qu’elle voulait, elle : 700 000$ de permanentes chez la kéffeuse! »

MORALE DE L’HISTOIRE:

Le Père Noël n’aime pas beaucoup les biscuits sans gluten.

Pour oublier ton relevé de carte de crédit et continuer à vivre dans le déni: notre page Facebook!

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up