Le monde selon J : Ma première journée de boys

Aujourd’hui j’ai passé ma première journée entre boys ; une journée de bière froide, de soleil parfait, de baignade dans la rivière avec un gros golden retriever et de rides de 4 roues en chest à manger de la mouche à chevreuils parce qu’on roule en malade dans les trails.

Une journée parfaite à Saint-Jean-des-Piles, un petit village à côté de Shawinigan, lieu de naissance de notre chère bouche croche nommée Jean Chrétien. Moi, jeune homo urbain, semi-bobo, constamment en gougounes, rushant à l’idée de défaire ses cheveux en Bixi et détestant tout ce qui rappelle le mâle alpha ou ce qui s’apparente à un textile conçu pour le plein air, je le dis : J’ai aimé ça. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été constamment entouré de filles, préférant de loin leur présence à celle des garçons. Ceci a tôt fait de me rendre assez mal à l’aise avec une gang de gars, ne sachant jamais quoi dire et comment le dire et ne comprenant aucunement leurs insides de hockey ni leur name-dropping de marques de scies sauteuses en vente chez Rona. J’ai toujours perçu les gars hétéros, ces mâles alphas, comme un miroir de ce cette testostérone qui m’échappe, de cet amour pour les vraies affaires de gars qui est fondamentalement absent chez moi. Non pas que je sois hyper-féminin ou que je trippe seulement sur le département des sacoches chez la Baie, mais simplement que je n’ai jamais senti que j’avais une place dans ce microcosme unique, hermétique et fascinant. La journée à débuté avec une ascension de la montagne en 4 roues.  Je n’avais jamais fait de randonnée en VTT mais je peux vous confirmer que c’est l’invention humaine la moins eco-friendly après peut-être la glue à 2 piasses dans les machines de cantines. Ça fait tellement de bruit que je suis convaincu que les ours ont saignés des tympans, que l’on a consommé l’équivalent de gaz Montréal-Nunavut et détruit sur notre passage toute forme de végétation, comprenant les espèces protégées. Évidemment je ne conduisais pas, préférant être bien calé derrière mon chauffeur survolté, accroché à ses hanches d’homme des bois. J’ai donc eu la chance de semi-revivre la ride en moto de Kim Kardashian et de Kanye West bien lové sur le dos d’un adonis d’ébène ruisselant de sueur. Fuck l’écologie, mon fantasme homo-érotique à la Brokeback Mountain prime sur la faune et la flore de la Mauricie. S’ensuit ensuite la bataille la plus importante de ma vie, celle de survivre à l’attaque sans merci des t*abarna*s de mouches à chevreuils, des maringouins en plein jour, des brûlots pis de la pseudo-mouche que personne ne pouvait nommer mais qui tentait de pondre ses œufs dans mes narines à chaque 2 secondes.  Honnêtement, brûler en enfer doit être plus agréable. De plus, comment savoir que de me laver les cheveux au shampoing Kérastase spécial menthol, de me peigner avec ma pommade à la pomme verte et de me « sprayer » le toupet au fixatif, le tout couronné de 2 « spoutchs » de Yves St –Laurent dans le cou allait devenir un vrai aphrodisiaque/buffet chinois pour l’industrie de la bébitte ? Avoir su, j’aurais bin resté sul’ Plateau à regarder un diaporama de la Mauricie sur Google images car there’s no way que je passe 12 heures avec 5 gars en shape et en chest les cheveux pas faits. La nature, c’est vraiment overrated. Après la balade en ponton qui donne un avant-goût de la retraite, une baignade dans la rivière à 59 qui m’a cryogénisé les testicules et une tentative d’attrapage de grenouille,  c’est le temps de souper. C’est fascinant de voir à quel point l’homme moderne réussit en 22 secondes devant un BBQ au charbon, des steaks marinés pis des papillotes de patates, à se transformer en homo sapiens du paléolithique, squirtant devant leur morceau de viande juteux et saignant. Ce moment unique doit rappeler inconsciemment à la biologie la guerre du feu et la chasse au mammouth en pleine ère glacière.  Moi qui préfère la poitrine de poulet Santé Fe grillée à l’instar du T-Bone sanguinolant, je me suis laissé charmer par l’excitation collective devant ce bœuf encore bleu. J’ai savouré ce delicatessen préhistorique à pleines dents, le menton beurré à force de gruger l’os. Le steak est assurément pour les gars, l’équivalent de l’hostie à la messe, un moment de communion, d’unité et de plaisir primal qui franchement,  est beau a voir, réconfortant et nous réconcilie avec la vie. Je vous jure, je suis sur le point de m’acheter un rack de côtes levées, des rondelles d’oignons, un chandail du Canadien pis une casquette avec un support à canettes pour être un des leurs tant j’ai trippé. Voici un vidéo de moi, brûlé par tant de testostérone au pied carré, qui décide de  faire un power nap sur le bord du quai. Mais ce qui devait se produire arriva,  les boys ont décidés, comme lorsque l’on a 12 ans pis la morve au nez en sortant de la piscine, de faire 3 bombes dans l’eau à 3 pouces de ma face. Car dans la tête d’une gang de bro’s, c’est assurément une idée de génie de fucker ma mise en plis pendant que je dors. C’est aussi au cours de cette journée remplie de rires, de confessions et d’anecdotes de cul croustillantes que j’ai réalisé la beauté, l’ouverture et la sensibilité de nos hommes. Contrairement aux filles, ils n’ont pas peur du silence. C’est une bière à la main en regardant le feu ou la rivière qu’ils se comprennent sans le moindre mot,   dans un silence rempli de respect, de compréhension et de reconnaissance. J’ai réalisé qu’avec les gars, on ne se prend pas la tête sans toutefois oublier qu’on en a une et on ne se projette pas dans des années lumières futures, préférant le ici, là , maintenant. Je suis revenu en ville, avec un coup de soleil, 3 vertèbres écrasées à cause du 4 roues, des piqûres de mouches à feu sur 98% de mon corps, une haleine d’ail à cause du tzatziki avec les patates en papillotes et de la vase qui pue entre les orteils, mais ô combien heureux car j’ai réalisé que tout ce temps j’ai eu peur pour rien, car ma place avec les boys elle est là, elle attendait juste que la prenne. J.

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