Les odeurs sur le dancefloor

Je suis sorti hier avec mon amie Marie-Christine. On avait envie de danser, mais pas  agglutinés sur une piste de danse trop peuplée. Juste danser, boire et s’amuser. Ce qu’on a fait.

Arrivés sur place, on se prend nos deux bières et on s’installe à l’extrémité du long bar en U, un peu pour avoir la sainte paix. On sirote notre bière et c’est à ce moment là qu’une immense « draft » provenant des toilettes situées à 15 pieds du bar fait surface.  Une « draft » du type : Je suis allé dans un apportez votre vin, j’ai bu comme un trou et mangé trop de friture.

J’entends déjà les haters crier : Il parle encore de marde, pis de fluides, pis de pets, pis de…  A ce je réponds : bin oui.

En plein tsunami fécal, on décide donc de changer de place sans toutefois arrêter de sacrer sur à quel point on est « à boutte » de sortir, pis de sentir les odeurs du monde. On a donc, moi et M-C, fait un top 3 des odeurs les plus répandues sur nos dancefloors. Le voici :

En première position : Le swing aux oignons chauds

Cette odeur est à mon avis la plus répandue sur les planchers de danse. Très populaire dans les bars où y a bin des français habillés un peu trop propres et qui se la cuisent dans leur veston et chemise en polyester, cette fragrance sournoise surprend brutalement dès qu’elle nous perfore les narines. En général, après la première sniff, arrive ensuite une frustation/découragement de la victime pouvant se manifester comme ceci :

«  Ha bin Tabaaarnak… on vient de trouver notre spot où danser, pis esti on va être pogné pour endurer ça. »

Pour bien  vous permettre d’imager l’odeur de swing aux oignons chauds, plongez vous dans la mise en situation suivante :

Un adolescent en puberté et en pleine crise d’hormones et de sébum, faisant les coins ronds sous la douche car trop occupé à se crosser dans sa chambre au sous-sol, est forcé de faire un cross-country de 5 km dans son cours d’éducation physique,  à 35 degrés de chaleur au soleil et 88 % d’humidex. Ayant perdu un pari avec ses potes, on l’a forcé à se scotcher durant la course une tranche d’oignon rouge sous chaque aisselle. Voilà pour la métaphore olfactive.

Il est aussi commun d’observer que le porteur de la dite odeur ne réalise aucunement la teneur de son effluve, ne l’empêchant donc pas de se rapprocher constamment de ta chum de fille un peu trop saoule afin de danser collé-collé. Bref, il est toujours autour de toi que tu le veuilles ou non, tel un mauvais karma ou une annonce de l’Aubainerie.

En deuxième position : Le rot à l’ail

Assez facile à reconnaître car il arrive a tout bon citoyen d’en faire, le rot à l’ail est à la fois super gênant pour la personne qui le fait, super chien pour la personne qui le reçoit et est un signe évident que tu ne frencheras pas ce soir là. Le rot à l’ail, contrairement à l’odeur de swing aux oignons chauds est fait de façon pleinement consciente par le roteux. N’étant plus capable de retenir son reflux gastrique post Casa grecque,  il se penche donc pour faire un move de danse ou pour se gratter le derrière de l’épaule et en profite pour laisser sortir ce rot silencieux, percutant et humide. Tout comme le swing aux oignons chauds, la durée de la présence du rot à l’ail dans l’air peut varier selon les critères suivants :

– L’humidité et la chaleur relative de l’endroit.

– La quantité d’ail ingérée 2 heures avant

– La grandeur du roteux. Je m’explique. Puisque l’air chaud monte, plus le roteux est grand, plus l’odeur va s’en aller vers le haut donc moins dans ta face. C’est une logique implacable.

En troisième position : Le traditionnel gaz aux oeufs pourris

Celui-ci n’a aucunement besoin de présentation et est assurément un party crasher de catégorie AAA.  Par son odeur reconnaissable à 10 000 mètres et par sa force de frappe, le gaz aux œufs pourris sur un dancefloor est vraiment la pire des malédictions pour un clubbeux. Celui-ci comporte toutefois quelques avantages non négligeables. Encore une fois, je m’explique.

Puisque la portée sur le terrain du gaz aux œufs est immense, la culpabilité de l’individu se voit dissipée au sein du groupe. On ne sait jamais vraiment de qui il provient, donc on plie tous l’échine et acceptent cette fatalité de devoir danser durant les 15 prochaines minutes dans un micro-climat de pestiféré. De plus, le gaz aux oeufs pourris surfe sur le dicton : Celui qui le dit c’est celui qui l’est. Donc si tu fais une face de dégoût où réagit trop fort au dit gaz, on pensera à coup sûr que c’est toi. Mieux vaut donc ravaler et ne rien dire plutôt que de porter l’étiquette du « lâcheux de pets aux œufs » toute la soirée, ce qui réduit à néant tes probabilités de scorer.

L’origine du gaz aux œufs reste vraiment incertaine, ne pouvant jamais prédire quel aliment le provoque, laissant ainsi le danseur s’ayant bourré la face au resto avant, dans une constante peur de l’œuf. Triste sort, me direz-vous? Je suis d’accord avec vous.

Honnêtement, qui se souvient d’être arrivé sur un dancefloor et d’avoir eu le feeling de rentrer sur l’étage des parfums chez La Baie? Personne. On cherche tous le meilleur spot, celui qu’on pense qui nous protégera des 3 tragédies olfactives précédemment mentionnées. Sortir dans un club est assurément la même chose que d’aller voir une vue en odorama ou de lire Le parfum de Patrick Süskind : le cœur te lève au moins une fois dans ta veillée.

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