Le mode de vie écolo-nuancé de la comédienne Ève Landry

Choisir ses combats et faire de son mieux, c'est aussi ça, être écoresponsable.

Quand la comédienne Ève Landry me reçoit chez elle, elle s’apprête à faire des conserves de haricots. « Ça l’air vraiment stagé, mais ce l’est pas! », insiste-t-elle.

Et quand je demande à l’interprète de Jeanne dans Unité 9 et de Carolanne dans M’entends-tu? pourquoi on l’associe de plus en plus à la cause environnementale, elle me répond : « Parce que j’ai la réputation de rejoindre le grand public et de le représenter, je crois bien. »

Ça tombe bien car celle qui anime des capsules de vulgarisation environnementale sur Explora vient d’être nommée porte-parole du Festival Zero Déchet 2019.

Ève est sans aucun doute la meilleure personne à qui le public peut s’identifier. Dénuée d’ego et remplie de nuances, la mère de deux enfants nous a parlé des batailles qu’elle a choisi de mener pour accéder à un mode de vie sain, et surtout responsable. Pas seulement écoresponsable. Juste : responsable.

Ève, serais-tu la nouvelle effigie de la lutte aux changements climatiques?

Non, non pas du tout! Ce que je désire plutôt, ce sont des conseils, à recevoir ou à donner, de l’amélioration, et toujours plus de conscience. Tu peux regarder mes poubelles, je suis pas du tout zéro déchet ou rien de tel! Mais j’aspire à.

Avec les enfants, j’y arrive pas. Les couches lavables, on a vraiment voulu. Mais avec deux bébés, et moi qui travaillais beaucoup, et la garderie qui ne pouvait pas non plus, c’était rendu impossible. Mais on fait vraiment ce qu’on peut partout! Je veux montrer que « la jeune famille qui a de la broue dans le toupet et qui se sent mal » essaie quand même et peut faire sa part aussi, même si elle a pas le temps de cuisiner ses propres barres tendres, par exemple.

As-tu toujours eu un côté engagé, écolo? Du genre ado hippie qui veut sauver le monde?

Zéro zéro. C’est vraiment venu avec le mouvement des dernières années. Mais je dirais qu’avoir des enfants a été un premier élément déclencheur, et Le Pacte est vraiment venu compléter. Je suis vraiment quelqu’un de scolaire, il faut donc que je signe quelque chose pour m’engager, parce que je me sens coupable sinon. Le Pacte m’a donc vraiment botté le cul pour faire bouger des choses dans ma vie.

Fais-tu partie de ces gens qui font de l’écoanxiété?

Non, je ne me rends pas jusque-là. Je suis plus anxieuse envers la haine qui sera déclenchée avec tout ce phénomène. Écologiquement parlant, on va vers une diminution des ressources, et on va devoir finir par se battre. Les gens sont déjà violents et agressifs quand ils sont pressés en voiture ou même en vélo, donc j’ai très peur de voir à quoi ça va ressembler quand on va se battre pour de l’eau potable et de la nourriture.

Et je vais être la première à me battre pour que mes enfants mangent! Mais il faudra aussi prendre conscience qu’on devra enlever de la nourriture de la bouche d’un autre enfant! Mais pour l’instant, j’essaie toujours d’être plus que courtoise dans les rues. Comme ça, j’instaure un sourire, un mieux-vivre, qui incite les gens à être courtois aussi. Je ne veux plus être dans la confrontation quand quelqu’un laisse son moteur rouler, ou quand on m’offre des objets inutiles. Je ne crois pas que c’est comme ça qu’on change les mentalités.

Comment on change les mentalités alors?

Il n’y a pas de solution miracle. Il faut que le gouvernement s’implique, qu’il interdise des objets en particulier, des bouteilles d’eau par exemple. Après ça, les gens n’ont plus le choix de se débrouiller! Malheureusement, le gouvernement n’assume pas ce genre de changements. Mais disons que pour l’instant, j’essaie de m’impliquer dans des projets qui, eux, ont le pouvoir de faire réfléchir et qui ont une portée beaucoup plus grande que ma simple parole, comme le Festival Zéro Déchet. Je préfère que 1000 personnes réfléchissent à leurs déchets, plutôt qu’une seule personne ne devienne zéro déchet. 

Ton meilleur coup comme mère nouvellement écoresponsable?

M’acheter un méga congélateur! Si mon enfant me demande une fraise en février, je ne veux pas être obligée de lui donner une fraise des États-Unis. Donc je fais comme on faisait avant, dès qu’il y a une récolte d’un fruit ou d’un légume quelconque, j’en achète plein et j’en congèle ou je fais des conserves. Comme ça, je mange un peu local toute l’année. À part de ça, le vrac est vraiment rentré chez nous sans problème. Et les quelques boîtes de pâtes qu’on achète, elles vont servir d’emballage de Noël! Ah oui! Ma fille et moi on a commencé les serviettes réutilisables pour les pipis. Ça la rend super fière, surtout quand il y a des invités. Et ça me rend fière aussi.

C’est quand même pas mal! Et avec quoi as-tu le plus de difficulté?

Le linge!! Je suis vraiment coquine là-dessus. J’aime vraiment avoir un look pour chaque occasion précise. Mais maintenant, si je veux acheter neuf, ça sera du québécois. Je n’ai plus le droit aux magasins fast fashion. Mais je me rattrape avec les objets. Je trouve que dans les galas, les premières, on donne tellement de cadeaux! J’essaie de demander, dans la mesure du possible, de ne pas en commander pour moi. Je ne viens jamais à bout de les finir, les revitalisants! Et au niveau des objets dans la maison, il n’y a rien de neuf. Il y a plein de jouets qu’on a juste trouvés sur le bord de la rue, ou des trucs que j’ai acheté à une production à la fin d’une série!

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