Ces « petits » personnages inoubliables

Gros plan sur des « mini » marquants…

Dans la culture populaire, les grosses affaires « pognent » : Godzilla, les dinosaures de Jurassic Park, les pectoraux de Dwayne « The Rock » Johnson… Si les personnages plus grands que nature inspirent crainte et respect, qu’est-ce que les petits racontent, eux ?

MINI-MOI

Interprété par le regretté Verne Troyer, Mini-Moi était un « clone » format 1/8 du Dr Terreur, l’ennemi juré d’Austin Powers, agent double au swag transcendant. La série de parodies de films d’espionnage a récolté près de 700 millions de dollars de recettes entre 1997 et 2002.

Les méchants de films d’espionnage ont toujours eu un petit côté grotesque : une dentition d’acier, des cheveux ridicules, une cicatrice importante… Mini-Moi se voulait une parodie de cet étrange trait culturel. Dr Terreur était tellement caricatural qu’il avait un miniclone au lieu d’un chat, comme l’ennemi de James Bond dans From Russia with Love. Un rôle plutôt réducteur, jouant sur les clichés du nain comme personnage de freak show.

LITTLE BEAVER

Le Québécois Lionel Giroux, mieux connu sous le nom de Little Beaver, est l’une des premières personnes de petite taille à être devenue une superstar de la lutte professionnelle. À partir des années 1960 et jusqu’à la fin des années 1980, il s’est illustré dans les fédérations les plus importantes, dont la World Wrestling Entertainment (WWE).

À l’époque, l’inclusion de petits personnages à ce vaudeville visait à apporter un effet comique. Little Beaver faisait souvent office de distraction pour l’adversaire d’un autre lutteur ou de partenaire lors des matchs par équipe.

Aujourd’hui, les personnes de petite taille sont beaucoup plus rares dans le monde de la lutte, peut-être à cause des nombreuses critiques voulant qu’il s’agisse là d’un renforcement du cliché du nain comme simple punchline. Toujours est-il que les personnages de lutte sont maintenant plus sophistiqués et que l’arrivée d’un lutteur de petite taille à la personnalité complexe se fait toujours attendre.

FRODON ET LES HOBBITS

À mi-chemin entre personnes de petite taille et créatures fantastiques, les Hobbits imaginés par l’auteur britannique J.R.R. Tolkien figurent parmi les premiers personnages miniatures dotés de personnalités complexes et nuancées. Pantouflards au début de l’épopée du Seigneur des Anneaux, les Hobbits, chargés de détruire l’anneau maléfique de Sauron, deviennent ni plus ni moins que les héros de la bataille de la Terre du Milieu.

Internet aime beaucoup faire des blagues sur l’ambiguïté sexuelle entre Frodon, Sam, Pippin et Merry depuis leur interprétation dans les films de Peter Jackson, mais pour une rare fois, des protagonistes petits et fragiles étaient plus que de simples personnages de soutien.

LES SEPT NAINS

Quand ils ont été imaginés par les frères Grimm — auteurs du conte Blanche-Neige, en 1812 —, les sept nains n’avaient pas de noms. Si on les connaît aujourd’hui comme Prof, Atchoum, Dormeur, Grincheux, Joyeux, Timide et Simplet, c’est grâce au film de Disney réalisé en 1937.

Dans cette version, les sept nains sont des créatures simples : leur personnalité se résume à leur nom et à leur existence ainsi qu’à leurs occupations, qui consistent à travailler à la mine et à protéger Blanche-Neige de la méchante reine. Malgré leur côté sympathique, ils sont dépeints comme des petits rustres qui oublient de se laver les mains avant de manger et qui ne savent pas cuisiner. Bref, comme beaucoup de personnages de petite taille dans l’histoire, on ne leur prête pas beaucoup d’humanité.

TYRION LANNISTER

Tyrion Lannister, de la série américainGame of Thrones, est de loin le personnage de petite taille le plus complexe et le plus attachant à avoir été porté à l’écran. Il est également l’un des favoris du public — et le prèf du créateur de la série, George R. R. Martin. Membre de la proéminente famille Lannister, Tyrion est dépeint comme brillant, éduqué et opportuniste. Il compense sa stature avec un charisme qui assure non seulement sa survie, mais sa réussite sociale.

Il est aussi l’un des seuls personnages de petite taille à avoir une sexualité en bonne et due forme (lire ici : non humoristique) à l’écran. Malgré que son état ait dicté son destin de mouton noir de la famille, Tyrion refuse de le laisser le définir. C’est une petite révolution dans la représentation des personnes de petite taille dans notre culture. Espérons que ça continue !

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