L’avortement aux États-Unis en 4 questions

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur ce qui se passe en ce moment en Alabama et dans d'autres états américains

Le Sénat de l’État d’Alabama, majoritairement républicain, vient de voter le projet de loi le plus restrictif des États-Unis sur l’avortement (IVG). Une nouvelle qui impacte grandement le droit des femmes de disposer de leur corps dans cet État du Sud et qui risque de toucher tout le pays. On vous explique en bref ce qui se passe.

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  4. C’est quoi l’affaire avec cette loi?

En gros, il n’est plus possible pour une femme de se faire avorter en Alabama, sauf si la vie de la mère est en danger ou si le fœtus présente une anomalie qui met sa vie en péril. Si un médecin décide de contrevenir à cette loi, il risque 10 à 99 ans de prison. Ça veut dire que même en cas de viol ou d’inceste, la victime ne peut se faire avorter. Cette nouvelle législation qui interdit presque totalement le droit à l’avortement dans cet État a été votée par 25 hommes blancs républicains qui siègent au sénat.  Si vous êtes visuels, plusieurs articles (dont celui-ci provenant de The Guardian) offre à notre vue les photos des sénateurs en question.

  1. Ok, mais ça touche juste l’Alabama, c’est ça?

Oui… et non. Ça pourrait aller beaucoup plus loin. Les initiateurs du texte en Alabama souhaitent monter jusqu’à la Cour suprême afin de revenir sur l’arrêt « Roe v. Wade » de 1973, qui a reconnu le droit à l’avortement aux États-Unis. Toucher à cette décision emblématique pourrait, dans le pire des cas, complètement empêcher les femmes américaines de mettre un terme à leur grossesse.

L’avènement de ce nouveau projet de loi concorde avec une Cour suprême dominée par les républicains depuis que le président Donald Trump est à la tête du pays. On se souvient de la nomination controversée de Brett Kavanaugh appuyée par le président américain. Celui qui est maintenant juge à la Cour suprême depuis cet automne est un ultraconservateur qui s’oppose ouvertement au droit à l’avortement.

  1. Y a pas aussi la Georgie qui a passé une loi dernièrement sur l’avortement?

Selon un rapport de l’Institut Guttmacher qui promeut la santé et les droits sexuels, 28 États ont mis en place des mesures visant à restreindre le droit à l’avortement dans le premier quart de l’année 2019. La Georgie a récemment été pointée du doigt avec sa mesure du « six-week bans » qui fait en sorte qu’une femme n’a plus le droit de se faire avorter six semaines après de début de sa grossesse. Le petit hic, c’est que la plupart des femmes ne savent pas encore qu’elles sont enceintes après une aussi courte période, comme l’a fait remarquer avec justesse Alexandria Ocasio-Cortez sur son compte Twitter. Une mesure de plus en plus populaire selon l’Institut Guttmacher dans les États qui souhaitent interdire l’avortement. Une réalité qui prend forme également dans des États comme le Kentucky, le Mississippi, le Missouri, l’Ohio et le Tennessee.

Les pro-choix font quoi pendant ce temps-là? 

Bien entendu, ces mesures sont loin de faire l’unanimité à travers le pays. Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat s’est brutalement opposé à cette restriction en accusant les membres du Sénat de « violer l’État de l’Alabama » avec de telles mesures. Plusieurs mouvements de protestations se lèvent contre les différentes restrictions à l’avortement qui ont lieu dans le pays.

« Soyons honnêtes, l’interdiction de l’avortement n’enraye pas l’avortement. Il empêche l’avortement sécuritaire et légal », a déclaré la présidente et directrice générale de Planned Parenthood au sud-est des États-Unis, Staci Fox. La American Civil Liberties Union, l’ACLU en Ohio et Planned Parenthood ont aussi annoncé qu’ils déposent une poursuite contre le « six-week bans » en Ohio. De nombreux représentants démocrates à travers le pays dénoncent également ces mesures contre lesquelles ils vont se battre dans un avenir proche.

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