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L’année « analog » : petit guide pour faire de la photo argentique en plein air
En 2026, on apprend à vivre le moment présent.
Suis-je la seule à avoir remarqué cette fameuse tendance du « analog year » un peu partout sur les réseaux sociaux? Si vous ne l’avez pas encore vu, il s’agit d’un phénomène nous invitant à nous éloigner de nos écrans le plus possible afin de vivre le moment présent. Fini, le « doom scrolling », où on peut passer des heures à faire défiler son fil d’actualité sur les réseaux sociaux, ça reste en 2025.
En tant que cheffe pour Dehors, j’ai tout de suite eu envie d’intégrer ce trend au plein air. Car, soyons honnêtes, depuis quelques années, même au beau milieu du bois, on avait tendance à être encore un peu trop connectés. Afin de vous aider à mieux profiter du grand air, j’ai décidé de vous préparer un guide d’une passion qui m’habite depuis environ cinq ans : la photo argentique.
Et si on revenait à l’appareil argentique pour documenter nos sorties en plein air?
Je l’avoue, j’ai près de 45 000 photos et vidéos sur mon téléphone (oops) et j’adore publier des stories quand je suis en voyage (oops x2). Alors, sortir ma petite caméra en plastique me force à observer ce qui m’entoure pour appuyer sur le bouton de l’obturateur au bon moment. Au lieu de sortir mon téléphone et de prendre 20 photos du même endroit pour choisir LA bonne photo à mettre en story Instagram, je ne prends qu’une seule photo, que je ne pourrai moi-même voir que quelques semaines plus tard en développant mon rouleau de film. Après tout, avec les coûts combinés d’un rouleau de film et du développement, rares sont les fois où je peux me permettre de prendre deux clichés d’un même point de vue.
Dans son livre Le Québec en prenant son temps, Jeanne Rondeau-Ducharme explique que selon une étude, prendre des photos en voyage pour les partager sur les réseaux sociaux rendrait « l’expérience du moment moins agréable que des photos faites dans le but de se créer des souvenirs, des photos faites pour soi». À méditer.
Personnellement, j’aime croire que je suis capable de me lancer dans des aventures sans tout photographier, mais bon, je suis une fille nostalgique à qui la mémoire fait déjà défaut, et je m’imagine montrer ces souvenirs à mes enfants et petits-enfants. De plus, rien ne bat la sensation de tenir et présenter une photo physique versus une photo qui n’existe que dans mon téléphone.
C’est ce qui conclut mon pitch de vente pour vous convaincre de switcher vers les caméras argentiques bien loin des écrans tactiles avec filtres intégrés. Convaincu.e.s? Passons maintenant à la portion plus technique du sujet.
Quel équipement choisir?
Mettons les choses au clair : inutile d’avoir une caméra dispendieuse pour prendre de belles photos.
Pour ma part, je traîne fièrement depuis plusieurs années ma petite caméra Canon SureShot 80u, dénichée pour un gros 150 $ sur Marketplace. Pour le prix, elle prend de magnifiques photos. En plus, tout y est automatique, alors pour les débutants, pas besoin d’ajuster le focus ou l’ISO ; il y a un flash intégré et un timer s’il n’y a personne pour vous prendre en photo.
Si vous avez envie de vous gâter, permettez-moi de vous mettre en garde. L’année dernière, j’ai acheté une caméra au prix de 1 400 $ (la Contax G2 pour les curieux). Après avoir passé un été aux Îles-de-la-Madeleine à jongler entre cette caméra et ma caméra à 150 $, j’ai vite réalisé que la différence de qualité entre les deux était négligeable, surtout pour des photos vouées à être publiées sur les réseaux sociaux ou imprimées en petit format. En plus, je ne voulais pas traîner ma caméra plus coûteuse et fragile sur la plage, dans des événements arrosés ou dans mon sac à dos bien rempli, de peur de l’endommager. J’ai donc vendu la Contax dès mon retour des Îles.
Pour ce qui est du rouleau de pellicule, je vous suggère de vous rendre à votre magasin de caméra le plus proche afin d’être conseillé selon vos besoins. Sinon, vous pouvez facilement comparer le rendu de différents films sur internet pour décider sur le look qui vous interpelle le plus. Personnellement, je suis bien fan du Portra 400, mais celui-ci est un peu plus dispendieux.
Une fois le rouleau terminé, qu’est-ce qu’on fait?
Une fois les 36 poses saisies, il est temps de faire développer votre rouleau de film. À Montréal, j’adore aller chez Photo Saint-Denis, qui m’envoie par courriel mes photos développées en 24 heures, ou encore au Boréalis Photo, qui offre plusieurs options de qualité de scan.
Une fois les photos développées, le reste vous appartient. Affiches, albums, scrapbook, ou dump de photos sur les réseaux sociaux. Toutefois, je pense que c’est intelligent de se poser la question sincère de « pourquoi je publie ça? ».
Personnellement, je considère mon feed Instagram comme un album photo numérique, mais j’aimerais éventuellement monter des albums photos matériels, voire des scrapbooks. À suivre.
Cette année, quand vous vous aventurerez en plein air, je vous encourage à utiliser un médium autre que vos téléphones intelligents pour capturer des souvenirs. Le processus est beaucoup plus le fun et on se sent comme à Noël lorsqu’on reçoit notre rouleau de film développé. Le look des photos est imbattable, et je pense sincèrement que ça nous aide à mieux profiter du moment présent.
Qui sait, peut-être que de délaisser votre écran vous fera découvrir une nouvelle passion?
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