Genève

C’est totalement « une vue de riche », mais les beaux paysages appartiennent à tout le monde non? On se trouve dans la commune la plus «expensive» de Genève… …et on le réalise d’autant plus quand on voit le panorama de ces petits chanceux.

(Photo: Pepe Jeremy)

1. La vue de Cologny

Quand tu ne vas pas bien et que tu as besoin de faire le point, c’est là que tu te recueilles. Quand tout baigne et que t’as simplement envie de voir un paysage scandaleusement beau, tu t’y rends avec ta copine ou ton copain! C’est une vue qui te rappelle la chance que tu as de vivre dans une belle ville comme Genève. Tu peux y voir le magnifique jet d’eau, l’architecture de la rive droite et en fond de toile le Jura! La cerise, le couché du soleil, évidemment!

2. Le Quai Wilson-La perle du Lac

C’est un très beau quai au bord du lac où le dimanche les gens se baladent, à roller, à vélo, etc. On peut se poser, manger une glace tout en admirant le lac Léman et contempler la rive gauche. On peut aussi se poser sur des parcelles de pelouse et juste chiller. À la fin de ce quai en l’honneur du président Woodrow Wilson, on arrive à une jolie perle, celle du lac. Le nom du parc n’est pas modeste, ce dernier doit son nom à l’épouse du fondateur des montres Rolex (on est quand même à Genève), celle-ci se serait exclamée «ceci est la perle du lac» lorsqu’elle découvrit le point de vue magnifique que le parc offre sur l’autre rive de Genève. En plus de cette vue, durant l’été, il y a ciné-transat, qui nous permet de regarder des classiques en plein air sur un transat au bord du lac. La grosse vie quoi.

3. La Clémence

C’est l’endroit parfait pour commencer ses soirées d’été, car ce bar est situé au cœur de la vieille ville de Genève, donc au milieu de tout ! Un atout particulier de l’établissement, c’est que sa terrasse est immense, mais l’intérieur minuscule. De plus, si tu y vas, il y a 95% de chances que tu rencontres quelqu’un que tu connaisses, même tes parents (ce qui peut s’avérer gênant selon les circonstances). Bref, les boissons sont un peu chères, mais le cadre est vraiment sympa et tu peux y boire un verre avec 15 de tes potes, si tu rassembles les tables ! En gros, quand tu croises des potes dans les rues de Genève, tu leur dis «bah, de toute façon, on se check bientôt à la Clémence quoi!».

4. Le QG à la rue de l’Ecole-de-Médecine

Ça, c’est normalement pas des infos que je divulguerais à mes concitoyens, simplement parce que je ne veux pas qu’ils me piquent la place ! Mais comme c’est pour le Québec, it’s all good! Mon QG se trouve donc au milieu de la rue la plus fréquentée les soirs de weekends et là où tous les bars de Genève sont cordés! Le truc c’est que des hordes d’étudiants s’y retrouvent et du coup, tout le monde se retrouve dehors avec clope et bière à la main. Ze technique est donc de ramener son alcool fort, sa grosse veste pour résister au froid (froid c’est relatif, pas comme le vôtre) poser le tout sur la structure et d’aller commander une blonde au bar. La magie est donc d’être dans toutes les conversations et pitreries de l’extérieur, tout en sirotant sa bière pendant 10 minutes. C’est ensuite que vient le mélange alcoolisé fait maison avec amour. Bref, un mélange explosif de tout ce qu’il faut pour bien commencer une longue soirée.

5. La feuille de Banane

Alors là, c’est le resto qui est tout le temps rempli. Chinois, vietnamien, thaïlandais, japonais, ils font de tout. C’est plein à craquer ton slip, car les prix sont vraiment ridicules, la nourriture en abondance et le service le plus rapide de l’histoire. Tu comptes max 100 secondes et ton plat est là ! Le truc frappant, c’est que le plat t’est apporté tout aussi vite qu’il t’est retiré. Il y a tellement de serveuses qui te surveillent du coin de l’œil pour s’assurer que le laps de temps entre le moment où tu reposes ta fourchette dans ton assiette vide et le moment où celle-ci t’est arrachée, est nul. En ce qui concerne les nombreux plats proposés, le petit pêché mignon c’est le bœuf basilic thaï!

6. La folle de Rive / La rebelle de la société

Oui, même dans une ville aseptisée comme un hôpital, nous avons des fous, mais à la différence des autres grandes villes, nous les connaissons tous! Comme le dit si bien le dicton : «Genève est un grand village ». Vous l’avez surement compris, notre «centre-ville» (Rive) est minuscule, donc tout le monde se connaît et se croise sans cesse. Du coup, on connaît tous « la folle de Genève », celle qui fait des petites sessions d’une semaine de temps en temps. Elle doit avoir 55 ans, petite, cheveux blancs, robuste et généralement aperçue en gueulant des trucs du type : «CES ESCROCS NOUS VOLENT, CES CHARLATANTS, IL FAUT TOUT RECOMMENCER À ZERO !». Ce n’est donc pas un discours de président et il est rare que le début et la fin aient un lien. Détail triste et marrant à la fois, même avec des pancartes de deux mètres, elle semble invisible. Personne ne l’écoute ou daigne la regarder. En fait, elle fait partie du décor! D’une certaine façon, c’est réconfortant de croiser notre petite folle de Rive.

7. Le Silencio

C’est un endroit situé dans un quartier peu recommandable… Oui, le quartier des dames qui ont peu de vêtements, mais bon, à Genève, on a une rue avec des « Roxannes under the red light » et sinon, le reste du quartier c’est plutôt petits dealers, 24/7 et quelques gars louches. Mais sinon, il y a le Silencio, un « club » où on ne se prend pas la tête, avec des soirées de tout type et jusqu’à maintenant, je ne sais comment, mais les gérants ont réussi à ramener deux gros artistes dans leur toute petite boite, il s’agit de «Ali» de A Tribe Called Quest et de l’incroyable DJ Premier de Gang Starr. Au mois d’octobre, on aura le droit à MASEO, DJ pionnier du groupe new-yorkais DE LA SOUL ! Cet endroit est donc la pierre philosophale du hip-hop !

8. El Sombrero (attention à bien rouler le « r » comme un vrai espagnol)

C’est le rêve de tout adolescent en crise de croissance qui pourrait manger 3 repas à la suite. Le problème à Genève, c’est que si tu veux faire ça en ville, tu vas devoir soit te prostituer ou soit te couper le bras pour le donner au serveur pour payer l’addition. SAUF si tu vas au Sombrero, petit commerce tenu par une famille espagnole, où tous les étudiants de Genève vont se remplir la panse avec des sandwichs de la grandeur d’une grande main (5 francs) ou de la longueur de ton avant-bras (9 francs). Un avant-bras je rigole pas ! Pour ma part, c’est le « mix-carnivore » qui me laisse perplexe. La patronne te met genre 4 types de viande différents… Et à la fin, elle te demande si tu veux rajouter une sauce et des « accessoires » (salade verte, tomates, cornichon et tout le bordel). En gros, la patronne, c’est comme ta grand-mère, elle veut que tu manges ton poids en un repas.

9. Le barrage-du-Seujet

J’ai surnommé ce barrage le côté neutre de la force! Sur la rive gauche, on a le côté clair de la force, on peut y voir Luc, Yoda ou Obiwan aller dans un endroit nommé « L’Usine ». Ce lieu est une ancienne usine réaménagée en deux salles : le KAB en bas et le ZOO en haut. Au KAB, on trouve un demi-litre de Carlsberg à 4 francs, de la musique all style mixée par des dj résidents de 40 ans avec tee-shirt trop petit et bide à bière surgonflé. Au ZOO, c’est déjà plus tough, grosse drum & bass, grosse électro, gros pogos et des écrans avec des images « dérangeantes »…Bref le Zoo porte très bien son nom !

Sur la rive droite, on a le « Platinium » (boite de nuit classique). C’est le côté obscur de la force, ce qui ne m’a pas empêché d’y aller plusieurs fois pour frimer ou juste pour prétendre qu’on avait du swag… Là-bas, fini les bières à 5 francs, c’est du «VIP price», donc le verre à 25 francs. Du moins, ils invitent des grosses pointures, des DJs tels que Steve Aoki. Puisqu’une fois n’est pas coutume, le genevois moyen va parfois faire un check à Darth Vador! Un de mes plaisir était de pouvoir switcher entre les deux côtés de la force et donc passer d’un monde chic-vip-bling-bling à un monde crasseux-sol-collant-de-bières-accompagné-de-gros-tatoués-dégénérés.

10. Le « spot » de l’école primaire du parc Bertrand

Ce parc, c’était un rêve. Mais le meilleur, c’était l’école primaire qui se trouvait dedans : une école primaire dans un parc de genre 8 hectares. Ça n’existe qu’en Suisse des trucs comme ça. Bref, ce spot c’était le point de rendez-vous de tout skateur en devenir! On finissait l’école à 16h20 et à 16h35, on s’y retrouvait tous avec nos planches pour poser nos premiers kick-flips. Le préau était protégé d’un toit, donc jamais la pluie ne nous gênait et le sol en dalles plus douces qu’une peau de bébé nous faisait glisser comme sur de la neige. Non seulement la surface était parfaite, mais les trois marches qui nous permettaient de lancer nos premiers 180 ou 3-6 flips, faisaient de cet endroit le paradis des ados boutonneux aux cheveux longs et aux jeans beaucoup trop larges pour nos petites cuisses de l’époque!

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