Alma est une ville le fun. C’est bizarre à dire mais on s’y sent toujours en vacances. 

Tout d’abord, si vous désirez que je vous parle de la Véloroute des Bleuets et des beaux spots touristiques, je vous suggère de téléphoner ma sœur. Elle travaille à Tourisme Alma et elle est certainement meilleure que moi pour vous suggérer les plus beaux attraits de la ville. Par contre, je suis meilleur qu’elle pour vous parler des mythes et légendes d’Alma. Et de quelques réalités aussi.

1. Ville de party
C’est connu, Alma est une ville de party. Les anciens racontent même qu’autrefois, des espèces de nuits blanches étaient organisées et que des gens des quatre coins du Québec y venaient pour faire la fiesta. J’ai même souvent entendu une histoire comme quoi, au début des années 70, une mauvaise batch d’acide avait littéralement grillé la cervelle de plusieurs personnes. La drogue c’est mal.

2. Au Crapaud ou au Clocher?
À Alma, les bars, on connaît ça. Dans la catégorie mainstream, le Crapaud remporte haut la main les honneurs. Point de rendez-vous par excellence pour les gens de tout âge, le bar est un endroit aux propriétés désormais mythiques. Depuis plus de vingt ans, vers les 2h00 du matin, Sunday Bloody Sunday de U2 fait exploser les caisses de sons. Ici, on parle d’un hymne. À quelques mètres de là, le Café du Clocher est le lieu de rassemblement ultime des esprits plus punks. Ce qui est fascinant avec le Clocher, c’est que pendant le jour, il s’agit d’un restaurant très bien réputé que les gens d’affaires aiment fréquenter. Disons que c’est gênant d’aller manger une table d’hôte avec un perfecto sur le dos. Toutefois, à la tombée du jour, la section bar du Clocher prend vie et tous les vieux punks et marginaux d’Alma s’y donnent rendez-vous. L’exode aidant, il n’en reste plus qu’une trentaine de ceux-là donc un fantastique écosystème s’est créé. La faune du Clocher est donc constituée de plusieurs générations qui trouvent normal de boire une pinte en écoutant du GG Allin, du Descendents ou du Quebec Redneck Bluegrass Project.

3. Un colisée romain
En 1997, la construction la plus inusitée de l’histoire d’Alma avait lieu : la Place Festivalma. Comme il n’y avait pas de lieu de diffusion en plein-air, Festivalma, qui est le producteur majeur de festivals dans la ville, a eu l’idée de construire un gros colisée romain. Je ne vous niaise même pas.

4. Un show tristement prémonitoire
Un peu moins de deux ans avant de mettre fin à ses jours, Dédé Fortin donnait un show à la Place Festivalma. À peine avant d’entrer en scène, celui-ci apprenait qu’un de ses mentors, Nino Ferrer, s’était enlevé la vie. Dédé aura fait une intervention émouvante à propos de Ferrer et de son départ, et il aura même interprété acapella une de ses chansons. Comme nous ignorions tous que Dédé allait quitter ce monde dans des circonstances similaires, personne n’a rien retenu de son intervention mais encore aujourd’hui, je suis certain que ça nous donnerait des frissons.

5. Un champion de Mortal Kombat
Au cours des années 90, comme toute ville qui se respecte, Alma avait son arcade : le Galax. Lieu vidéoludique par excellence, il était aussi un endroit terrifiant pour tous les parents soucieux de l’avenir de leurs enfants. On m’a souvent raconté que le champion local de Mortal Kombat avait gagné de nombreux tournois au Québec. Il y a même une légende comme quoi ledit champion aurait déjà fait un aller-retour en direction de la ville de Québec en scooter, et ce, en pleine nuit. Vous devinerez que je tairai son nom pour des raisons juridiques.

6. Ville d’usines
L’économie d’Alma tourne principalement autour de deux grosses usines. Il y a l’usine de pâtes et papier Abitibi-Consolidated et celle de Rio Tinto Alcan. Si le nom de cette dernière vous dit quelque chose, c’est qu’il y a présentement près de 800 syndiqués qui sont en lock-out depuis le 1er janvier 2012. Les choses se passent comme dirait le Roi Heenok.

7. La poutine de Chez Goofy
Fouillez un peu sur le web et discutez avec du monde d’Alma et quand il est question de la fameuse poutine de Chez Goofy, c’est du sérieux. C’est tout.

8. Ici on ne dit pas «man»
On le sait, l’appellation «man» est pratiquement une norme au Québec. «As-tu vu ça man?» et «Salut man», font partie du langage parlé. Par on-ne-sait quel phénomène, le terme «man» est presque disparu d’Alma. On dit plutôt «mec». Un nouvel arrivant trouvera cela étrange et, après quelques temps, se surprendra à dire à son interlocuteur : «J’t’appelle demain mec!»
J’te jure mec.

9. L’arbre
Au courant des années 90, le lieu de rassemblement des adolescents et des jeunes adultes qui étaient encore pognés chez leurs parents était l’Arbre. En réalité, il n’y avait pas un seul arbre mais plusieurs. Au beau milieu du centre-ville, juste à côté de l’église St-Joseph et en face du Café du Clocher, on pouvait y voir des rassemblements de plusieurs dizaines de jeunes de tous les genres. Bière, cigarettes et tabac de course étaient généralement au rendez-vous. Face à cette situation chaotique, la police était plutôt impuissante et a fini par «tolérer» ces partys en plein-air. Et puis, un jour, quelqu’un a eu l’idée du siècle : couper les arbres. Résultat : cette zone est désormais plate.

10. Des védettes
J’aimerais vous dire que Gino Chouinard, le populaire animateur de Salut Bonjour, a grandi à Alma mais non. Par contre, le comédien, humoriste et amateur de voitures Michel Barrette y a fait son bonhomme de chemin. Le comédien Michel Côté y a grandi et ses parents y habitent toujours. D’ailleurs, sa mère est vraiment gentille. Parmi les autres vedettes, nommons le joueur de hockey Mario Tremblay, qui a tellement marqué l’imaginaire almatois qu’il y a une brasserie à son effigie. Notons aussi l’humoriste et animatrice Marie-Lise Pilote, le ministre maladroit de la santé Yves Bolduc et Lucien Bouchard, avec qui j’ai souvent mangé du macaroni dans ma jeunesse. Enfin… Guy Cloutier.

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