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En mars, j’ai eu la chance de rencontrer Mathieu Hébert, fondateur de l’école Les Primitifs, qui offre diverses formations sur la survie, le pistage, la poterie, la cuisine primitive, l’identification de plantes sauvages, l’utilisation des cartes et boussole, et j’en passe.
Quelques semaines après la parution de son ouvrage Survie en nature, j’ai voulu en savoir un peu plus sur ce qui l’a motivé à écrire ce guide.
Q : Peux-tu te présenter, ainsi que ton projet?
R : Je m’appelle Mathieu Hébert. Je suis auteur et fondateur de l’école Les Primitifs, où j’enseigne la survie, le pistage, le bushcraft et les technologies primitives depuis près de vingt ans. Au fil des années, j’ai accompagné plusieurs milliers de personnes en forêt, autant des débutants que des gens déjà très à l’aise.
Mon travail consiste à reconnecter les gens à des savoir-faire très anciens, mais encore utiles aujourd’hui : faire du feu, s’abriter, lire le territoire, comprendre les traces, utiliser un couteau de manière sécuritaire, reconnaître les ressources naturelles et développer une meilleure autonomie en forêt.
Mon livre, Survie en nature, est un guide pratique qui rassemble une partie de ces connaissances. Je voulais créer un ouvrage clair, accessible et concret, autant pour les débutants que pour les gens qui ont déjà une expérience en plein air. Ce n’est pas seulement un livre sur les techniques d’urgence. C’est aussi une invitation à vivre la forêt autrement, à ralentir, à observer, à sortir de sa zone de confort et à reconnecter avec des gestes.
Q : Pourquoi souhaitais-tu publier ce guide?
R : J’avais envie de transmettre ces connaissances dans un format durable. Quand je donne mes cours, je vois souvent à quel point les gens ont besoin de repères simples et solides. Beaucoup aiment la nature, mais ne savent pas toujours comment s’y sentir vraiment à l’aise. Je voulais donc offrir un guide qui puisse accompagner les gens avant, pendant et après leurs sorties.
Les humains ont vécu pendant des millénaires avec ces savoir-faire. Les perdre équivaudrait à perdre une partie de notre mémoire collective. Les remettre entre les mains des gens, c’est une manière de leur redonner de la confiance, de l’autonomie et du sens.
Q : Quelles sont les techniques présentées?
R : Le livre présente les grandes bases de la survie en nature : la gestion des priorités, l’abri, le feu, l’eau, l’orientation, les outils, la sécurité, les dangers comme l’hypothermie ou l’hyperthermie, ainsi que plusieurs réflexions sur l’attitude à adopter lors de situations difficiles.
J’ai voulu que le livre mette de l’avant un aspect pratique. L’idée n’est pas seulement d’accumuler des informations, mais de donner envie aux gens d’essayer, de pratiquer, d’apprendre avec leurs mains et leur corps. La survie n’est pas une matière qu’on acquiert seulement en lisant. C’est quelque chose qu’il faut vivre un peu.
Q : D’où as-tu appris ces techniques?
R : J’ai appris de plusieurs façons. D’abord par beaucoup de pratique sur le terrain. Depuis des années, je passe énormément de temps dehors, dans toutes sortes de conditions. Certaines techniques ne se comprennent vraiment qu’en les vivant : dormir dehors au froid, faire un feu sous la pluie, construire un abri quand on est fatigué, gérer l’humidité, la faim, le stress ou l’inconfort.
J’ai aussi été influencé par plusieurs écoles et enseignants, notamment dans le monde du pistage, de la survie et des technologies primitives. J’ai passé du temps à la Tracker School, fondée par Tom Brown Jr., et j’ai appris auprès de différents instructeurs au fil des années.
Mais une partie de mes apprentissages me vient aussi beaucoup de l’enseignement lui-même. Quand on montre ces techniques à plusieurs milliers de personnes, adultes comme enfants, on comprend ce qui fonctionne vraiment, ce qui est mal compris, et ce qui doit être expliqué autrement.
Q : À qui s’adresse ton guide?
R : Il s’adresse à tous ceux qui veulent être plus à l’aise en plein air. Ça peut être une personne qui commence à faire de la randonnée, une famille qui veut mieux comprendre la nature, un chasseur, un pêcheur, un campeur, un amateur de plein air ou quelqu’un qui s’intéresse au bushcraft et aux savoir-faire traditionnels.
Je pense aussi que le livre peut être utile aux parents, aux enseignants et aux gens qui veulent transmettre quelque chose aux jeunes. La survie, quand elle est bien enseignée, n’est pas basée sur la peur. Elle peut devenir une façon très saine de développer la confiance, l’attention, la débrouillardise et le respect du vivant.
C’est aussi un livre pour ceux qui veulent se challenger. Il n’est pas nécessaire d’attendre une situation d’urgence pour apprendre ces choses-là. On peut pratiquer la survie comme une discipline personnelle, comme une manière de se rapprocher de la forêt, de sortir du confort moderne et de découvrir ce dont on est capable.
Q : S’il y a une technique que tout le monde devrait savoir, laquelle est-ce que ce serait?
R: Je dirais savoir se garder au chaud et au sec. Ça semble simple, mais c’est fondamental. Dans beaucoup de situations, l’hypothermie devient un danger beaucoup plus rapidement que la faim. Comprendre comment isoler son corps du sol, se protéger du vent, éviter l’humidité, construire un abri de base ou bien choisir ses vêtements peut faire une énorme différence.
Le feu est aussi une compétence majeure, mais avant même le feu, il faut comprendre la thermorégulation : comment le corps perd sa chaleur et comment on peut limiter ces pertes. C’est une connaissance très concrète, qui peut servir autant en randonnée qu’en camping, en voiture l’hiver ou dans une situation d’urgence.
Q : Dans quel contexte peut-on utiliser ces techniques?
R : Ça varie. Bien sûr, elles servent en cas d’urgence : si on est perdu en forêt, si on se fait surprendre par la météo, si on doit passer la nuit dehors ou on se retrouve à l’extérieur plus longtemps que prévu.
Mais ces techniques ne servent pas seulement lors de situations extrêmes. Elles sont aussi utiles en camping, en randonnée, en expédition, avec des enfants, ou simplement pour mieux comprendre notre territoire. Elles permettent de développer une forme d’intelligence pratique : observer le vent, lire le sol, reconnaître les ressources, anticiper le froid, mieux préparer son équipement.
On vit dans une société très technologique, et c’est correct. Mais il y a quelque chose de précieux à garder un lien avec les gestes simples : faire un feu, trouver un abri, lire une trace, écouter les oiseaux, comprendre la météo. Ce sont des savoirs anciens, mais ils restent très actuels.
Pour vous procurer votre copie de Survie en nature, c’est par ici.
Il y avait aussi une motivation plus profonde. Pour moi, la survie n’est pas seulement une affaire de catastrophe ou d’urgence. C’est une discipline. Presque un sport, par moments. Une façon de se challenger, de tester son corps, son mental, sa capacité d’adaptation, son calme et sa débrouillardise. On ne pratique pas toujours la survie parce qu’on en a absolument besoin. On peut aussi la pratiquer parce que c’est pertinent, stimulant, formateur, et parce que ça nous remet en contact avec quelque chose de tangible.
Pour moi, la survie est aussi une façon de vivre la forêt autrement. On peut aller dehors pour se reposer, pour marcher, pour chasser ou pour camper. Mais on peut aussi y aller pour apprendre, pour se mettre volontairement face à l’inconfort, pour tester ses limites et retrouver une relation plus directe avec le territoire. On ne fait pas ça seulement parce qu’on en a besoin. On le fait aussi parce que c’est intéressant, pertinent et profondément formateur.