La « rétrospective » 2017 d’Hugo Mudie

C'pas parce qu'on est en 2018 que ces albums-là ne sont plus pertinents !

Selon Hugo Mudie, le CD est mort. Personne en achète. Les critiques aussi sont morts. Ils ne servent plus à rien. On peut écouter ce qu’on veut quand on veut. Pas besoin que personne vous dise ce qui est cool et ce qui l’est pas. Pas besoin de suivre personne. Vous pouvez enfin écouter ce que vous voulez, sans vous soucier de savoir si URBANIA à donné 2/5 ou 4,5/5. C’est donc le moment parfait pour Hugo de réinventer la critique de disque.

Le CD est mort, vive la musique, vive Hugo.

Cette semaine, un voyage dans les univers que lui ont inspirés ses quatre albums favoris de 2017

Mon top est celui des albums sortis cette année que j’ai le plus écoutés (parce que je les aimais, faut croire). À l’ère où dire que j’aime mieux les joggings que les jeans pourrait faire sortir dans la rue les partisans de «Jeans Jeans Jeans», je tiens à vous dire que tout ça est un peu du hasard. J’me suis intéressé à un disque pour avoir lu quelque chose là dessus ou simplement parce qu’il a été suggéré par Julien Aidelbaum. Bref, c’est moi qui écrit faque c’est moi qui décide. Tu peux faire ton propre Top 250 sur ton wall pour étaler tout ce que tu as entendu cette année.

#4 — WAVVES – YOU’RE WELCOME

Quand j’étais adolescent, je voulais faire du skateboard. En fait je voulais être bon en skate. J’en faisais déjà depuis que j’avais genre 6 ans, mais tout ce que je faisais avec ça, c’était roulé dans le rond-point en avant de chez nous. Y’avait aucun aspect cool avec ça. C’était juste un genre de moyen de transport amusant plus rapide que le Pogo Ball. Mais rendu ado, quand j’ai commencé à écouter Green Day, Weezer, Beastie Boys pis toutes, pis que je voulais être plus un p’tit criss que je l’étais déjà, le skate semblait la façon idéale d’y arriver.

J’ai essayé. J’me suis tenu avec des dudes qui en faisaient. J’ai pratiqué mes ollies dans le gazon dans cours à St-Hubert, mais j’ai jamais réussie à lever. Dans le fond j’avais peur de me péter la yeule. Le but c’était d’être cool. Le but d’être cool c’était d’impressionner les filles, mais quand les filles voyaient que je faisais juste rouler pendant que les autres faisaient des tricks en bedaines, ils riaient de moi et me trouvaient ni cool, ni hawt. J’ai laissé faire ça, j’ai continué à jouer au hockey, pis j’ai commencé à jouer du drum. 7-8 ans plus tard, les mêmes filles venaient à mes shows et je refusais de les mettre sur ma guestlist.

Sweet revenge.

You’re welcome.

4/5

#3 — MUDIE – CORDOBA

  • -Miroir Miroir dit moi qui est le plus beau..
    -Ben je le sais que tu veux que je dise toi

-Ben dis-le!

  • -Ouin, mais c’est pas vraiment toi le plus beau… pis moi je peux pas mentir…
    -Ben le plus beau dans le miroir en ce moment, ça doit être moi, y’a juste moi criss

-Ouin, mais ta question était plus large, c’était « qui est le plus beau » point. Pis c’est pas toi.

  • -Ben y’a surement quelqu’un qui pense que je suis le plus beau non?! Genre je suis le plus beau aux yeux de quelqu’un certain… genre ma mère au moins.

-Non ta mère trouve plus beau Richard Séguin, Burt Reynolds, Claude Léveillé pis ton frère dans l’ordre. En 5e position c’est toi.

  • -Ciboire…
  • Ben franchement à part toi même, y’a personne qui trouve que tu es LE plus beau. Désolé Hugo.

-Ok, ben mettons je change la question un peu… Miroir Miroir, dit moi qui est le plus beau… chanteur… québécois… ayant sorti un album en 2017…

-Loud

  • -De Loud Lary?

-Sans contredit.
-C’est lui le plus beau… selon qui?

  • -En fait, j’utilise un genre de Google, mais plus efficace qui s’infiltre dans l’âme et le cerveau de la population par rapport au sujet demandé, dans ce cas-ci « le plus beau chanteur… Bla-bla 2017 » et j’ai un résultat fiable à 99 %.

-Bon ben, j’imagine que j’suis au moins dans le top 10?

  • -Veux-tu vraiment savoir?

-Euh oui…

  • -Non Même pas dans le top 59.
    -59? Faque, j’suis 60e?

-Oui

  • -Miroir Miroir, dis-moi qui est le meilleur… chanteur… auteur-compositeur..solo… québécois qui a sorti un album en 2017…

-Laisse faire bro… As-tu fait de ton mieux?

-Oui, vraiment.

  • -Bon ben c’est ça qui compte.

0/100

#2- LORDE – MELODRAMA

C’était un show de marde classique. Booké dans un open mic à London en Ontario un jour de semaine. Mais on était toujours en tournée et on prenait ce qui passait. C’était mieux de faire ça et espérer vendre quelques CDs et peut-être attirer quelqu’un à notre prochain passage dans cette ville brunâtre que de rester chez nous.

On a fait quelques tounes acoustiques. Une fille avec trop de makeup s’est approchée et m’a dit « You’re the hottest thing i’ve ever seen »

On ne m’avait jamais dit ça. Je savais pas comment réagir.

Elle s’appelait Baby. Nom impossible. Mais c’était vrai. J’ai checké son permis.

J’me suis saoulé. J’ai une blonde à Québec, mais c’est comme une meilleure amie. Genre de chum de fille que je sors avec depuis le secondaire. Elle me trouve pas « the hottest thing she’s ever seen ».

J’me suis finalement défoncé et j’me disais, bah j’vais tenter ma chance avec la fille. J’ai jamais pogné ben ben. Genre de p’tit gros drôle, mais pas sexy au secondaire. Être THE plus quelque chose était quand même nice.

On est allé tout le band chez la fille. Elle s’appelait Baby. Nom impossible. Mais c’était vrai. J’ai checké son permis. On a fait un feu dans cours. On jasait, elle chillait à côté de moi tout le temps. Elle avait des shorts jeans coupés. Des grands cils, beaucoup de mascara. Des freckles. Genre de semi-rousse comme Lorde. À un moment donné elle a fait le tour des six membres du band pour nous demander des questions du genre « Qu’est-ce que vous faites? Qu’est-ce que vous aimez? » et évidemment la bonne vieille « D’you have a girlfriend? » Tout le monde avait une blonde sauf un dude. C’était pas moi. J’aurais pas eu le guts de mentir devant les autres.

À ce moment-là j’ai vu la switch s’éteindre dans ses yeux. La soirée a continué, mais elle s’est rapprochée tranquillement de Simon, le seul célibataire. Il s’est levé pour rentrer en dedans, et elle m’a regardé tout le long. Je fakais de rire les jokes de mes amis me disant que c’est quand je riais que j’étais le plus beau. 5 minutes après elle est rentrée aussi. Mon cœur s’est serré ben tight. Cinq minutes plus tard c’était mon tour, j’ai fait le tour du p’tit appart et j’ai finalement entendu des bruits qui semblaient être les bruits d’une bagarre provenant de la salle de bain. La porte était barrée. La douche coulait, mais obviously ils se battaient pas.

J’ai pogné mon sleeping bag et j’ai pris le meilleur spot pour dormir, sur le couch qui faisait face à la télé et j’ai monté le son de Sportsnet.

98/100

#1 — KESHA – RAINBOW

Le tabarnak avait juste eu besoin de s’excuser en faisant assemblant de pleurer devant tous les employés pour avoir l’absolution.

« J’ai de la misère avec mes consommations, j’suis allé trop loin, je vais demander de l’aide bla-bla-bla » Fuck you!

Ce con avait agressé deux filles dans un voyage d’affaires à Toronto. Pas léger non plus. Pousser dans le mur, champage dans face et sur chandail dans une tentative de se faire sa propre soirée wet t-shirt privée. Il avait été agressif, mean, violent. Il avait craché au visage de deux filles. Il avait violemment pogné les seins d’une autre, par surprise. Un ostie de dégueu. Saoul ou pas, gelé ou pas. Il avait fait ça. Tout le monde le savait. Il l’avouait.

J’étais tanné de ça. Fucking tanné. J’voulais crisser le feu dans place. Tout le monde regardait à terre pendant qu’il faisait ces half-assed excuses de fucking agresseurs. Moi je le regardais dans les yeux, mais pas lui. Il avait peur. Avec raison.

Il a gardé sa job et a continué à travailler là comme si de rien était.

Mais moi ça bouillait en dedans. Je le détestais plus que tout, mais aussi l’entreprise qui acceptait ça et les employés (gars et filles) qui sortaient dehors pour fumer des smokes avec et qui s’amusait en sa présence. L’agresseur.

J’ai fait comme si de rien était pendant un boutte. 4-5 mois. Une nouvelle saison. Plus personne pensait à ça, mais moi oui. J’ai tout calculé. Je l’ai suivi. Quelle heure il arrive le matin, quelle heure il repart. Qu’est-ce qu’il fait. J’ai remarqué que tous les lundis il arrive à 8 : 15 avant tout le monde. Il arrive en bike, un p’tit bike Italien fancy de p’tit criss d’agresseur. Il a un café Mcdo dans la main gauche, souvent il check son cell aussi. Il est ben relax. Dans ses pantoufles. Il s’attend à rien.

 

Quand il est arrivé à ma hauteur avec son bike j’ai crié et j’ai enfoncé le bâton dans les rayons de sa roue avant. Le bike à flippé solide, l’agresseur aussi, son café éclaboussant partout, le cell tombant lourdement sur l’asphalte.

J’me suis habillé en vigilante. Cagoule, linge en genre de spandex, des bandeaux qui pendent un peu n’importe où. Je voulais être un genre de version féminine de Daredevil. J’suis 0 aveugle, mais juste le style du suit est fou. J’me trouvais ridicule, mais badass en même temps et je voulais pas me faire reconnaitre quand même. J’me suis caché et j’ai attendu. Avec un long bâton, de Ninja, en bois très dur acheté dans un magasin d’arts martiaux, un Nihon Do qu’on m’a dit que ça s’appelait. Mon arme de fucking super héros.

Il est arrivé le con. Comme je pensais il avait un gros café Mcdo et il checkait son cell, il allait pas vite. Tout allait bien dans sa tête de raisin.

J’étais derrière un container à déchet. Quand il est arrivé à ma hauteur avec son bike j’ai crié et j’ai enfoncé le bâton dans les rayons de sa roue avant. Le bike à flippé solide, l’agresseur aussi, son café éclaboussant partout, le cell tombant lourdement sur l’asphalte. J’ai entendu ses dents et sa chaire frotter contre la garnotte. Il gémissait comme un p’tit chat. À terre sur le dos les mains proches de la face comme quand on se protège du soleil. J’ai pris mon bâton dans sa roue de bike et je l’ai poké dans le ventre, pis dans les gosses, pis même un p’tit coup dans le front. Il catchait fuck all. Y’avait peur en criss. Il voulait crier, mais il avait pas le guts. J’y ai crissé un dernier coup de pied dans les côtes et lui disant « t’es un putain d’agresseur, sale con, je t’ai à l’œil » (j’ai pris un accent français, me disant que c’était un bon camouflage). J’suis parti en courant dans l’autre direction de la ruelle, j’ai enlevé ma cagoule, crissé mon bâton dans une cour par dessus une clôture et j’ai couru jusqu’à chez nous. J’ai pris ma douche, j’me suis fait un café et j’ai mis un CD sans vraiment l’écouter.

10 /10

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