.jpg.webp)
En janvier 2020, Quatre95 vous avait raconté l’histoire de la dynamique famille Marseille. Sous la direction de Frédérique, la fille aînée de la famille, ils dirigent le Backbone. Plus qu’un simple centre d’escalade, c’est un resort pour les chilleurs du Québec, comme le décrit Frédérique. Un grand espace situé à Bromont, bâti sur mesure par les Marseille, où chaque membre de la famille a son rôle.
.jpg.webp)
Mais Frédérique ne se doutait pas à l’époque que 2020 lui préparait un méchant tour. Après presque un an sans grimpeur sur ses prises d’escalade, le Backbone a finalement rouvert au début du mois, avec le feu vert du gouvernement. Une occasion pour Frédérique de se réinventer.
On lui a parlé quelques jours à peine après la réouverture des parois d’escalade du centre.
Frédérique Marseille: La famille va bien! Ça brasse beaucoup, la COVID nous a amené vers plusieurs réflexions super importantes, surtout à propos de la manière dont on veut procéder à l’avenir, tout le monde ensemble. Le stress financier qu’il y a sur les épaules de mes parents, qui avaient investi tout ce qu’ils avaient dans ce projet-là, a été important depuis le début de la pandémie. Ça a amené beaucoup de tension, là où il y en avait déjà, comme dans toute entreprise!
.jpg.webp)
Ça nous a tous épuisés, mais on essaie de se concentrer sur les points positifs.
On est full, full, full! Les gens avaient hâte de revenir, c’est évident. Ils veulent bouger, se voir. J’étais en larmes aux deux minutes, les deux premiers jours, j’étais émue de voir le monde. Il y a une grosse fébrilité dans l’air.
Par contre, la gestion des gestes barrières est difficile. Les gens veulent se coller et être tous ensemble, donc on doit être vraiment sévère! Ça ne nous plaît pas, mais on veut rester sécuritaire, on ne veut pas être dans le trouble, alors on le fait. Mais c’est particulier d’opérer tout en ayant autant de consignes à suivre; c’est quand même un défi.
On a regardé toutes nos options, mais on n’a pas les moyens de déclarer faillite, puisque tout repose sur des garanties personnelles.
Le problème en ce moment, c’est pas un manque d’argent.
On a considéré vendre ou trouver de nouveaux partenaires. Mais le problème en ce moment, c’est pas un manque d’argent. C’est qu’on commence à manquer d’énergie et de volonté, de juice et même de connaissances. Il a fallu qu’on se demande, « Eille, gang, est-ce qu’on a toujours envie de faire ça? ».
Ça allait très bien avant la COVID, mais là on est blacklisté par les banques pendant un bon moment.
C’est déjà compliqué, opérer une business, mais là c’est fois douze!
Oui, vraiment, si on peut rester ouvert! J’espère surtout qu’il y aura une souplesse au niveau des terrasses. La nôtre, c’est un gros morceau de l’attrait du Backbone.
Il va falloir apprendre à fonctionner avec les limites de capacité qui nous sont imposées. Ça sera le gros défi cet été, puisque notre plan d’affaires repose sur le volume dans des moments spécifiques, comme le soir et les week-ends. Il faudra réorganiser toute la structure à l’interne, ainsi que notre plan d’affaires, pour rester safe et être certains qu’on fait le moins de moves risqués possible.
Sinon, je voudrais vraiment amener le potentiel de notre terrasse à son max. Je veux que les gens viennent jouer dehors, et développer toutes mes petites idées de service client complémentaires. Et surtout continuer à former des grimpeurs; je pense que c’est vraiment le bon temps pour apprendre aux gens à bouger.
Mais c’est correct, on prend de belles décisions. On pousse nos réflexions plus loin, et on a eu plus de temps, vu qu’on a été confiné à deux reprises, ce qui nous a permis de nous questionner sur l’avenir de notre projet. On est allé beaucoup plus en profondeur dans l’analyse de notre plan d’affaires, et on va essayer de s’ajuster à l’avenir. Mais je dirais que c’est quand même bien, que ce soit arrivé. Ça nous a tous épuisés, mais on essaie de se concentrer sur les points positifs.
.jpg.webp)
Tous les projets de développement qu’on voulait mettre en chantier sont dans des industries gravement touchées par la crise. Et les banques ne nous font plus confiance, puisqu’on n’a aucun chiffre à leur montrer. Ça allait très bien avant la COVID, mais là on est blacklisté par les banques pendant un bon moment. Mais c’est le cas pour tous les restaurants, les gyms… tous les commerces qui ont été affectés par le confinement et la distanciation sociale.
À la banque, nous avions des garanties personnelles. On aurait pu les enlever plus tôt, mais on ne s’est pas trop préoccupé de ça, et là on ne peut plus les enlever. On aurait pu aller chercher de l’équité sur notre bâtiment et agrandir, ou acheter ailleurs, améliorer notre équipement. Mais là ce n’est plus une option, à cause de la COVID. On en a discuté avec nos différents conseillers financiers, et ils nous ont dit qu’il faudrait attendre au moins deux ans.
.jpg.webp)
Mais sinon, au niveau de l’entreprise, je suis confiante parce que les questions qu’on s’est posées durant les confinements sont vraiment pertinentes, pour la suite des choses. En ce moment, on évalue plein de beaux projets que je vais pas révéler parce je veux pas les jinxer. Mais je dirais que c’est surtout côté santé mentale que c’est plus tough, pour nous. Moi je suis vraiment en burn-out, et là il faut qu’on rouvre et tout va vite. C’est vraiment pas facile, on est tous fatigués.