La novlangue arrive au Québec

Dans «1984», un roman d’anticipation paru bien avant 1984 qui se voulait une sorte de métaphore des régimes totalitaires et que vous avez certainement lu, les habitants d’Océania parlaient novlangue, une langue simplifiée qui travestissait la réalité et avait pour but de réduire la liberté d’expression. Est-on en train de vivre le même épisode en 2011?

Nos politiciens, pas si polis mais souvent chiens, ont élevé l’art de la langue de bois au niveau de la marqueterie du XVIIe siècle. Ils ont pris l’habitude, avec leurs discours manipulateurs, de nous faire passer des vessies pour des lanternes et un nouveau colisée pour un service public de première nécessité.

Tenez, le «gaz de schiste» ne s’appelle plus désormais, dans la bouche de Nathalie Normandeau, ministre de nos ressources, «gaz de schiste» mais «gaz de shale». Ce que la pétillante et ambitieuse libérale a oublié de noter dans sa précipitation à nous fourguer son gaz qui pue mais qui ne paye pas, c’est qu’il suffisait d’enlever un H pour en faire du «gaz de sale». Gageons que les écolos, habitués à aspirer du H, n’hésiteront pas à remettre ce gaz sale sous le nez de la flamboyante ministre.

Pour nous enfoncer son vocabulaire stalinien avec plus de fermeté et de vigueur, le gouvernement lucide de Jean Charest et l’industrie de l’exploitation minière qui travaillent main dans la main, pour ne pas dire main dans la poche, ont engagé Lucien Bouchard, le Luc Langevin de la politique, pour ensorceler l’électeur, manipuler l’opinion et faire disparaître les doutes de la population à grands coups d’illusions.

Heureusement, on peut encore ici, ou là, mais surtout ici, élever la voix et s’étonner que ces choses se passent encore en 2011. Mais pour combien de temps ? Stephen Harper, toujours minoritaire à l’heure où s’écrivent ces lignes, s’acharne à manipuler la presse, à contrôler  l’accès à l’information, à placer ses pions au CRTC, à concentrer les médias auprès de ses supporter et à étouffer les voix discordantes et alternatives en leur coupant les vivres.

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