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C’est le silence qui m’a frappée quand je suis arrivée à Rawdon. Pourtant, je viens d’un petit village du Bas-Saint-Laurent ; la tranquillité, je connais ça. Mais ce qui était particulier, cette fois-là, c’est que je m’offrais un peu de quiétude pour travailler, un mardi.
On était très loin du brouhaha des bureaux d’URBANIA dans Griffintown, entre le REM et le trafic sur Notre-Dame. À l’intérieur du chalet que mes collègues ont loué pour un lac-à-l’épaule de quelques jours, pas un bruit ne passe inaperçu : les cliquetis de nos claviers, le contact entre nos tasses et la table basse, même la plus petite bourrasque de vent qui secoue les arbres.
Je m’installe devant les grandes fenêtres qui donnent sur la forêt avec la ferme intention d’entamer mes recherches sur les dernières tendances en productivité, le « monk mode » et le « deep work ». Mais ce que mes lectures allaient m’apprendre, c’est que l’environnement dans lequel je baignais me permettait à lui seul de faire des gains de productivité beaucoup plus intéressants que ces pratiques aux hashtags viraux – que peu arrivent à appliquer d’ailleurs, comme elles nécessitent de mesures plutôt radicales. La nature, elle, permet de passer au travers de sa to-do avec efficacité, sans se donner l’impression de s’astreindre à un véritable bootcamp. Je vous explique pourquoi.
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Une affinité… naturelle
Il s’avère qu’une véritable science se trouve derrière cette corrélation entre exposition à la nature et productivité et qui va au-delà de la simple relaxation. En effet, la théorie de la biophilie suggère que les humains ont une affinité innée pour la nature en raison de notre évolution en tant qu’espèce. Oui, ça remonte à (très) loin.
Un petit bond vers la préhistoire s’impose ici : si vous êtes un.e adepte des livres de Yuval Noah Harari, vous savez déjà que les êtres humains ont été pendant des millénaires des chasseurs-cueilleurs, et dépendaient de la nature pour survivre. C’est ce qui fait qu’encore aujourd’hui, quand on se retrouve dans un environnement naturel, notre cerveau entre dans un état de « restauration cognitive ». On devient donc plus attentif.ve.s, plus calmes et plus résilient.e.s aux stresseurs de la vie (même les textos qui finissent par des «…» de votre patron.ne et les courriels « URGENTS ») – et donc, plus efficaces.
Preuve à l’appui : une étude menée par des chercheur.se.s du UCL School of Management a démontré que les travailleur.se.s qui occupent une partie de leur soirée en nature bénéficie d’une augmentation significative de leur productivité dès le lendemain, au travail. On attribue cette augmentation à plusieurs facteurs, qui ont tous été étudiés dans le cadre d’une panoplie de recherches qui mènent à la même conclusion : la nature et le travail font bon ménage.
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L’attention restaurée
On gagne en concentration en conciliant travail et nature – et ça, on le sait depuis longtemps. Déjà, dans les années 1990, on élaborait la théorie de la « restauration de l’attention ». Une étude avait alors comparé la performance de deux groupes de personnes à une tâche nécessitant une attention soutenue élevée, avant et après une semaine de vacances. L’un des groupes de vacanciers passait ses vacances dans une zone urbaine, tandis que l’autre, une région sauvage. Le groupe qui a pu profiter de la nature a augmenté son résultat de manière significative, alors que le résultat de l’autre a carrément baissé après ses vacances.
Une autre étude de chercheur.se.s australien.ne.s a même démontré que des étudiant.e.s qui regardaient de la verdure plutôt que du béton entre deux exercices d’attention présentaient aussi de meilleurs résultats. On peut donc conclure que oui, le simple fait de voir la nature a des bienfaits sur notre productivité.
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Moins anxieux.se.s, plus créatif.ve.s
Vous avez probablement déjà entendu parler de la pratique inusitée du « tree hugging », qui a fait connaître les bénéfices du contact physique avec la nature sur notre bien-être. En effet, l’exposition à la nature est associée à une diminution significative du niveau de cortisol (l’hormone du stress) dans le corps. Dans ce sens, une étude de l’Université du Michigan a démontré que de passer du temps en plein air peut réduire le stress d’environ 20% et ce, en seulement 20 à 30 minutes! Je ne sais pas pour vous, mais moi, l’anxiété au travail, ça me paralyse plus que ça ne stimule ma performance.
Le travail en nature rimerait aussi avec créativité. Une étude menée par l’Université du Kansas a exposé ses participant.e.s à la nature pendant quatre jours pour ensuite constater que leur résultat de créativité moyen a augmenté de 50%. C’est confirmé, l’inspiration qui découle du contact avec la beauté dite « naturelle » peut stimuler l’innovation et la résolution de problèmes.
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Apprendre, naturellement
Avis à ceux et celles qui ont un emploi dans le cadre duquel ils et elles sont amené.e.s à acquérir des nouvelles compétences régulièrement : ici aussi, la nature peut s’avérer une alliée de choix. Une étude américaine publiée dans Frontiers avance que côtoyer la nature sous n’importe quelle forme (de la simple présence de plantes aux voyages en backpacking, par exemple) améliore de façon significative les performances d’apprentissage et de développement personnel. Le moment est venu d’aller ressusciter vos boutures qui se meurent.
Êtes-vous convaincu.e.s ou est-ce que je dois maintenant vous parler des bénéfices de la nature sur… la cognition? Une étude de l’Université du Michigan a révélé que la simple promenade dans un parc – beau temps, mauvais temps – peut améliorer la mémoire, essentielle pour la résolution de problèmes complexes, au même titre que la méditation.
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Comment incorporer la nature dans votre travail
De la mesure la plus simple, à la plus complexe :
- Changez vos fonds d’écrans pour des images d’espaces naturels ;
- Mettez des plantes sur votre bureau ;
- Installez votre bureau près des baies vitrées (en télétravail, positionnez le vôtre près d’une fenêtre) ;
- Ouvrez la fenêtre plutôt que le climatiseur ;
- Sortez prendre une marche au moment de prendre vos appels ;
- Alternez entre la « pause café » et la « pause nature » (pour les expositions à la nature, visez des périodes d’environ 20 minutes) ;
- Organisez des rencontres d’équipe à l’extérieur ;
- Planifiez un lac-à-l’épaule en nature avec vos collègues.
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