La fois où j’ai eu envie de me chicaner avec Angelina

Depuis ce matin, je vois déferler des gigabytes d’admiration devant le courage d’Angelina Jolie et je ne peux m’empêcher d’ajouter mon grain de sel.

Je vous l’accorde, son texte est très touchant, mais y avez-vous pensé deux minutes?

Tout d’abord, vous devez savoir que ma mère avait 36 ans lorsqu’elle est décédée d’un cancer des ovaires.  Je sais, je sais, c’est pas aussi important que si c’était arrivé à Angelina, mais je me permets quand même de dire quelque chose là-dessus.

Depuis mon enfance, j’ai refusé de me laisser abattre par cet événement qui a pourtant changé ma vie.  Aujourd’hui une adulte hautement à risque de contracter le cancer, je refuse de vivre dans la peur. Le premier malaise que j’ai eu, à la lecture de son texte, est l’angoisse qui teinte son message. J’ai beaucoup de difficulté à voir autant d’espoir devant la perspective de passer sous le bistouri comme seule chance d’éviter la maladie.

Mais ça c’est moi, et on a chacun sa façon de voir les choses, et je ne vais pas me chicaner avec Angelina pour ça!

Là où j’ai réellement un problème, c’est son invitation aux femmes à la suivre. Vraiment, Angelina? Tu crois que toutes les femmes dans le monde ont accès à ce genre d’intervention? Toi qui ne rates pas une occasion photo avec des enfants de pays sous-développés, tu devrais pourtant en avoir une idée, non? Même pour moi, jeune femme de la classe moyenne vivant dans un pays industrialisé, une telle opération représenterait un enjeu financier (parce que je me suis quand même posé la question).

Tu sais, Angelina, le cancer n’est pas un sport de riche. 

Je suis la première à l’admettre: l’émotion nous rend souvent un peu vites sur la gâchette… mais pensons-y quand même un peu.

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
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