Logo

La charge mentale commence avant la grossesse

La charge mentale apparaît dès que le projet de devenir parent prend forme.

Publicité

« Quand on a décidé de faire un enfant, j’ai tout de suite arrêté l’alcool et commencé à faire attention à mon alimentation. » Pour Florence, aujourd’hui mère d’une petite fille de 4 ans, devenir parent a débuté dès cette conversation avec son conjoint, avant même qu’un test de grossesse ne vienne valider le projet. « Je me suis renseignée pour savoir comment optimiser mes chances de tomber enceinte, quoi changer dans mon mode de vie… J’ai aussi commencé à prendre des suppléments alimentaires et à faire des séances d’acupuncture, par exemple. »

Sensibilisée par des cas de fausses-couches et d’infertilité dans son entourage, la future maman a voulu mettre toutes les chances de son côté. « Je vois beaucoup de femmes changer leur hygiène de vie, confirme Julie Follenius, naturopathe fonctionnelle spécialisée en fertilité et hormones près de Paris, en France. Alors que les hommes, eux, ne s’en préoccupent que très peu ou bien n’en comprennent pas l’intérêt. » Et c’est le cas dans beaucoup de couples hétérosexuels qui cherchent à concevoir.

Ce sont ses patientes qui s’occupent la plupart du temps de prendre les rendez-vous médicaux (« même ceux pour monsieur… »), et ce sont aussi souvent elles qui font les démarches pour un accompagnement en plus du milieu médical traditionnel.

Publicité

Pour le conjoint de Florence, une fois prise la décision de faire un enfant, la vie a repris son cours, comme si de rien n’était. Le travail de préparation et de recherche autour de la procréation – parce qu’il y en a, notamment quand on ne tombe pas enceinte du premier coup –, est retombé sur sa partenaire.

Julie Follenius, qui travaille avec des couples et des femmes seules pour optimiser leur fertilité, a consacré un des épisodes de son balado Fertilité Éclairée à la charge mentale. Elle se manifeste, entre autres, autour de la gestion de l’agenda : Florence a surveillé de près son cycle menstruel et adapté le calendrier du couple en fonction des fenêtres de fertilité, histoire d’éviter les fins de semaine entre copines au moment de l’ovulation, par exemple. « Quand on nous parlait de projets vacances, je passais tout de suite en mode rétro-planning : si je tombe enceinte ce mois-ci, quand aura lieu l’accouchement ? Est-ce que je pourrai prendre l’avion cet été ? Etc. Le projet bébé était toujours là, quelque part en arrière de ma tête. »

Publicité

Son utérus, sa charge mentale

Avec les mois qui passent sans test positif, la charge mentale s’intensifie, et le fossé se creuse dans le couple. Pendant une fin de semaine au chalet, Florence voit son conjoint revenir d’une séance de deux heures dans le spa. Or, la chaleur prolongée est déconseillée quand on essaie de concevoir, car elle réduit considérablement le nombre de spermatozoïdes chez l’homme. « J’ai pété ma coche, confie la jeune femme. Avec tous les efforts que je faisais de mon côté, ça aurait été le fun si lui pouvait au moins ne pas tirer à blanc ! Sa réponse : “Je ne savais pas pour le spa, tu me l’as jamais dit”. »

« Là, j’ai compris que c’était sur moi que reposait tout ce projet bébé. Lui se disait juste que comme la grossesse se passerait dans mon corps, ça le concernait pas directement… »

Publicité

Cette idée-là revient souvent, note Julie Follenius. Dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA), par exemple, c’est la femme qui portera le bébé qui fait la majorité des examens. « La charge mentale repose davantage sur les futures mères, ou la partenaire qui porte l’enfant dans le cadre d’un couple de femmes, étant donné que la plupart des examens sont effectués sur elle, indique la naturopathe. C’est également à elle de suivre son cycle grâce à la symptothermie. »

Elle note aussi que dans les cas de procréation assistée, l’homme peut parfois être ignoré dans le processus. « J’ai des clients qui m’ont raconté que le corps médical les mettait de côté durant les rendez-vous au centre PMA, ne leur laissant pas la possibilité de poser des questions, jugeant que le problème venait forcément de la conjointe. Il n’est pas rare de voir s’écouler un an avant même que l’homme n’ait à faire de spermogramme, ce qui est à mon sens ridicule : plus tôt nous avons les informations sur la santé du couple, plus tôt nous pouvons agir. »

Publicité

Impliquer…. et se mettre les pieds dans les plats

La solution ? Impliquer les partenaires le plus possible. Julie Follenius discute donc avec l’autre parent pour équilibrer un peu plus cette charge mentale. Et elle le voit bien : en expliquant la raison derrière les changements à faire, le partenaire peut ensuite faire plus d’efforts.

« J’apprends aussi à mes patientes qu’elles ont le droit de dire non et de déléguer certaines tâches. La plupart ont du mal, mais lorsqu’elles comprennent l’intérêt, elles ne reviennent plus en arrière ! »

« Pour moi, l’idée est de déléguer à l’autre ce qui peut l’être », résume la spécialiste. Chercher les médicaments à la pharmacie, pratiquer les injections avec la future mère, commander les compléments, créer un calendrier de répartition des tâches à la maison, un autre pour les actions « pro-fertilité » à mettre en place en couple… L’idée est d’être présent pour sa moitié.

Publicité

Pour cela, il faut communiquer, ce qui n’est pas toujours facile. « Mes clientes abordent ce sujet en consultation de façon plutôt discrète, note la spécialiste. Elles n’osent pas forcément, surtout quand le conjoint est présent. C’est moi, souvent, qui met les pieds dans le plat. » Mais pourquoi ce manque de communication autour de la charge mentale liée à la procréation ? Pour Julie Follenius, si le parcours de la procréation est souvent oublié au profit de l’enfant à naître, c’est parce que l’infertilité est encore un sujet tabou.

« On préfère parler de l’enfant à venir ou déjà là plutôt que la période qui précède la naissance. Souvent, on l’oublie sans s’en rendre compte ou, lorsqu’on a eu des difficultés à concevoir, on oublie volontairement et on se plonge corps et âme dans la maternité. Il est important de mettre en lumière à quel point le parcours de procréation, qu’il soit naturel ou/et d’autant plus en PMA, peut être épuisant, aussi bien physiquement que moralement. Beaucoup de femmes associent l’infertilité à un traumatisme, et il est important qu’elles soient bien accompagnées par une équipe soutenante et à leur écoute. »

Publicité

Dans cette équipe, il y a aussi l’autre parent, donc. qui ne doit pas oublier qu’être parent commence avant la naissance. Avec tout le travail que cela implique.

Tous les jeudis, Mollo vous envoie une infolettre remplie de contenus informatifs, amusants et décomplexants remplie de contenus inclusifs et instructifs qui devraient vous aider à prendre votre parentalité à la légère… et au sérieux en même temps. Abonnez-vous juste ici!

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter!

À consulter aussi