La beauté d’un paysage… et d’une paire de fesses

Les fesses se montrent sur le web

Les selfies c’est tellement 2016, la nouvelle tendance est aux photos de fesses. Pis pas besoin d’avoir le popotin de Kim Kardashian pour l’exposer fièrement sur les internets.

Depuis quelques mois, le compte Instagram Cheeky Exploits partage des photos d’internautes arborant leurs fessiers en voyage. Avec déjà plus de 85K followers au compteur, ce tour du monde numérique du derrière prétend rendre le monde plus heureux, grâce aux fesses. Rien que ça!

Dévoiler sa lune à la caméra n’est pas seulement une affaire de touristes.

Il est vrai que le concept rend tout à coup les clichés de vacances un peu moins plates à regarder. Croupes généreuses, aplaties ou bombées se retrouvent ainsi photographiées au beau milieu de plages, montagnes et autres endroits paradisiaques (mais dans le fond on regarde plus vraiment les paysages, hin).

Vous savez ce qu’il vous reste à faire lors de votre prochain road trip. ?

Mettre un coup de pied au cul des complexes

Mais dévoiler sa lune à la caméra n’est pas seulement une affaire de touristes ayant trop bu de mojitos. Au Québec, on célèbre nous aussi l’amour de nos foufounes, et au nom d’une cause essentielle: la beauté du corps des femmes, sans filtre Photoshop.

«Il y a clairement un statement libérateur dans cette démarche.»

Les deux Montréalaises Émilie Mercier et Frédérique Marseille, fondatrices du 1001 Fesses Project, photographient les fesses de femmes de tous les âges, physiques et cultures, avec naturel et douceur. Elles souhaitent leur prouver à quel point leurs fesses sont belles, peu importe leurs aspects.

Cellulites, vergetures, cicatrices, imperfections et autres particularités qui nourrissent en général les complexes, sont ici prônées dans cette série qui se définit comme étant un «poème visuel».

Julie Lemay, notre spécialiste en sexologie préférée chez URBANIA, trouve qu’il y a clairement un statement libérateur dans cette démarche: «Nous aussi, gens ne bénéficiant pas du glow du vedettariat, on peut exposer nos corps, les montrer, en être fiers, même si on ne cadre pas dans les maudits standards qu’on nous pitch dans la face constamment. On se rapproche de ce que peut présenter le reflet du miroir, en s’éloignant des normes, en s’éloignant du: montre-moi tes fesses pour être désirable.»

On montre que les fesses peuvent être belles dans toute leur diversité, pas juste «sexy».

Malmenée par les images lisses véhiculées dans les médias depuis trop longtemps, cette initiative constitue une intime ode à la diversité corporelle. Plusieurs centaines de modèles ont d’ailleurs souhaité que leurs derrières se fassent tirer le portrait, pis ça, ça fesse dans le dash!

Finalement, en voyage sous les cocotiers ou dans le confort de notre chez nous, prenons nos imparfaits popotins en photo, démocratisons-les, si ça nous aide à enfin les accepter.

«Est-ce que nos fesses, nos corps peuvent juste être là et exister, tels quels? OUI! C’est ça qui émane de ces projets et c’est bien tant mieux! On montre que les fesses peuvent être belles dans toute leur diversité, pas juste «sexy» si elles correspondent à certains critères restreints», scande Julie Lemay avec détermination.

Autant nous n’étions pas bin sûrs d’aimer la mode du nutscaping (si vous êtes passé à côté, et tant mieux pour vous, il s’agit de prendre ses testicules en photo), autant nos foufounes méritent de retrouver doucement, mais sûrement, leur self-love.

Pour lire un autre texte de Claire-Marine Beha: «Mais quelle est la couleur de taxi idéale?».

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