Kristel Ngarlem : Pousser de la fonte (mais vraiment beaucoup de fonte)

Autoportrait d’une athlète prodige qui a du poids sur les épaules.

Peu de gens trippent à lever des affaires lourdes. Kristel Ngarlem, elle, a décidé d’en faire sa spécialité en pratiquant l’haltérophilie, une discipline qui la passionne depuis qu’elle a vu le film La mystérieuse Mademoiselle C, à l’âge de 10 ans. Aujourd’hui championne nationale senior chez les 75 kg, elle a les Jeux olympiques de Tokyo 2020 dans la mire. En plus de ses ambitions sportives, elle étudie la criminologie et a mis sur pied la plus grande collecte de sang en milieu universitaire. Autoportrait d’une athlète prodige qui a du poids sur les épaules.

Haltérophile / 23 ans / Cancer

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds… que je lève des poids!

Ma mission, c’est… de me qualifier pour les Jeux olympiques et de promouvoir de façon positive et saine mon sport. Je veux changer l’opinion de gens sur ma discipline, trop souvent associée au dopage, et mettre fin au mythe qu’elle soit d’abord et avant tout masculine. C’est possible d’être forte tout en étant très féminine et je suis persuadée qu’on peut faire de grandes choses en respectant un code d’éthique.

Mon plus grand défi, jusqu’à maintenant, aura été… de prendre la décision de changer d’entraîneur après avoir passé plus de 10 ans dans le même club d’haltérophilie. J’avais besoin de changement et je souhaitais avoir le meilleur coach possible afin de faire progresser ma carrière sportive. [NDLR : L’athlète s’est donc tournée vers un entraîneur doté d’une méthode d’entraînement différente, mais surtout d’une expérience olympique.]

L’accomplissement dont je suis le plus fière, c’est… d’avoir mis sur pied, en 2016, la plus grosse collecte de sang en milieu universitaire, tout en poursuivant mes études à temps partiel et en m’entraînant à temps plein. Et ce, deux années de suite! J’ai eu l’idée de ce projet parce que je souhaitais venir en aide aux gens qui, comme ma mère, sont atteints de la sclérose en plaques. Je suis particulièrement heureuse d’avoir créé un mouvement de reconnaissance qui a permis de soutenir des personnes qui en ont réellement besoin.

Mon implication sociale m’amène à… prendre conscience de la chance que j’ai d’être en pleine santé et de pouvoir vivre mon rêve.

Le sport m’a permis de… tout faire! J’ai notamment pu apprendre la discipline et l’autonomie, m’épanouir, faire de belles rencontres et gagner ma vie. Ça en fait pas mal!

Dans le meilleur des mondes… j’aurai mon billet pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Pour moi, les Jeux olympiques de 2020, c’est… le point culminant de ma carrière, la cerise sur le sundae. D’ici là, je devrai éviter toute blessure aux Championnats du monde senior en 2018 et 2019 ainsi qu’aux Jeux panaméricains, afin d’être en mesure de me qualifier. Mes autres objectifs incluent notamment d’augmenter mes barres [NDLR : de 103 kg à 135 kg], de m’approcher du record national [NDLR : il est présentement de 251 kg], de remporter des médailles, de grimper dans le classement aux Championnats du monde senior [NDLR : Kristel a terminé 8e à la dernière compétition internationale], d’améliorer ma façon de faire à l’arraché technique… et de continuer à m’épanouir. Ça ne sera pas reposant.

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