Kicker Bruce Lee dans les chnolles

Les échecs n’arrivent jamais seuls, ils arrivent par batch. Même si tu n’as rien commandé, même si tu n’as pas ta carte Costco des problèmes en gros, les badlucks arrivent en bande et te gangbang le moral sans respect.

Les petits comme les gros bobos viennent nous saloper le smile, le manque de soleil, les grosses charges de travail, la santé précaire de grand-m’ma, la routine, la gastro du petit, la fatigue accumulée, le compte Visa qui engraisse, le ticket de parking qui a quintuplé parce qu’on a oublié de le payer à temps, le décès d’une vieille connaissance, un vieux chum qu’on ne voit plus, une cheville foulée en sortant les crisses de vidanges… #firstworldproblem #accumulation

Depuis quelques mois, les badlucks me tombent sur la tête une après l’autre comme de la marde de moineaux dans un parking de Mc Do.

C’était rendu que je fouillais à la pharmacie pour trouver le meilleur exfoliant du monde pour prendre une douche pis me frotter assez fort, question que le mauvais karma décolle et disparaisse dans le trou du bain.

Je me brossais les dents en me regardant dans le miroir pis je me répétais :

“Y’est rendu où le gars positif que j’étais!? Est-ce que c’est ça vieillir ? Genre, je deviens un vieux grincheux jamais content? Oh, non! Je suis devenu un adulte, c’est ça!!”

J’ai pourtant toujours été de nature positive, à me dire que la vie n’est pas une partie de battleship pis que si l’on focusse sur le “pas bon” et bien c’est normal que ça irrite. Dans mon livre à moi, si tu fixes un tas de marde pendant trois jours, ne viens pas te plaindre que ça finit par goûter le caca dans ta bouche.

Je suis un peu “hippie enfant de la lumière” depuis quelques années, je crois que si l’on est positif et bien la vie nous le rendra x 1000. Que nous avons tous différents petits trajets comme dans les livres pour enfants, quand il y a un labyrinthe avec un lapin un peu cave qui veut aller rejoindre sa carotte de l’autre bord, qu’on prend chacun notre crayon mine pis on se dessine notre propre trajet… Nous sommes responsables de nos échecs et de nos réussites… (Excluant les impondérables bien sûr).

Mais là, plus rien à faire, j’étais toujours fâché contre chaque petit bobo, contrarié, impatient, négatif…

Était-ce l’accumulation? La taille de mon zizi? La fatigue? Ma personnalité? Toutes ces réponses?

Un soir, alors que j’écoutais le hockey, le Canadien a scoré un but et je n’ai même pas crié. Habituellement, je suis le gars qui donne des coups de poings dans le vide en hurlant à ma blonde :

“AS-TU VU ÇA!!!?? WOOOWWW! QUEL BUT! TIC-TAC-TOE!!!!!”

Non, ce coup-là j’ai maugré :

“Regarde le frais-chié qui se garoche dans la bande pis qui festoie comme un esti de joueur de football…”

Ma douce m’a regardé. J’étais couché sur le divan, amorphe et en jogging, elle m’a demandé si j’allais bien. Elle m’a même demandé calmement :

“Fais-tu une deuxième dépression? Ça se peut tsé?”

“Non, pas du tout.”

Nous avons discuté pendant un bon moment et elle m’a fait remarquer que depuis un bout de temps, tout allait super bien dans ma carrière et dans ma vie et que moi, je focussais seulement sur le négatif.

“Je le sais! MAIS POURQUOI???”

Sa réponse fut merveilleuse.

“Parce que, ça s’appelle la vie. Des fois, faut accepter qu’il n’y a pas de réponse…”

Ce n’est foutrement pas évident le “lâcher prise”. C’est limite insultant pour le cerveau humain, mais il n’y a pas d’autres solutions. Ç’a toujours été comme ça, les gens reçoivent des séries de taloches sur la gueule comme si un Bruce Lee arrivait de nulle part dans leur cuisine pour les coucher parterre et s’en aller en riant.

Nous le vivons seul, en couple, en famille, en ami(e)s… Des minis vagues de bouse qui semblent interminables, mais qui finissent par passer. Les couples en ressortent plus fort, et des fois trop amochés, mais tout finit par passer. Une bonne discussion en jogging sur le divan un mardi soir ne peut pas nuire.

Les badlucks arrivent. Tu peux te faire l’archéologue de tes problèmes, mais une fois que tu assumes et bien tu as le choix. De gosser tout le monde avec ton négativisme ou bedon de kicker Bruce Lee dans les chnolles pis d’avancer.

Pour lire un autre texte de Jonathan Roberge: Je déteste Céline Dion.

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