Simon Duhamel

K-Maro, chanteur hip hop et homme d’affaires

Dans ses vidéoclips, il vole en hélicoptère, se promène en Mercedes et fait la fête dans les plus impressionnants penthouses de la planète. Depuis l’énorme succès de sa chanson Femme like You, Cyril Kamar (aka K-Maro) marine dans le champagne et le bling. Entrevue avec le P-Diddy québécois.

As-tu toujours baigné dans le luxe?
J’ai grandi au Liban, où j’ai connu la guerre pendant 11 ans. À cette  époque, avoir un niveau de vie décent, c’était tout un luxe. Quand je suis arrivé au Canada, la réussite matérielle est devenue un défi même si on me répétait sans cesse que je n’avais qu’une chance sur un million de l’atteindre. Je me suis entêté. Quand j’ai finalement obtenu du succès, le luxe est devenu pour moi une forme de récompense.

Comment réagit-on lorsqu’on goûte au «vrai luxe» pour la première fois?
Au début, on veut montrer qu’on a de l’argent pour que tout le monde le sache. On regarde l’étiquette et on se dit : «C’est cher, ça doit être bien». Puis on achète une montre ou un costume, sans savoir comment les porter. Bref, on est un peu con quand on commence à consommer. Mais après ça, on se raffine. On achète des choses qui valent plus cher, mais qui paraissent moins.

Comme?

J’ai commandé une montre de marque à 10 000$. Ça pris un an avant que je puisse la recevoir. Quand je croise des gens dans la rue, ils ne se rendent pas compte de sa valeur… Le grand luxe, c’est souvent plus subtil!

Pourquoi est-ce que les rappeurs affichent autant de bling-bling, alors?

À mon avis, six rappeurs sur dix sont des menteurs. Ils n’ont pas la moitié de ce qu’ils prétendent avoir. Ils se servent de ce monde imaginaire pour mousser leur image.

Pourquoi utilisent-ils le luxe comme outil marketing?
Les signes matériaux permettent aux jeunes de s’identifier. Quand un fan dépense 20$ pour acheter ton album, il s’attend à être transporté dans un univers qui le fait rêver. Il ne veut pas qu’on lui parle de sa réalité. Si on est trop sobre, les amateurs s’en foutent.

As-tu vraiment connu la vie luxueuse, les chicks, les gros chars et le champagne comme dans tes vidéoclips?

Au début de ma carrière, j’ai énormément profité de ce mode de vie, surtout après le succès de la chanson Femme like you. Aujourd’hui, j’approche de la trentaine. Mon entourage me dit que je suis rendu plate. Je pense que j’essaie seulement de prendre les choses avec un peu plus de recul.

Par exemple?

À 22 ans, j’avais huit autos. Aujourd’hui, j’en ai trois.

Est-ce que P-Diddy ou Jay-Z sont des modèles pour toi?

Oui, mais il y a aussi des Donald Trump et des Sir Warren Buffet, des individus qui sont capables de faire des prouesses avec des sommes qui n’existent même pas dans le milieu du hip-hop.

En terminant, crois-tu qu’on peut concevoir le hip hop sans tout ce bling?

Normalement, si je voulais défendre le milieu, je dirais qu’il peut se tenir sans ça. Mais, ça serait faux. Le hip hop sans le bling, ça serait comme Hollywood sans les seins, les fesses et les muscles…

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