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J’tu obligée de faire de l’argent avec ma maison?
Quatre95 et la Banque Nationale s’unissent pour vous aider à voir plus clair dans votre processus d’achat de maison.
Dès mon adolescence, mes parents m’ont incitée à acheter une propriété le plus rapidement possible. Louer, c’était l’équivalent de jeter de l’argent par les fenêtres, me disait-on.
Surtout que l’immobilier, c’est un investissement, disaient mes parents. Après tout, leur maison achetée à 150 000 $ il y a 20 ans en vaut plus que le double aujourd’hui.
Ce discours est tellement ancré dans nos cerveaux que nous prenons rarement la peine de le remettre en question. Et pourtant, il y a plusieurs éléments dans cette phrase toute simple qui valent la peine d’être examinés. L’immobilier est-il nécessairement un investissement? Est-ce que je suis obligée de faire de l’argent avec ma propriété?
Un bon taux de rendement?
Tout d’abord, si nous considérons l’immobilier comme un investissement, de quel investissement s’agit-il?
Prenons l’exemple de mes parents. Si on considère qu’ils ont fait un investissement d’une valeur de 150 000 $ il y a 20 ans, quel serait le taux de rendement moyen d’un tel investissement s’il se chiffre à 400 000 $ aujourd’hui? La réponse : environ 5 % par année.
Pas trop mal! Cependant, ce calcul oublie quelques variables. Premièrement, rares sont les propriétés achetées sans prêt hypothécaire. En plus des 150 000 $, mes parents ont dû payer une somme en intérêts, somme qui varie en fonction du montant du prêt hypothécaire et du taux d’intérêt hypothécaire en vigueur à leur institution financière.
Si, en plus, la propriété est achetée avec une mise de fonds de moins de 20 %, il faut payer une assurance prêt hypothécaire. Le coût total de cette assurance : entre 2,4 % et 4 % du montant emprunté, soit plusieurs milliers de dollars.
En faisant ces calculs, on voit que l’immobilier n’est pas automatiquement un investissement payant.
Ajoutez à cela les coûts d’entretien, les taxes municipales et scolaires, les droits de mutation (la fameuse « taxe de Bienvenue »), les frais de notaire et les rénovations, et nous grugeons peu à peu le rendement de l’investissement.
Je vous entends me dire que rendu là, c’est peut-être mieux de rester locataire… Bien entendu, ce n’est pas si simple que ça, et chaque situation a ses avantages et ses désavantages lorsqu’on parle d’argent.
L’immobilier pour faire de l’argent
Restons dans la perspective des propriétaires. En faisant ces calculs, on voit que l’immobilier n’est pas automatiquement un investissement payant. L’acheteur qui veut se servir de son bien immobilier comme d’un investissement devra donc réfléchir en conséquence. Il doit penser… en investisseur, soit acheter le moins cher possible et tenter de choisir le produit qui prendra le plus de valeur.
C’est au moment d’acheter la propriété que le propriétaire mettra le plus de chances de son côté, s’il choisit bien son produit et s’il négocie bien son prix. Il doit donc choisir un quartier qui gagnera en popularité et une maison dont la valeur est plus basse que celles des voisins, sans toutefois qu’elle ne demande trop de rénovations coûteuses.
Une maison qui se vend bien (et qui donne un bon rendement) est une maison qui convient à presque tout le monde.
Le propriétaire investisseur doit aussi demeurer conscient de l’argent qu’il « investit » dans sa maison, surtout qu’il ne reverra cet argent qu’au moment de la vente. Ça ne sert à rien d’effectuer des rénovations inutiles qui feraient trop augmenter la valeur de sa maison par rapport aux maisons voisines. Au final, ce sont toujours les acheteurs qui déterminent la valeur d’une maison. Et même si vous croyez que la vôtre vaut 500 000 $, si elle se trouve dans un quartier où le prix des maisons tourne autour de 250 000 $, elle ne se vendra peut-être pas au prix que vous souhaitez.
L’investisseur doit donc voir les rénovations comme une nécessité pour entretenir et garder la maison au goût du jour. Oubliez le sous-sol Tiki, les vitraux dans toutes les pièces et les tapisseries excentriques. Une maison qui se vend bien (et qui donne un bon rendement) est une maison qui convient à presque tout le monde.
La maison : un foyer familial
Mais il existe une autre avenue : celle des acheteurs qui considèrent simplement une maison comme un espace de vie.
Ce n’est rien de nouveau. Jusqu’à tout récemment, c’est ainsi que nous envisagions les maisons. Si la génération des baby-boomers considère la maison comme un investissement, leurs parents envisageaient d’y vivre leur vie entière, voire de la léguer à leurs enfants.
Rien ne dit qu’une vision d’investisseur est nécessairement plus avantageuse financièrement.
Un propriétaire qui partage cette vision ne met pas le profit en haut de sa liste de priorités. Par conséquent, chaque décision concernant sa maison est prise non pas en fonction d’un acheteur potentiel, mais bien en fonction de ses besoins à lui.
Par exemple, la proximité des écoles, des espaces verts et des axes de transport est un critère qui peut augmenter la qualité de vie de façon importante, mais qui fait aussi augmenter le coût initial de la maison. C’est donc un pensez-y-bien.
Entre ces deux visions, il y a tout un monde. Et rien ne dit qu’une vision d’investisseur est nécessairement plus avantageuse financièrement. Ne jamais voir la maison comme un investissement peut aussi causer des problèmes, si on ne la rénove pas suffisamment ou si on se voit forcé de déménager rapidement. En résumé, personne n’est « obligé » de faire de l’argent avec sa maison. Tout dépend de la vision de chacun.
Vous, où vous situez-vous?
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Pour vos questions à propos de l’achat d’une maison, Banque Nationale est là. Contactez un expert hypothécaire.