Je suis allé à mes retrouvailles du secondaire avec un char de luxe (qui n’était pas à moi)

Récit d’une expérience sociologique

URBANIA et Audi St-Bruno s’unissent pour vous faire vivre des émotions fortes. 

Des retrouvailles 10 ans après le secondaire c’est, on ne va pas se le cacher, essentiellement un moment pour se comparer avec nos anciens comparses. Qui est heureux? Qui a bien ou mal vieilli? Qui a vraiment la carrière dont il rêvait dans l’album des finissants une décennie plus tôt? La « personne la plus susceptible de devenir riche » l’est-elle finalement?

Pour le big boss d’URBANIA, c’était l’occasion rêvée de faire un stunt et de m’inventer une vie que je n’ai pas (encore, on a le droit de rêver!). Il s’est donc donné comme mission de me dégoter un beau char pour mon conventum. Si en lisant ces lignes vous vous dites « ark, c’est tellement phoney comme move », vous avez probablement raison. Mais une fois derrière le volant, j’ai décidé de me voir comme un anthropologue de la culture populaire.

Je travaille comme directeur de compte aux ventes et à la créativité média (le titre le plus long au monde!!) chez URBANIA et j’ai un bac en comm. Je n’ai donc pas le profil de l’investisseur qui a misé sur le Bitcoin il y a 10 ans et qui, aujourd’hui, récolte les fruits de ses investissements. C’est donc plutôt improbable que j’aie ce type de véhicule quand on sait qu’il y a 12 mois, je conduisais un vieux tacot deux portes, manuel, sans air conditionné avec un plancher tellement vieux qu’on pouvait entrevoir l’asphalte au travers.

Défiant les préjugés, mon patron a réussi à me dénicher une Audi A5 S (bleue pour les curieux) et j’ai pris la direction de la pittoresque ville de St-Jean-sur-Richelieu, lieu du rassemblement de la cohorte de finissant.e.s 2009 de mon école secondaire.

J’ai dressé quatre constats de cette étude sociale « très » poussée.

J’ai des amis très naïfs (ou je suis meilleur menteur que je ne le croyais)

Je n’ai eu AUCUNE difficulté à convaincre mes amis que cette voiture était la mienne. En fait, ironiquement, la personne la plus dupe a été l’avocat du groupe! Il a suffi de dire que j’avais eu une promotion (avec un bonus) et le tour était joué. Même si on se connait depuis secondaire 1, aucun n’a douté de ma franchise.

C’est bien beau le bonus, mais il m’aurait fallu une année remarquable pour m’offrir ce jouet! Bref, merci les gars et particulièrement à toi David* pour votre confiance inébranlable.

Je ne suis pas un gars de char

Pour moi, il n’y a pas de différence entre le nombre de chevaux d’une voiture et François Legault qui embrasse sa sœur sur la bouche: je n’y comprends rien. Sauf que pour certains, c’est une vraie passion (pas embrasser sa sœur là, on parle d’une passion pour les voitures). Il y en avait un aux retrouvailles…

Quand le gars (appelons-le Keven* pour le plaisir) m’a vu arriver avec son auto de rêve et qu’il a commencé à me demander la sorte de mags ou le nombre de secondes que ça prend pour passer de 0 à 100km/h, disons que c’est là que j’ai frappé un mur. Et j’ai creusé ma tombe en l’invitant à regarder sous le capot : je n’avais aucune maudite idée où se trouve le bouton pour ouvrir le capot. Heureusement, je savais au moins comment mettre de l’essence.

Je serais un excellent politicien… ou pas!

Une fois mon personnage de gars avec un beau char bien campé, je me suis surpris à être en mesure de dire beaucoup de mots qui n’avaient aucune réelle signification. C’est ainsi que j’ai utilisé pour la première fois, tel un politicien d’expérience, les mots « conjoncture », « variable » et « amalgame » dans une même phrase, sans pour autant dire quelque chose. Je me suis même permis d’expliquer la crise du logement sans jamais mentionner le mot argent, propriétaire ou locataire. C’en était presque impressionnant : voiture de luxe plus tard et j’étais en train de me transformer en quelqu’un d’autre! Je n’ai pas dit « une meilleure personne » j’ai dit « une autre personne » tout court. C’est sans jugement.

 J’aurais dû apprendre à conduire la voiture

Quand ton boss te trouve un char pour une « expérience sociologique prouvant ainsi que tu es un anthropologue de la culture populaire », assure-toi de ramener la voiture sans égratignure. Désolé Charles, mais je te jure que c’est vraiment un vélo qui m’a rentré dedans…

 En gros, ce que je retiens de mon tour de machine (!), c’est qu’on se dise 100% authentique ou qu’on passe ses fins de semaine au salon de bronzage,  les symboles traditionnels de succès font encore réagir, qu’on soit derrière le volant ou accoté sur la portière. La prochaine fois je tenterai d’arriver en hydravion, en espérant que David me croie encore…

*Pour le bien de l’article, j’ai seulement changé le nom de Keven. Parce que je suis un vrai bon chum et que David mérite que je me paie sa tête.

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Si jamais vous désirez savoir quel était le véhicule que je conduisais, c’est par ici : audistbruno.ca

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