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Je n’ai pas d’économies et je dors bien la nuit

Vivre maintenant, prévoir plus tard.

11 février 2026
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Dans la fable de La Fontaine, la cigale chante tout l’été pendant que la fourmi se prépare pour l’hiver. Une fois la saison froide arrivée, la cigale est prise au dépourvu, la morale de l’histoire étant qu’il vaut mieux prévoir le futur.

Et si certaines cigales ne voyaient pas les choses ainsi?

Esther K. est du lot. L’étudiante en communication de 22 ans occupe actuellement un emploi à temps partiel en parallèle à ses études, mais il ne suffit pas pour couvrir toutes ses dépenses.

Mais même lorsqu’elle travaillait à temps plein, amasser un pécule pour des projets futurs ne figurait pas parmi ses priorités.

« L’épargne, ça n’a jamais été une notion qui m’a été enseignée à la maison, confie-t-elle. On ne m’a jamais sensibilisée à mettre une partie de ma paie de côté, alors je n’ai pas le réflexe d’épargner. »

Nuance : Esther est capable de mettre de l’argent de côté lorsqu’elle a des projets en tête, comme un voyage.

« J’ai souvent eu un travail d’été qui me permettait de survivre pendant toute l’année scolaire et de payer mon loyer », détaille l’étudiante.

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Esther n’est pas la seule à vivre de paie en paie. Sur 1 000 Québécois âgés entre 18 et 44 ans ayant répondu à un sondage de Welcome Spaces en 2023, 39 % n’avaient pas cotisé à leur CELI ou leur REER au cours de l’année précédente. L’enquête ne précise toutefois pas si cela est attribuable à un manque de revenus ou à un désintérêt envers l’épargne. C’est quand même moins qu’il y a dix ans, alors qu’un sondage CROP révélait que 55 % des 18-34 ans n’avaient rien mis de côté en 2015.

L’argent comme outil

En discutant avec elle, on comprend qu’Esther considère l’argent comme une manière d’arriver à ses fins et de se faire plaisir.

« Récemment, avec des amies, on discutait d’argent parce que l’une d’entre nous avait touché un héritage, relate-t-elle. Si ça leur arrivait à elles, certaines ont dit qu’elles auraient investi l’argent, qu’elles l’auraient placé ou qu’elles auraient acheté un immeuble. »

« Pour moi, le premier réflexe, si je touchais, disons, 10 000 $, ça serait de m’acheter un sac Chanel! » complète la jeune femme.

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Cela ne signifie pas qu’elle dépense sans compter… ni qu’elle réfléchit à toutes ses dépenses non plus.

« Quand je reçois un gros montant, ça peut me prendre jusqu’à une semaine avant de décider ce que je vais faire avec, confie Esther. Mais une fois que j’ai décidé de taper ma carte une première fois, je ne m’arrête pas. Je continue, je continue… »

Heureusement, l’étudiante n’est pas surendettée. Sa carte de crédit a chaud, mais la situation n’est pas hors de contrôle, assure celle qui se sait dépensière, mais qui n’en fait pas tout un plat.

« Disons juste que quand je viens de recevoir ma paie, je regarde peu les prix à l’épicerie », dit-elle.

La précieuse aide des parents

Si Esther peut se permettre ce rythme de vie un peu insouciant sans être princier, c’est parce qu’elle bénéficie du soutien financier de ses parents.

Ayant l’éducation de leurs enfants à cœur, ces derniers leur ont assuré qu’ils défraieraient le nécessaire jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

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Lorsqu’elle est mal prise, Esther sait qu’elle peut compter sur ses parents. « Si j’ai besoin de 20 ou de 50 $, je sais que mes parents vont m’aider, dit-elle. Je réussis toujours à m’arranger parce qu’ils sont là pour moi. »

Une aide dont elle n’abuse pas et pour laquelle elle est grandement reconnaissante, souligne-t-elle à gros traits.

Et l’avenir dans tout ça?

Quand on lui demande si elle pense à sa retraite, Esther répond « pas vraiment, non ». Comme la majorité des jeunes de 22 ans, sans doute.

« En ce moment, je ne gagne pas assez d’argent pour ça, dit-elle. Je considère mon salaire actuel comme de l’argent de poche. »

Elle entend changer de stratégie lorsqu’elle aura terminé ses études et déniché un « vrai » emploi dans son domaine.

Idem pour l’achat de maison. La jeune femme rêve de devenir propriétaire, mais selon ses conditions à elle. « J’espère vraiment que les prix des maisons vont redescendre ou que le marché va se stabiliser. Mais si c’est aussi cher à Montréal, je me vois bien vivre ailleurs et être quand même heureuse », indique celle qui a grandi à Chibougamau.

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Être heureuse : voilà ce qui ressort des habitudes de consommation d’Esther. Et de ce qu’elle raconte, cette cigale-là n’a pas encore eu froid l’hiver.

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