Je me décline devant vous.

Je ne suis pas familier avec l’omerta virtuelle.  Mais je comprends que dans le cercle des blogueurs, la présentation de soi est un passage obligé.  C’est, semble-t-il, un rituel auquel  je devrai invraisemblablement me soumettre.  Anecdotes, blagues, humiliations sur ma personne, le tout servant le seul objectif de vous donner, vous lecteur, une douce impression de me connaître.  Nous pourrons ainsi bâtir une relation buco-digitale digne des plus belles chansons de Paolo Noël.

Se présenter est un art. Une délicatesse que nos aînés observaient avec diligence et respect.  À l’époque, se présenter c’était regarder l’autre drette dans les yeux et lui dire (en 1962 plus précisément) : «je m’appelle Simon Painchaud, je suis laitier et j’entretiens des relations bi-hebdomadaires avec votre femme».  Mais ce temps où une poignée de main franche valait son pesant de coke est révolu.  Aujourd’hui on ne se présente plus, on s’expose.  Va voir mon facebook, check mon update sur twitter, lis mon blogue sur Urbania.ca.  Va voir qui je suis, comment j’existe. Puisqu’on est dans l’ère du temps et que c’est tellement une belle valeur le partage, voici donc l’exposition de ma personne.  (C’est Michel Vastel qui m’a conseillé de faire ainsi, entre deux gorgées de thé avec Nathalie.)  Pour combler vos sens, voici donc ma vie numérisée, s’échelonnant entre ma naissance où je me suis présenté par le siège, jusqu’à aujourd’hui. Très tôt j’ai été diagnostiqué boulimique. Heureusement, j’ai été vacciné contre la tuberculose et le tétanos. À 5 ans, je ne marchais toujours pas.  J’ai été élu président de ma classe en 3e année. J’ai lâché l’école après ma 6e année, trop de pression au Pokémon.            J’ai posé avec ma sœur et mon père pour le centerfold de l’Actualité en 1991.                      J’ai goalé pendant des années avec une vision de -1,75 à chaque oeil.                      Je jouais du drum dans le sous-sol de mes parents.                       J’avais un chien qui était dans les Blood.                          Jouer de l’argent aux dés avec mes amis est une véritable passion.                        Voici ce que je porte sur moi tous les jours de semaine.               Bonus première édition : Tous ceux qui m’écrivent des commentaires je les add comme friendz.

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