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J’ai ghosté mon compte en banque pendant des années
L’argent, ça me stresse.
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai ghosté mon compte en banque parce qu’en voir le solde diminuer, même légèrement, me causait de l’anxiété.
Quand finances rime avec évitement
Même si c’est difficile à admettre, j’ai souvent évité de payer ma carte de crédit, pas par manque de fonds, mais parce que j’avais trop peur de consulter mon relevé.
Parler de finances, suivre mes dépenses et faire un budget, ça m’a longtemps causé de l’urticaire. Et investir en bourse ? Alors là, jamais de ma vie. Je laissais ça aux bros de la finance.
Même si j’étais consciente que ma relation avec l’argent était compliquée, j’ignorais d’où provenait ce malaise. Même si mes parents sont loin d’être riches, je n’ai jamais manqué de rien. Bien au contraire, en tant qu’enfant unique, j’ai été très gâtée tout au long de ma vie. Cela dit, il est vrai que chez moi, on parlait très peu d’argent, et ce n’est certainement pas notre système d’éducation qui m’a appris quoi que ce soit sur le sujet.
Après une recherche Google, j’ai découvert que ce comportement avait un nom : l’évitement monétaire. En gros, ça consiste à éviter de regarder ses finances parce que ça nous angoisse trop.
Résultat : j’ai laissé passer des paiements automatiques pour des abonnements que je n’utilisais plus, j’ai oublié de retourner des vêtements qui ne me faisaient pas, et j’ai même déjà repoussé l’acceptation d’un virement simplement parce que ça m’aurait forcée à voir mon solde.
J’en ai payé, des frais inutiles, dans ma vie, mais puisque j’arrivais à maintenir un solde acceptable et que j’étais en mesure d’épargner pour des voyages, je considérais que l’impact sur mes finances était négligeable. C’est avec du recul que je réalise tout l’argent que j’ai jeté par la fenêtre.
L’art de se mentir à soi-même
Ça peut paraître assez contradictoire comme comportement, je vous l’accorde. Si je suis stressée avec mes finances et que j’ai peur de manquer d’argent, je devrais être à mon affaire, non ? C’est là qu’entre en jeu la dissonance cognitive. Il s’agit de cette tendance qu’on a à tenter de justifier un comportement, même s’il est en contradiction avec nos valeurs.
J’étais passée pro dans l’art de me mentir à moi-même. Comme je n’avais jamais eu de dettes et que j’arrivais à épargner, je me disais que c’était correct. Qu’il y avait des gens pires que moi.
Puis, l’été dernier, j’ai pris la décision de quitter mon emploi sans avoir de plan B. Après plusieurs mois de recherches intensives et beaucoup de découragement, j’ai vu mon fonds d’urgence s’amincir drastiquement. Sans grande surprise, mon anxiété financière a atteint son paroxysme et j’ai évité mon compte en banque comme la peste.
Le jour où j’ai arrêté de fuir mon compte en banque
En débutant un nouvel emploi, je me suis fait la promesse d’améliorer ma relation avec l’argent.
J’étais pleine de bonnes intentions, mais puisque c’était la première fois que je m’intéressais vraiment à mes finances, j’ignorais par où commencer. Je me suis dit que la chose logique pour commencer serait de prendre 15 minutes chaque semaine pour consulter mon solde et suivre mes dépenses, question d’établir un portrait juste de ma situation financière.
Étonnamment, c’était plus facile que je ne l’aurais pensé. Ma situation financière était loin d’être catastrophique, elle nécessitait simplement quelques ajustements.
Cette première étape franchie, j’ai adopté de nouveaux comportements. J’ai lu une quinzaine de livres sur les finances personnelles, je me suis fait un budget, je fais maintenant mon épicerie en consultant les circulaires et j’ai même commencé à investir en bourse avec une stratégie qui me convient. J’ai aussi mis en place des virements automatiques vers mon CELI et mon CELIAPP.
Je suis loin d’être parfaite, mais pour moi, c’était un pas de géant. Je fais encore des erreurs (respecter son budget n’est pas toujours facile), mais je m’améliore chaque jour. Depuis, même les semaines où j’étais plus angoissée face à mes finances, j’ai consulté mon solde, et ça, c’est une véritable victoire pour moi.
J’ai longtemps vu l’argent comme quelque chose de négatif. Désormais, j’ai compris que c’est grâce à lui que je pourrai atteindre une plus grande indépendance, à condition de bien le gérer. J’ai aussi appris à dire non à plusieurs dépenses afin de dire oui à d’autres, plus utiles.
Le processus a-t-il toujours été facile ? Non. Modifier ses mauvaises habitudes exige un effort constant. Cela dit, cette démarche a été pour moi extrêmement libératrice, en plus d’être une de mes meilleures décisions à vie. Depuis, j’ai l’impression d’avoir un poids en moins sur les épaules et je suis très fière du chemin parcouru. Mes comportements étant désormais alignés avec mes valeurs, je n’ai plus besoin de me mentir.
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