Hubert Mansion, auteur d’origine européenne

Texte issu du #17 spécial Montréal | Automne 2007

Il y a sept ans, Hubert Mansion a quitté le pays du Manneken-Pis et de Jacques Brel pour la ville de l’Orange Julep et du Grand Antonio.

De sa cabane au Canada, il a anatomisé la race 514 pour écrire le Guide de survie des Européens à Montréal, sa façon toute personnelle d’aider les cousins en exode dans la métropole à ne pas retourner au plus christ dans leur pays.

Pour un Européen, qu’est-ce qui frappe en arrivant à Montréal ?

C’est le « calme ». C’est une ville sans stress et les Montréalais sont cools : c’est leur côté américain. Le responsable marketing qui arrive au bureau en skateboard, c’est quand même moins fréquent en Europe. L’autre aspect de Montréal est son côté bi. D’abord il y a le bilinguisme. C’est fascinant, ça nous rappelle l’Amérique des films. C’est aussi une ville de terre et d’eau. Le Saint-Laurent est un fl euve immense. Montréal est aussi bi dans le sens qu’il y a l’urbanité de la ville, mais à 50 km de route, il y a des ours. Ajoutons le côté bisexuel, avec le Village, et le côté hétérosexuel. Et fi nalement, le mélange de modernité à la new-yorkaise, en contraste par rapport à des choses beaucoup plus anciennes, sans pour autant être antiques.

Comme ?
Il y a dans cette ville des vitrines de magasins
qui, dirait-on, n’ont pas changé depuis les années 50. On y trouve des chemises careautées, des pulls démodés, des tas de choses qu’apparemment personne n’achète, car je les vois depuis cinq ans. Il y a encore de vieux barbiers et des restaurants défraîchis où les serveuses ont passé l’âge d’être serveuse.
Pour moi, c’est ça Montréal et c’est ce que j’aime ! Pour le comprendre, il suffi t de traverser la rue Sherbrooke d’est en ouest : on change de pays, de temps et de milieu social. C’est sans doute le meilleur parcours pour connaître la ville.

Comment reconnaît-on les Montréalais?
Ils ont souvent un collier autour du cou et du gel dans les cheveux. Les Montréalais ne sont pas assoiffés de mode : même s’ils le sont par rapport au reste du Québec, ils ne le sont pas par rapport à l’Europe.

Quelles difficultés les Européems rencontrent-ils à Montréal?
Les nouveaux arrivés ne comprennent pas le type de relation qui s’installe entre eux et les Montréalais. Ils les trouvent parfois froids, distants, même hypocrites. Ils ont l’impression que pour les gens d’ici une relation doit être utile pour exister. C’est comme une sorte de business relationnel. L’Européen a peur d’être rejeté par le milieu dans lequel il vit, tandis que le Montréalais a peut-être peur d’être jugé, car il souffre d’un complexe d’infériorité.

En quoi ?
Beaucoup de Montréalais se sentent mal à l’aise par rapport à la facilité d’élocution des Français et préfèrent ne pas parler plutôt que de passer pour des ignares. Pourtant, encore une fois, il ne s’agit que de codes culturels qu’il faut comprendre pour dépasser.

Texte issu du #17 spécial Montréal | Automne 2007

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