Elizabeth Laferriere

Histoires de groupies et d’excès

Petit crescendo de « groupieness ».

Par définition, les fans et les groupies vivent une passion intense. Y en quand même qui trouvent le moyen de se démarquer en poussant leur lubie pas mal trop loin.

Voici un petit crescendo de «groupieness» pour vous le prouver:

PAS PIRE INTENSE

Carl McCoid, un quadragénaire anglais qui arbore 29 tatous de Miley Cyrus (mais ça a l’air qu’il a commencé à les faire enlever depuis que la chanteuse a dit qu’elle trouvait ça creepy).

ALLÔ L’EXCÈS

Bryan Ray, un Californien qui a payé 100 000 $ en chirurgies plastiques afin de ressembler à Britney Spears.

AYOYE

Le gourou Charles Manson. C’est un aspect moins connu de son histoire, mais c’était un fan invétéré des Beatles, convaincu que les Fab Four étaient des anges. Avec les tueries qu’il a orchestrées en 1969, il souhaitait déclencher une guerre raciale — une prophétie annoncée, selon lui, dans la chanson Helter Skelter (qu’on trouve sur l’album blanc).

BEN VOYONS DONC !

Croyez-le ou non, Manson a lui-même eu des fans après son inculpation (il recevait jusqu’à 300 lettres d’admirateurs par mois en prison). L’une d’elles, Afton Burton, croyait avoir vu le jour pour être à ses côtés et a même tenté de l’épouser en 2015.

Comme quoi s’évanouir en regardant des photos de Shawn Mendes sur Instagram, y a rien là.

DOUX MÉTAL

Vous rêvez de tout lâcher pour suivre Metallica en tournée ? Eh bien, contre toute attente, ça pourrait être bon pour votre santé, avance une chercheuse américaine en psychologie de l’Université d’État de Humboldt, en Californie. Elle-même groupie de métal dans son adolescence, elle se demandait comment ses semblables avaient vieilli. En investiguant, elle a trouvé que les « métalleux » ayant grandi dans les années 80 affichent plus de « bonheur insouciant » que les non-fans, malgré leur passé très « sexe, drogue et rock ’n’ roll ». Ce serait leur sens poussé de la communauté qui leur donnerait ce petit avantage dans la course au bonheur.

Pas pire pour un style musical qu’on accusait de corrompre la jeunesse et de pourrir le tissu social, il n’y a pas si longtemps. Rock on, la gang ! Vous allez peut-être vous casser un bras dans un mosh pit, mais vous allez vous sentir plus vivant après.

IDOLE CLASSIQUE

Qui dit groupies dit généralement rockeurs. Mais le premier musicien à avoir déchaîné les passions, c’est Franz Liszt, un compositeur et pianiste hongrois du 19e siècle. Un ti-peu show-off, il a eu l’idée de placer son instrument de manière à ce que les spectateurs voient son visage — une première. Sur scène, il jouait en remuant vigoureusement la tête, secouant au passage sa luxuriante tignasse.

Résultat : l’Europe a rapidement succombé à ce que les observateurs de l’époque ont baptisé la « Lisztomania ». Ses fans, surtout des femmes, tentaient d’arracher des morceaux de ses vêtements ou des couettes de ses cheveux en souvenir. Certaines gardaient même ses botchsde cigares dans leur décolleté ou vidaient ses restes de thé dans leur bouteille de parfum. Sans doute épuisé par tant d’adulation, le bon Liszt a pris sa retraite de la scène à 35 ans, laissant le champ libre aux Elvis et Beyoncé de ce monde.

FAN PAS SI FINI

À URBANIA, on a un grand fan de Radiohead. Notre collègue Ben a vu le quintette anglais à chacun de ses passages à Montréal, sauf deux (dont le tout premier, qui a eu lieu au défunt bar Woodstock le 2 novembre 1993 — le même soir où un band un petit peu connu à l’époque se produisait à l’amphithéâtre de Verdun : Nirvana). La dernière fois qu’il a compté, il avait 67 disques de Radiohead. Petit rappel : le groupe a neuf albums studio à son actif. Il porte même des bas Radiohead.

Bref, en allant les voir au Centre Bell en juillet dernier — avec des billets achetés par l’entremise du fan-club, lesquels donnent un accès prioritaire au parterre, naturellement —, il ne se sentait pas imposteur pour une cenne. Jusqu’à ce qu’il tombe sur le gars qui avait assisté non pas à un, ni à deux, mais bien aux quatre spectacles du groupe au Madison Square Garden de New York la semaine d’avant, et qui filme et diffuse tous les shows en ultra-haute définition. C’est sans oublier le couple qui assistait aux 16 des 18 représentations de cette tournée nord-américaine dans neuf villes. Mettons qu’il a eu l’impression d’avoir encore quelques croûtes à manger.

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