Gérald Collard, monsieur Néon

Depuis plus de 25 ans, il plie des tubes de verre pour illuminer les soirées montréalaises de toutes sortes de couleurs. Et il continue de le faire malgré l’invasion des DEL.

Comment on fait ça, des néons?
Le néon, ça se sépare en deux parties : une partie artistique, le travail du verre, ça c’est 90% de la job, et une partie scientifique, pour que ça s’allume. Mais ça, c’est technique et c’est seulement 10% du travail.

Comment ça s’allume?
Au lieu d’être un filament de métal qui réagit à un courant électrique, comme dans les ampoules, ce sont les molécules de gaz qui dégagent de la lumière quand elles sont ionisées par le courant. Le gaz néon crée une lumière rouge; l’argon, bleue; et pour les autres couleurs, on utilise de la poudre. Si tu veux que ça s’allume et que ça s’éteigne, comme le fameux Farine Five Roses, tu mets un courant intermittent.

Comment ça a commencé, le néon?
C’est une technique ancienne, qui date de 1910. On cherchait à créer de la lumière sans dégager trop de chaleur. Mais c’est vraiment dans les années 50 que le néon a connu son âge d’or. C’était tape à l’œil et ça représentait bien l’American Dream : tout le monde voulait son nom en néon dans le temps que ça allait bien pour les Américains.

Est-ce que c’est une technique en voie de disparition?
Un peu, oui. Avant, une lumière en forme de lettre, ça n’existait pas. T’avais pas le choix d’acheter un néon. Aujourd’hui, avec les ampoules DEL, tu peux faire n’importe quelle forme. C’est tout fabriqué en Chine et ça coûte pas mal moins cher. Quand j’ai commencé, à Montréal, il y avait une vingtaine de shops de néons. Aujourd’hui, on en compte seulement trois.

Alors vous êtes un irréductible?
Oui. Je réussis à gagner ma vie avec ça parce que je suis un passionné et que je continue d’enseigner le verre en parallèle. Aussi, si l’application commerciale a beaucoup diminué, on sent un regain d’intérêt pour le néon, parce qu’il a un aspect rétro qui redevient à la mode. Un de mes plus gros clients est American Apparel. On fait des pitounes en néons pour leurs magasins. Ça fait vintage. Pour le reste, le néon est devenu plutôt une forme artistique.

Collaborez-vous régulièrement avec des artistes?

Oui, j’ai collaboré avec André Fournel et Armand Vaillancourt, entre autres. Ils ont des idées qui impliquent des néons, mais ne contrôlent pas nécessairement le médium. J’ai aussi conçu le néon de l’album Neon Bible, d’Arcade Fire. Ma fille est pas mal fière de ça!

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Comment trouver sa job idéale grâce au réseautage

Vous êtes peut-être à un 5 à 7 de changer votre carrière (ou votre vie).

Dans le même esprit